Paul Krugman estime que l'économie mondiale pourrait rester déprimée au-delà de 2011
9 décembre 2008
Actualités économiques
Stockholm — L'économie mondiale risque de subir le contrecoup des turbulences financières pendant encore au moins trois ans, a déclaré hier le lauréat 2008 du prix Nobel d'économie, l'Américain Paul Krugman.
«On peut aisément envisager une économie mondiale qui reste déprimée jusqu'en 2011 et au-delà», a-t-il déclaré à la presse à Stockholm.
«Le scénario que je redoute, c'est qu'on assiste dans le monde entier à l'équivalent de la décennie perdue des années 90 au Japon, un monde avec des taux d'inflation et d'intérêt nuls, aucun signe de reprise, et que cela se prolonge pendant une très très longue période», a déclaré Paul Krugman, professeur à l'Université de Princeton.
Concernant les États-Unis, M. Krugman, qui avait précédemment estimé qu'un plan de relance équivalant à 4 % au moins du PIB américain serait nécessaire l'an prochain, a indiqué hier que ce montant ne serait peut-être pas suffisant.
«Si l'on veut être sérieux, c'est modeste par rapport à l'ampleur du trou qui doit être comblé», a-t-il estimé, soulignant que ce montant «n'est pas suffisant pour éviter un nouvel affaiblissement de l'économie, mais suffisant pour éviter une détérioration brutale».
À propos de la chute du marché immobilier, Paul Krugman a relevé qu'il «pouvait y avoir encore une baisse de 10 à 15 %», selon les estimations les plus récentes.
Il a assuré que Washington n'hésiterait pas à augmenter les dépenses en infrastructures, même au prix d'une aggravation du déficit budgétaire à court terme. «Les États-Unis vont probablement connaître un déficit de 7 à 8 % du PIB l'an prochain», a-t-il dit.
«Ce n'est pas quelque chose qu'on peut faire indéfiniment», a toutefois averti M. Krugman. «Si on a deux ans de relance massive et de dette massive, ça va. Si on fait ça pendant deux ans et qu'il n'y a aucun signe d'amélioration, là je commencerai à m'inquiéter», a-t-il dit.
Paul Krugman recevra demain des mains du roi son prestigieux prix: une médaille, un diplôme ainsi qu'un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (929 000 euros).
«On peut aisément envisager une économie mondiale qui reste déprimée jusqu'en 2011 et au-delà», a-t-il déclaré à la presse à Stockholm.
«Le scénario que je redoute, c'est qu'on assiste dans le monde entier à l'équivalent de la décennie perdue des années 90 au Japon, un monde avec des taux d'inflation et d'intérêt nuls, aucun signe de reprise, et que cela se prolonge pendant une très très longue période», a déclaré Paul Krugman, professeur à l'Université de Princeton.
Concernant les États-Unis, M. Krugman, qui avait précédemment estimé qu'un plan de relance équivalant à 4 % au moins du PIB américain serait nécessaire l'an prochain, a indiqué hier que ce montant ne serait peut-être pas suffisant.
«Si l'on veut être sérieux, c'est modeste par rapport à l'ampleur du trou qui doit être comblé», a-t-il estimé, soulignant que ce montant «n'est pas suffisant pour éviter un nouvel affaiblissement de l'économie, mais suffisant pour éviter une détérioration brutale».
À propos de la chute du marché immobilier, Paul Krugman a relevé qu'il «pouvait y avoir encore une baisse de 10 à 15 %», selon les estimations les plus récentes.
Il a assuré que Washington n'hésiterait pas à augmenter les dépenses en infrastructures, même au prix d'une aggravation du déficit budgétaire à court terme. «Les États-Unis vont probablement connaître un déficit de 7 à 8 % du PIB l'an prochain», a-t-il dit.
«Ce n'est pas quelque chose qu'on peut faire indéfiniment», a toutefois averti M. Krugman. «Si on a deux ans de relance massive et de dette massive, ça va. Si on fait ça pendant deux ans et qu'il n'y a aucun signe d'amélioration, là je commencerai à m'inquiéter», a-t-il dit.
Paul Krugman recevra demain des mains du roi son prestigieux prix: une médaille, un diplôme ainsi qu'un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (929 000 euros).
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