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Automobile - Obama demande un plan de sauvetage «réaliste»

4 décembre 2008  Actualités économiques
Barack Obama a relevé hier que les dirigeants des trois grands constructeurs américains semblaient avoir présenté des plans «plus sérieux» que ceux qu’ils avaient soumis au Congrès le mois dernier.
Photo : