Ventes au détail - L'économie américaine s'englue dans une longue et dense récession
Photo : Agence France-Presse
Des passants s’arrêtent devant la vitrine de Noël du magasin Sacks, sur la 5e avenue, à New York. Malgré la chute annoncée des ventes au détail, les commerçants n’ont pas négligé de décorer leur vitrine pour la période des Fêtes.
Washington — Les ventes de détail ont reculé en novembre aux États-Unis pour le cinquième mois consécutif, témoignant de la faiblesse de la consommation, moteur traditionnel de la croissance du pays, qui apparaît englué dans sa récession la plus longue depuis la crise de 1929.
Selon les chiffres publiés hier par le département du Commerce, les ventes de détail ont reculé de 1,8 % par rapport à octobre. Les rabais consentis lors des soldes suivant le jour férié de Thanksgiving fin novembre ne sont pas parvenus «à contrebalancer la forte baisse des ventes d'automobiles et d'essence», relève Amine Tazi, analyste de Natixis. «Le demande intérieure va rester très faible à court terme, la récession s'étant aggravée fortement au quatrième trimestre», ajoute-t-il.
Au troisième trimestre, la consommation des ménages américains a reculé de 3,7 % en rythme annuel, provoquant une contraction du PIB (-0,5 %). La consommation représente traditionnellement près de 70 % de la croissance de la première économie mondiale.
Les économistes estiment que le recul devrait être bien pire au quatrième trimestre, la consommation des ménages ayant déjà enregistré en octobre sa plus forte baisse mensuelle depuis septembre 2001. Cela dit, si on met entre parenthèses les ventes d'essence à la pompe, qui ont baissé de 14,7 % du fait de la baisse des cours du pétrole, les ventes de détail n'ont reculé que de 0,2 % le mois dernier.
Pas aussi mauvais
Pour l'économiste indépendant Joel Naroff, ces chiffres ne sont donc finalement pas aussi mauvais qu'ils en ont l'air. «Le consommateur est devenu prudent, mais les gens dépensent plus que l'on ne le pensait», estime-t-il. De surcroît, le sentiment des consommateurs, mesuré par l'université du Michigan, s'est redressé à la surprise générale en novembre.
Malgré tout, les autres indicateurs publiés hier n'incitent guère à l'optimisme. Selon le ministère du Commerce, les entreprises ont réduit leurs stocks en octobre pour le deuxième mois de suite, alors que leurs ventes chutaient de 3,5 %, enregistrant leur plus forte baisse depuis 1992.
Estimé à 0,6 % en octobre, ce déstockage des entreprises, le plus fort depuis août 2003, traduit la détérioration de leurs prévisions et reflète leur attente d'une baisse durable de la demande.
Selon les 54 économistes interrogés pour le sondage mensuel du Wall Street Journal, l'économie américaine traverse sa récession la plus longue et la plus grave depuis la crise de 1929. Ils estiment que le PIB américain devrait se contracter encore pendant le trimestre en cours ainsi que pendant les deux premiers trimestres de 2009.
Le Bureau national de la recherche économique (NBER), organisme chargé officiellement de déterminer les dates des cycles économiques, a annoncé au début du mois que les États-Unis étaient entrés en récession en décembre 2007. En se prolongeant jusqu'en juin 2009, comme le prévoit l'enquête du Wall Street Journal, celle-ci durerait 18 mois, alors que les récessions des années 1973-1975 et 1981-1982 ont duré chacune 16 mois.
Selon les chiffres publiés hier par le département du Commerce, les ventes de détail ont reculé de 1,8 % par rapport à octobre. Les rabais consentis lors des soldes suivant le jour férié de Thanksgiving fin novembre ne sont pas parvenus «à contrebalancer la forte baisse des ventes d'automobiles et d'essence», relève Amine Tazi, analyste de Natixis. «Le demande intérieure va rester très faible à court terme, la récession s'étant aggravée fortement au quatrième trimestre», ajoute-t-il.
Au troisième trimestre, la consommation des ménages américains a reculé de 3,7 % en rythme annuel, provoquant une contraction du PIB (-0,5 %). La consommation représente traditionnellement près de 70 % de la croissance de la première économie mondiale.
Les économistes estiment que le recul devrait être bien pire au quatrième trimestre, la consommation des ménages ayant déjà enregistré en octobre sa plus forte baisse mensuelle depuis septembre 2001. Cela dit, si on met entre parenthèses les ventes d'essence à la pompe, qui ont baissé de 14,7 % du fait de la baisse des cours du pétrole, les ventes de détail n'ont reculé que de 0,2 % le mois dernier.
Pas aussi mauvais
Pour l'économiste indépendant Joel Naroff, ces chiffres ne sont donc finalement pas aussi mauvais qu'ils en ont l'air. «Le consommateur est devenu prudent, mais les gens dépensent plus que l'on ne le pensait», estime-t-il. De surcroît, le sentiment des consommateurs, mesuré par l'université du Michigan, s'est redressé à la surprise générale en novembre.
Malgré tout, les autres indicateurs publiés hier n'incitent guère à l'optimisme. Selon le ministère du Commerce, les entreprises ont réduit leurs stocks en octobre pour le deuxième mois de suite, alors que leurs ventes chutaient de 3,5 %, enregistrant leur plus forte baisse depuis 1992.
Estimé à 0,6 % en octobre, ce déstockage des entreprises, le plus fort depuis août 2003, traduit la détérioration de leurs prévisions et reflète leur attente d'une baisse durable de la demande.
Selon les 54 économistes interrogés pour le sondage mensuel du Wall Street Journal, l'économie américaine traverse sa récession la plus longue et la plus grave depuis la crise de 1929. Ils estiment que le PIB américain devrait se contracter encore pendant le trimestre en cours ainsi que pendant les deux premiers trimestres de 2009.
Le Bureau national de la recherche économique (NBER), organisme chargé officiellement de déterminer les dates des cycles économiques, a annoncé au début du mois que les États-Unis étaient entrés en récession en décembre 2007. En se prolongeant jusqu'en juin 2009, comme le prévoit l'enquête du Wall Street Journal, celle-ci durerait 18 mois, alors que les récessions des années 1973-1975 et 1981-1982 ont duré chacune 16 mois.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

