Temps durs pour les fonds d'investissement
Les hedge funds sont pris en étau entre un manque de crédit et les exigences de leurs investisseurs
10 décembre 2008
Actualités économiques
Photo : Agence Reuters
Alors que la volatilité des marchés est généralement source d’occasions pour les fonds d’investissement, leurs performances sont désastreuses depuis le début de l’année, et particulièrement au deuxième semestre.
New York — Pris en étau par la crise, qui a coupé leur accès au crédit, et par les exigences de leurs investisseurs, qui veulent récupérer leur mise, les fonds d'investissement à risque font face à la période la plus difficile de leur jeune et controversée histoire.
Difficile de sortir indemne, lorsqu'on est un hedge fund, d'une crise marquée par le tarissement des liquidités. Car c'est la base même du fonctionnement de ces fonds que d'emprunter pour pouvoir investir. «Le principal problème, c'est la contraction du crédit: les hedge funds se reposent beaucoup sur l'emprunt et l'endettement, alors que les banques traversent des temps difficiles», a souligné Andrew Schneider, un associé de HedgeCo, une société de services destinés aux fonds d'investissement.
Alors que la volatilité des marchés est généralement source d'occasions pour ces fonds, qui obtiennent des rendements élevés grâce à leur politique d'investissement risquée, leurs performances sont désastreuses depuis le début de l'année et particulièrement au deuxième semestre.
Les analystes de la banque Morgan Stanley s'attendent désormais à une réduction de 35 à 45 % des actifs détenus par les fonds de gestion alternative entre juin et décembre, qui reviendraient ainsi entre 1100 et 1300 milliards de dollars d'ici à la fin de l'année.
Les fonds sont confrontés à une contradiction: ils doivent à la fois engranger des gains pour leurs clients et rembourser ceux qui désirent sortir des marchés touchés de plein fouet par la crise. Ces demandes de remboursement ont été la hantise des opérateurs de marché: accumulés tout au long de la journée, ils ont provoqué ces dernières semaines des ordres massifs de vente dans la dernière heure à Wall Street.
Dans ce contexte, les fonds ont engagé des restructurations pour mieux résister. Lundi, le fonds américain Citadel a décidé de fortement limiter ses opérations en Asie, en fermant notamment son bureau de Tokyo. Selon le Wall Street Journal, Citadel a perdu 13 % de sa valeur d'actifs au niveau mondial en novembre, et 47 % depuis le début de l'année.
Quelques jours plus tôt, le même journal rapportait que Thomas H. Lee, un des grands noms du secteur, allait réduire voire même fermer deux fonds qui avaient enregistré des pertes de 40 % en 2008.
D'autres préfèrent réduire leurs honoraires, ou encore fixer des plafonds aux demandes de remboursement. Ainsi, Fortress Investment, qui gérait un peu plus de 34 milliards de dollars à la fin septembre, a décidé de suspendre les remboursements après avoir reçu des demandes portant sur plus de 3,5 milliards de dollars. Fallaron Capital Management, qui gère près de 30 milliards de dollars, a pris cette même décision après avoir vu des demandes de retrait portant sur un quart de ses fonds, souligne Ryan McShane, du site d'information financière Breifing.com. «C'est assez effrayant. Quand un fonds prend cette décision ce n'est pas très bon signe», avoue Andrew Scheider, qui estime qu'un hedge fund sur quatre est en train de fermer.
D'après la société spécialisée Hedge Fund Research, les retraits ont atteint 40 milliards de dollars en octobre, venus s'ajouter à 115 milliards de pertes liées aux performances des fonds.
Kenneth Heinz, président de HFR, rappelle qu'à la mi-septembre, le taux de fermeture des hedge funds avait grimpé de 15 % au deuxième trimestre, tandis que le taux de création avait reculé de 20 %. La tendance devrait s'accélérer au deuxième semestre, selon lui.
La tempête pourrait toutefois se calmer, selon la banque Crédit Suisse, qui notait lundi que le secteur des fonds spéculatifs «devrait enregistrer des pertes modestes en novembre, ce qui serait bienvenu après deux des mois les plus faibles de tous les temps».
Difficile de sortir indemne, lorsqu'on est un hedge fund, d'une crise marquée par le tarissement des liquidités. Car c'est la base même du fonctionnement de ces fonds que d'emprunter pour pouvoir investir. «Le principal problème, c'est la contraction du crédit: les hedge funds se reposent beaucoup sur l'emprunt et l'endettement, alors que les banques traversent des temps difficiles», a souligné Andrew Schneider, un associé de HedgeCo, une société de services destinés aux fonds d'investissement.
Alors que la volatilité des marchés est généralement source d'occasions pour ces fonds, qui obtiennent des rendements élevés grâce à leur politique d'investissement risquée, leurs performances sont désastreuses depuis le début de l'année et particulièrement au deuxième semestre.
Les analystes de la banque Morgan Stanley s'attendent désormais à une réduction de 35 à 45 % des actifs détenus par les fonds de gestion alternative entre juin et décembre, qui reviendraient ainsi entre 1100 et 1300 milliards de dollars d'ici à la fin de l'année.
Les fonds sont confrontés à une contradiction: ils doivent à la fois engranger des gains pour leurs clients et rembourser ceux qui désirent sortir des marchés touchés de plein fouet par la crise. Ces demandes de remboursement ont été la hantise des opérateurs de marché: accumulés tout au long de la journée, ils ont provoqué ces dernières semaines des ordres massifs de vente dans la dernière heure à Wall Street.
Dans ce contexte, les fonds ont engagé des restructurations pour mieux résister. Lundi, le fonds américain Citadel a décidé de fortement limiter ses opérations en Asie, en fermant notamment son bureau de Tokyo. Selon le Wall Street Journal, Citadel a perdu 13 % de sa valeur d'actifs au niveau mondial en novembre, et 47 % depuis le début de l'année.
Quelques jours plus tôt, le même journal rapportait que Thomas H. Lee, un des grands noms du secteur, allait réduire voire même fermer deux fonds qui avaient enregistré des pertes de 40 % en 2008.
D'autres préfèrent réduire leurs honoraires, ou encore fixer des plafonds aux demandes de remboursement. Ainsi, Fortress Investment, qui gérait un peu plus de 34 milliards de dollars à la fin septembre, a décidé de suspendre les remboursements après avoir reçu des demandes portant sur plus de 3,5 milliards de dollars. Fallaron Capital Management, qui gère près de 30 milliards de dollars, a pris cette même décision après avoir vu des demandes de retrait portant sur un quart de ses fonds, souligne Ryan McShane, du site d'information financière Breifing.com. «C'est assez effrayant. Quand un fonds prend cette décision ce n'est pas très bon signe», avoue Andrew Scheider, qui estime qu'un hedge fund sur quatre est en train de fermer.
D'après la société spécialisée Hedge Fund Research, les retraits ont atteint 40 milliards de dollars en octobre, venus s'ajouter à 115 milliards de pertes liées aux performances des fonds.
Kenneth Heinz, président de HFR, rappelle qu'à la mi-septembre, le taux de fermeture des hedge funds avait grimpé de 15 % au deuxième trimestre, tandis que le taux de création avait reculé de 20 %. La tendance devrait s'accélérer au deuxième semestre, selon lui.
La tempête pourrait toutefois se calmer, selon la banque Crédit Suisse, qui notait lundi que le secteur des fonds spéculatifs «devrait enregistrer des pertes modestes en novembre, ce qui serait bienvenu après deux des mois les plus faibles de tous les temps».
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