vendredi 10 février 2012 Dernière mise à jour 22h34
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Caisse de dépôt - Un départ annoncé

L'annonce, hier, de la démission du président de la Caisse de dépôt et placement du Québec, M. Richard Guay, n'a surpris personne. Promu quelques semaines seulement avant la débâcle des marchés à l'un des postes les plus exigeants de la haute fonction publique québécoise, ce spécialiste n'aura pas été en mesure de résister au stress. Une autre victime, et une autre leçon à tirer de la crise en cours.

On ne connaîtra sans doute jamais avec exactitude la nature du malaise qui a forcé le président de la Caisse de dépôt et placement, M. Richard Guay, à se retirer temporairement de la direction de l'organisation, le 12 novembre dernier. Le respect commande la prudence, mais étant donné la conjoncture exceptionnelle dans laquelle M. Guay a laissé ses fonctions et le fait qu'il ait remis sa démission huit semaines plus tard, cela tend à confirmer la rumeur que le grand patron de la Caisse n'a pas été capable de résister au stress élevé causé par la crise financière.

Rappelons que M. Guay n'était aux commandes de l'organisation que depuis sept mois, y compris la période d'intérim qui a suivi le départ d'Henri-Paul Rousseau. D'abord vice-président à la fonction stratégique de gestion du risque, puis chef de la direction du placement, Richard Guay était celui qui avait la responsabilité de la majorité des portefeuilles spécialisés de la Caisse. Détenteur de deux maîtrises et d'un doctorat en finances, il était reconnu pour sa compétence dans la gestion du risque et dans l'utilisation stratégique de ces nombreux nouveaux véhicules d'investissement sophistiqués qui ont lamentablement failli à la tâche.

Au moment où il a pris la présidence de la Caisse, en septembre, M. Guay avait déclaré qu'il comptait sur les placements à l'étranger et sur une bonne utilisation des produits dérivés pour atteindre les cibles de rendement attendues par les déposants. L'affaire des papiers commerciaux adossés à des actifs (PCAA) dans lesquels la Caisse avait placé plus de 13 milliards étant en voie de connaître un dénouement, le président n'entrevoyait pas devoir enregistrer d'autres pertes que celles déjà inscrites aux livres à ce chapitre.

Or, seulement quelques semaines plus tard, tous les marchés mondiaux sombraient dans la déprime absolue, le règlement des PCAA battait de l'aile et les produits dérivés, conçus comme source de profits autant que comme outil défensif, subissaient une dégelée historique. Ajoutons à cela les sorties de l'opposition brandissant le spectre d'une perte de 30 milliards, et voilà tracé à grands traits le paysage dans lequel le nouveau président a été appelé à manoeuvrer.

***

Peu de gens sont capables de faire face à un scénario aussi désastreux, c'est vrai, et cela explique certainement le congé pour «surmenage» auquel M. Guay fut astreint. Malheureusement, c'est aussi pour faire face à des situations extrêmes que l'on embauche de hauts dirigeants et qu'on les paie bien, même en admettant que ceux-ci le soient moins que ceux des banques dont la rémunération est fixée à partir du principe du retour d'ascenseur entre copains du milieu des affaires.

La Caisse a généré d'assez bons rendements au cours des années Rousseau, mais il ne fait aucun doute que la décision d'investir dans les PCAA fut une erreur qui coûtera des milliards. Quant aux autres portefeuilles dont on ne connaîtra les résultats qu'en février, on peut dores et déjà s'attendre à des pertes sur papier entre 20 % et 30 %, certaines étant même bien réelles à cause de la vente d'actifs au pire moment de la crise.

Tout cela fera très mal aux déposants de la Caisse que sont les régimes de retraite des employés de l'État, la SAAQ, la CSST et même la RRQ. Simple calcul mathématique: n'oublions pas qu'il faut 50 % de nouveaux gains pour compenser une perte de 33 %, et que, pendant toutes les années de récupération, le manque à gagner en rendement annuel s'ajoute aux pertes passées. Dures, dures les années qui attendent les déposants de la Caisse... et son futur président.

