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Place aux téléphones intelligents

La popularité grandissante des logiciels d'application fera de 2009 l'année des «téléphones intelligents», qui se distingueront des autres appareils cellulaires grâce à ces logiciels.

Le fabricant du BlackBerry, Research in Motion (RIM), ouvrira son propre magasin d’applications en ligne au mois de mars.
Photo : Agence France-Presse
Le fabricant du BlackBerry, Research in Motion (RIM), ouvrira son propre magasin d’applications en ligne au mois de mars.
Les applications permettent des milliers de fonctions de toutes sortes, et offrent des possibilités aussi variées que d'émettre les cartes d'embarquement de compagnies aériennes, transiger à la Bourse, jouer à des jeux vidéo, identifier la chanson qu'on entend, ou encore fournir une traduction simultanée.

Le populaire téléphone intelligent iPhone est déjà un chef de file dans le domaine, avec le App Store d'Apple, qui offre maintenant plus de 10 000 applications, gratuites ou payantes.

Le principal concurrent d'Apple, le fabricant du BlackBerry, Research in Motion (RIM), ouvrira son propre magasin d'applications en ligne au mois de mars, souhaitant ainsi rattraper la cadence.

Les téléphones intelligents, contrairement aux autres appareils de téléphonie cellulaire, ont des systèmes d'exploitation avancés capables de faire fonctionner des applications. Et ce sont justement les applications qui feront augmenter le nombre d'utilisateurs de téléphones intelligents, selon les experts; les nouveaux adeptes devraient regrouper tant des consommateurs que des entreprises.

Alors que les logiciels d'application étaient auparavant réservés aux plus futés de l'informatique, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Les consommateurs y prennent goût, et c'est la compagnie Apple qui a su piquer leur intérêt, selon Sascha Segan, du PC Magazine.

«Ce que l'App Store a fait, c'est de rendre la découverte d'applications et leur installation assez faciles pour tout le monde», a expliqué l'analyste d'appareils cellulaires pour le magazine consacré à la technologie.

«Le fait que Microsoft et Research in Motion n'aient pas joint la cadence me déconcerte. C'est évident que c'est ce que doivent faire ces compagnies — et ce qu'elles auraient déjà dû faire depuis longtemps», a estimé M. Segan, ajoutant que les applications représentent le coeur des téléphones intelligents. «C'est ce qui fait des téléphones intelligents de petits ordinateurs.»

Le système d'exploitation des téléphones intelligents permet aux utilisateurs de télécharger et d'installer des logiciels d'application comme s'ils se servaient d'un ordinateur, et c'est ce qui différencie les appareils des simples téléphones qui ne permettent que de parler ou d'envoyer un message texte.

Le potentiel des applications n'est toutefois pas passé inaperçu pour le coprésident de RIM, Jim Balsillie, qui a indiqué lors d'une conférence réunissant des investisseurs que ces logiciels étaient en train de transformer l'industrie du sans-fil.

Au début de décembre, Research in Motion a annoncé une entente à l'amiable pour l'acquisition du promoteur d'applications d'entreprises de Vancouver Chalk Media, un contrat qui se chiffre à 23,1 millions de dollars au comptant. Les logiciels d'applications de Chalk Media sont déjà offerts avec bon nombre de BlackBerry, dont les modèles Bold, Pearl et Curve.

Et avec la popularité grandissante des applications offertes avec les téléphones intelligents, plusieurs exploitants vont sûrement vouloir s'ajouter au groupe.

Ainsi, des rumeurs circulent déjà à l'effet que le géant de l'informatique Microsoft lance lui aussi son magasin d'applications, appelé le Skymarket, pour sa plateforme Windows Mobile.

Le moteur de recherche Internet Google s'est également introduit dans le domaine de la téléphonie cellulaire, et la compagnie utilise son logiciel pour développer un téléphone intelligent à écran tactile qui devrait pouvoir attirer des promoteurs du monde entier qui voudront que leurs applications soient offertes sur l'appareil.

Le marché des téléphones intelligents a bel et bien entamé son envol.

Au cours du troisième trimestre terminé le 30 septembre — avant que l'économie mondiale ne soit accablée par la crise financière —, 829 000 téléphones intelligents ont été expédiés au Canada, selon Marc Perrella, analyste chez IDC Canada. C'est donc dire que le marché de ces appareils a augmenté de 130 pour cent par rapport au même trimestre en 2007, a-t-il précisé.

À l'échelle mondiale, 36,5 millions de téléphones intelligents ont été vendus au troisième trimestre, une hausse de 11,5 % par rapport à la même période un an plus tôt, a pour sa part indiqué la firme américaine de recherche en technologie Gartner. Les modèles des compagnies Nokia, Research in Motion et Apple ont été les trois plus grands vendeurs au cours de ce trimestre.

La récession économique pourrait cependant venir ralentir les ventes de téléphones intelligents, puisque les consommateurs vont commencer à s'inquiéter de leur sécurité d'emploi et s'attaquer à rembourser leurs dettes, face à l'incertitude de la durée de la récession.
 
 
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