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Le cartel du gaz - Fiévreux Poutine

Serge Truffaut   29 décembre 2008  Actualités économiques
En une semaine et une seule, le premier ministre Vladimir Poutine a ravalé la fonction du président Dmitri Medvedev au rôle de figurant, muet faut-il préciser. Entre l'amendement constitutionnel qui ouvre la voie à sa réinstallation au Kremlin et l'OPEP du gaz, Poutine s'est appliqué avec méticulosité à étendre son pouvoir sans se soucier du qu'en-dira-t-on.

Poutine n'avait pas encore déménagé ses cartons du Kremlin que la rumeur voulant que son successeur occuperait le siège de président pour quelques mois seulement courait déjà. Depuis lors, elle s'est confirmée avec plus de force au cours des derniers jours. Bref, la table est mise pour un retour de l'ex-maître espion du KGB au terme, prévoit-on ici et là, du premier semestre 2009.

L'articulation et le déploiement des faits afférents à ce chambardement des fonctions ont d'abord été observés sur le front intérieur. Il y a une dizaine de jours de cela, la modification constitutionnelle souhaitée par Poutine est passée comme une lettre à la poste au Parlement russe. Plus des deux tiers des députés, qui tous doivent leur fonds de commerce à Poutine, qui tous obéissent à ses diktats, ont accepté une prolongation du mandat présidentiel de six ans.

Le deuxième fait? Il est survenu sur le front extérieur. Mais encore? Au beau milieu de la semaine dernière, une quinzaine de pays qui sont autant de contradictions de la démocratie, ont convenu d'adhérer à la proposition de Poutine de former une OPEP du gaz. Réunies à Saint-Pétersbourg, ces nations ont décidé de baptiser cette organisation comme suit: le Forum des pays exportateurs de gaz.

Son premier objectif, décliné d'ailleurs avec une fermeté qui inquiète les Européens au premier chef, est fort simple: accomplir la mise en berne, si l'on peut dire, de l'époque au cours de laquelle le gaz s'échangeait à vil prix. Selon évidemment l'opinion que Poutine se fait de l'évolution des prix de cette matière première.

Toujours est-il que le maître absolu de la Russie a orchestré la création de ce cartel afin d'augmenter non seulement la facture des clients, mais également pour en user comme d'un outil politique majeur à l'endroit des nations européennes et de l'Allemagne en particulier. Peut-être faut-il souligner que 42 % du gaz provenant de la Russie est consommé par les membres de l'Union européenne. Dans certains pays, on pense encore à l'Allemagne mais également à la Pologne, en fait à tous les anciens satellites de l'Union soviétique, cette proportion est plus élevée.

Pis, d'après le plan développé par Poutine, il est prévu que ce cartel du gaz présentera une énorme différence avec l'OPEP. De quoi s'agit-il? Entre l'extraction du gaz et sa distribution, Poutine n'entend pas qu'il y ait d'intermédiaire. Autrement dit, par Gazprom interposé, le Kremlin veut imposer sa loi d'un bout à l'autre de la chaîne. Après quoi il pourra agir à sa guise. Et comme l'homme est un condensé de nationalisme, il y a fort à parier qu'il n'hésitera pas une seconde à agacer ses voisins européens lorsque ces derniers rechigneront à plier sur tel ou tel dossier.

Cette précipitation, car précipitation il y a eue, révèle l'impatience qui habite un Poutine voulant reprendre la main au plus vite. Il bouscule, il brutalise, il écarte parce qu'il se trouve que les échos parvenant de l'économie russe sont beaucoup plus sombres que ceux entendus en Europe ou de ce côté-ci de l'Atlantique. Or, selon le partage des tâches entre président et premier ministre de la Fédération de Russie, la gestion de l'économie relève de ce dernier.

Au cours de l'avant-dernière semaine, et seulement de celle-ci, on insiste, la Banque centrale de Russie a commandé trois dévaluations du rouble qui faisaient suite à une série de cinq — cinq! — dévaluations depuis la mi-novembre. Au train où il en va en matière monétaire, il est possible que le rouble perde 70 % de sa valeur d'ici la fin du premier trimestre. On se souviendra qu'en 1998, la chute du rouble s'était naturellement traduite par une crise financière qui avait effrayé jusqu'à la City de Londres et Wall Street.