C'est pourquoi le conseil de la Caisse où siègent des représentants du gouvernement, des centrales syndicales, des déposants et du public, doit accélérer le processus de sélection du remplaçant de Richard Guay. Mais il doit aussi revoir la stratégie de placement de l'organisation à la lumière de la crise en cours. S'il est exact que la Caisse a perdu plus que les autres, ce qu'il reste à démontrer, il faudra revenir à une approche beaucoup plus prudente qui assure à ses déposants un rendement sans doute moins élevé, mais plus sûr.

***

j-rsansfacon@ledevoir.ca
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    mardi 6 janvier 2009 07h59
    Le trou à la Caisse aurait causé 1 élection et 2 démissions ?
    Est-ce que cette lourde perte anticipée de notre Caisse de dépôt a été la raison de l'élection déclenchée de façon précipitée par M. Charest, chef du parti Libéral très provincial ? Nous allons le savoir bientôt quand nous aurons enfin les résultats de la Caisse pour l'année.

  • jacques noel
    Inscrit
    mardi 6 janvier 2009 08h19
    Le scandale du siècle
    Le Dow Jones est passé de 13,000 à 9,000 en 2008, une chute de 30%. Mais comme la piasse a perdu 20%, la perte réelle n'est donc que de 10%. Le Fonds de solidarité n'a perdu que 15%.

    Ben hate de voir les résultats de la Caisse. Je prévois une perte de 30% (je me fie aux provisions de la SAAQ, 3G sur 8G). Rien ne justifie pareille débâcle si ce n'est que la très mauvaise direction de la Caisse. Ce sera le scandale du siècle

  • jean claude pomerleau
    Inscrit
    mardi 6 janvier 2009 08h26
    Manipulation politique et démission mediatique.
    Il y aura deux sortes de pertes a regarder dans le bilan de la Caisse: Celles imputables a la fluctuation du marche (fortement a la baisse) et celles imputables a l'orientation en matière de placement donner par le gouvernement Charesta Le rendement a tout prix qui a inciter M Guay (gestionnaire de risques ) a jouer au casino avec les fonds de la Caisse.

    Malgré l'importance des pertes (sèches) qui seront dues a la maipulation politique de la Caisse, ne compter pas sur la mediacratie québécois pour vous informer de ce qui a bien pu se passer reelement. Ici au Québec, la démission mediatique est complète.

    Peut être apprendra t on quelques brises d'informations venant de médias de Toronto, qui y verront une occasion de dénigrer la Caisse:

    http://business.theglobeandmail.com/servlet/story/

    En attendant j'ai donner mon point vue sur les raisons de la nomianation de M Guay a la Présidence de la Caisse:

    http://www.vigile.net/Paul-Desmarais-prend-le-cont

    La réalité c'est que Charest a ouvert les portes a une cliques d'affairistes qui squattent notre État dans l'indifference generale.

  • Roland Berger
    Abonné
    mardi 6 janvier 2009 09h20
    Un monsieur Rousseau rassurant
    Les propos de monsieur Rousseau, président du conseil d'administration de la Caisse se voulaient rassurants : la Caisse va bien et il est plus important d'achever les bilans que de nommer un nouveau directeur général. Étrange façon de nous dire que la Caisse n'aura pas vraiment besoin d'un directeur général tant et aussi longtemps qu'il aura la main au gouvernail.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • Maco
    Abonné
    mardi 6 janvier 2009 21h31
    Le ridicule...
    Ne tue pas, mais rend peut-être malade.

  • ghislaine fortin
    Inscrite
    mercredi 7 janvier 2009 18h50
    Trop de mains sur le volant!
    C'est par cette petite phrase que M. Charest a justifié la dernière élection.....alors, pas de main du tout sur le volant de la Caisse de dépôt, il justifie cela comment?

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
6 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Articles
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012