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Création d'un fonds de capital risque en biotechnologie

12 mars 2003  Actualités économiques
Ce fonds visera à assurer l’expansion des entreprises de biotechnologie déjà établies au Québec.
Photo : Jacques Nadeau
Ce fonds visera à assurer l’expansion des entreprises de biotechnologie déjà établies au Québec.
Québec — La ministre des Finances, Pauline Marois, a ciblé l'industrie de la biotechnologie dans les mesures d'interventions économiques contenues dans le budget 2003-04, en annonçant la création d'un fonds de capital de risque d'au moins 300 millions.

Ce fonds visera à assurer l'expansion des entreprises de biotechnologie déjà établies au Québec. Le gouvernement y investira 100 millions, alors que le Fonds de solidarité de la FTQ et la Société générale financement y souscriront chacun 50 millions. Le reste de l'argent devra être trouvé auprès d'investisseurs privés.

La société Innovatech du Grand Montréal se voit confier le mandat de mettre en oeuvre ce fonds, qui prendra la forme d'une société en commandite.

Le président du Conseil du patronat du Québec, Gilles Taillon, a accueilli favorablement cette mesure, qui constitue la concrétisation d'un engagement pris par Mme Marois lors d'une rencontre avec des membres de l'industrie pharmaceutique à la fin du mois de janvier. M. Taillon a précisé que Desjardins figurait également au nombre des partenaires dans ce fonds, «mais il manque environ 100 millions, ce n'est pas ficelé encore».

«La raison pour laquelle le modèle d'une société en commandite a été retenu, c'est que les entreprises étrangères, surtout américaines, hésitent à investir dans des sociétés publiques en partenariat avec des fonds comme la FTQ. Elles préfèrent les sociétés privées», a-t-il ajouté.

Selon le président du CPQ, cette création d'un fonds de capital de risque, «surtout sous la forme de société en commandite, répond véritablement aux besoins de l'industrie» des biotechnologies. Il aurait toutefois souhaité qu'elle soit jumelée à des mesures «plus permanentes», tout particulièrement une baisse de la taxe sur le capital.

Taxe sur le capital

Dans son budget de l'automne 2001, Mme Marois s'était engagée à réduire de 50 % la taxe sur le capital d'ici 2007, afin de la ramener au même niveau que l'Ontario. Selon M. Taillon, cette mesure s'avérera insuffisante puisque l'Ontario s'apprête à réduire encore davantage sa taxe sur le capital.

M. Taillon avait recommandé à la ministre Marois d'annoncer une abolition de cette taxe en 2007 afin de donner au Québec un avantage concurrentiel sur son voisin ontarien dans la recherche d'investisseurs du secteur privé.

«Mme Marois avait semblé intéressée par cette proposition, mais nous constatons qu'il n'y a rien dans le budget, a dit M. Taillon. Pour éviter que cette mesure n'entraîne des coûts pour le gouvernement, nous lui proposions de réduire les subventions aux entreprises. Ils n'ont retenu ni le remède ni la solution.»

En conférence de presse, Mme Marois a dit qu'elle «maintenait le cap» dans le cas de la taxe sur le capital mais qu'elle entendait discuter avec les entreprises et les travailleurs, dans le cadre de la stratégie de plein emploi du gouvernement, afin de voir s'il y a lieu «de faire des choix différents pour la suite des choses».
 
 
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