Outre la monnaie, on constate une progression marquée du chômage, une réduction notable de la production industrielle, une... En un mot, tous les signaux économiques sont dans le rouge. Et alors? Il ne faudrait pas s'étonner que Medvedev soit parachuté premier ministre. Il est si réservé, si pâle, qu'il ferait un bouc émissaire parfait.
 
 
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  • Serge Charbonneau - Abonné
    29 décembre 2008 07 h 28
    Merci de si bien nous informer (sic), M. Truffaut !
    On frotte la diabolisation du personnage Poutine.

    Ah! Le méchant va!

    Vive l'Amérique!

    Nous avons tous compris, M. Truffaut, Poutine est un salop de la pire espèce.
    Le message est clair.
    Vous devriez allez écrire en Russie M. Truffaut. Ici, nous avons tous compris: Poutine est un méchant malade qui veut contrôler et exploiter le monde et nous faire renoncer à dieu.

    C'est en Russie qu'il faut écrire, M. Truffaut, eux ils supportent encore ce rustre.
    Ces imbéciles de Russes, incapables de comprendre et de soutenir la démocratie, les droits humains et la liberté d'expression et de pensée.

    C'est à ces caves qu'il faut vous adresser, nous, nous avons tous compris.
    Ah! Bien sûr, c'est bon de nous le rappeler! Parfois, si on ne le se fait pas dire périodiquement, nous pourrions oublier que Poutine est un danger planétaire. Et avec le départ de Monsieur Bush, qui donc va nous protéger contre la menace Poutine?
    Va-t-il nous couper le gaz.
    Et ce nègre d'Obama, n'est-il pas un peu communiste ?
    Il serait de mèche avec cet ex-maître espion du KGB que je ne serais pas surpris.

    «une quinzaine de pays qui sont autant de contradictions de la démocratie...»
    La démocratie!
    Oui, la démocratie!
    Ces écoeurants, ils sont en train de nous gruger notre démocratie.
    Il faudrait commencer à penser à aller leur foutre quelques bonnes bombes sur la tête. Peut-être qu'ils finiraient par comprendre c'est quoi la «démocratie».

    Après tout, l'Afghanistan l'a compris. L'Irak aussi. Et les Palestiniens vont finir par comprendre. Israël fait tout son possible pour qu'ils comprennent ce que c'est qu'un État de droit.

    Les écoeurants réunis à Saint-Pétersbourg, ces nations sales ont décidé de baptiser cette organisation comme suit: le Forum des pays exportateurs de gaz.
    Non, mais, faut le faire: «Le Forum des pays exportateurs de gaz!»
    Un chausson aux pommes avec ça?

    Les hos... y vont nous faire payer notre gaz...
    Une chance qu'on a des compagnies comme Exxon, Shell et Total qui nous protègent au niveau du pétrole et qui surveillent les prix pour nous.
    Ces maudits communistes, en plus de vouloir nous faire renoncer à dieu, ils veulent nous plumer comme des autruches. Il faut se sortir la tête du sable. Merci M. Truffaut.
    Grâce à des éditoriaux du genre, on est plus éclairé (sic) et comme on dit, un homme éclairé en vaut deux.

    Le pire avec le gaz, c'est qu'avec le crise «"économique"» actuelle, nous ne sommes même plus capable de payer notre essence à 1.40 $ comme quand tout allait bien.
    Les écoeurants de l'OPEP (mené par le Venezuela et cette bête noire de Chávez) ont coupé leur production de 4 millions de barils par jour et ils maintiennent le prix à 40 $ le baril au lieu des 140 $ d'il y a quelques semaines.
    C'est écoeurant.
    On dirait que c'est un complot pour faire crever ceux qui se développent avec le prix du baril élevé.

    40 $ le baril, mais c'est excellent pour faire crever le Venezuela avec ces maudits programmes communistes sociaux. Ça nourrit et ça soigne des crottés avec un prix du brut aussi élevé. En plus, ça achète des armes. Non, mais, va-t y falloir dépenser 1500 milliards par année au ÉU pour se défendre de Poutine Chávez pis leu gang?
    C'est écoeurant mes amis.
    Mais heureusement, M. Truffaut est là pour nous informer (sic) sur ces rapaces et comme on dit: un cave bien dirigé en vaut deux.

    M. Truffaut poursuit:
    «Toujours est-il que le maître absolu de la Russie a orchestré la création de ce cartel afin...»
    Hein! Qu'il le dit! Hein?

    «le Kremlin veut imposer sa loi d'un bout à l'autre de la chaîne.»
    Parfois, on s'ennuie vraiment de Washington!

    «Cette précipitation, car précipitation il y a eue, révèle l'impatience qui habite un Poutine voulant reprendre la main au plus vite. Il bouscule, il brutalise,...»
    L'écoeurant, on le voit venir!


    Serge Charbonneau
    Québec


    P.S.: Avez-vous reçu votre chèque, M. Truffaut?
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  •  
  • André Lavoie - Inscrit
    29 décembre 2008 11 h 06
    Poutine, Harper.. bof!!!
    ...voulant reprendre la main au plus vite. Il bouscule, il brutalise, il écarte...

    ...s'est appliqué avec méticulosité à étendre son pouvoir sans se soucier du qu'en-dira-t-on.
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  •  
  • Virginie Lasnier - Inscrite
    29 décembre 2008 13 h 42
    Une chance que ce fameux Poutine existe...
    Sinon, sur quoi "basherions" nous, M. Truffaut?

    Il est vraiment intéressant de constater que vous connaissez si bien "le maître absolu de la Russie", davantage même que la plupart des chercheurs travaillant, étudiant et ayant déjà vécu en Russie. Une chance que nous vous avons en tant que "spécialiste" pour nous expliquer ce qu'a en tête l"ex-maître espion du KGB", ce qui doit être inévitablement tordu et diabolique.

    Si votre éditorialiste relève certains faits véridiques, son ton à ce point idéologique et normatif en discrédite tout le contenu... Il est cependant malheureux que certaines personnes qui vous liront seront confortées dans leurs préjugés concernant ce pays et n'iront pas plus loin pousser votre analyse simpliste.

    Ce n'est pas la première fois que vous faites dans l'éditorialiste sensationnaliste, M. Truffaut, il faudrait à présent commencer par soit, écrire sur un sujet que vous connaissez, soit si vous ne pouvez vous en empêcher, essayer de varier vos sources...

    Virginie Lasnier
    Candidate à la maîtrise en science politique
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  •  
  • Philippe Champagne - Inscrit
    29 décembre 2008 20 h 56
    @ Messieurs Charbonneau et Gagnon
    Votre diarrhée écrite à tous deux laisse pantois. Je vous cite Boileau:

    Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement
    Et les mots pour le dire viennent aisément.
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  •  
  • Fernand Trudel - Abonné
    30 décembre 2008 09 h 45
    Tout le monde est dans le champ de patates
    La nouvelle est que le gaz naturel a un nouveau cartel comme l'OPEP pour le pétrole. Voici une nouvell énergie qui étend ses tentaciàulespour remplacer le pétrole.

    Entre les lignes, le gaz naturel de Gasprom acheminé à Rabaska et ailleurs par une flotte de 230 navires citernes (GNL et Gaz Naturel) sera contrôlé par un cartel.

    Pour ceux que ca intéresse et qui chient sur le cartel du pétrole, vous avez une autre bibitte qui va vous bouffer.

    Ca veut dire que l'énergie sous quelque forme que ce soit sera toujours sous le contrôle d'un cartel, même les bio carburants si on vient à en produire suffisamment. Je pense à Gore et ses amis qui produisent de l'éthanol et affame le monde.

    Le monde ne se recrée pas, il se perpétue et il y aura toujours des loozers pour critiquer...
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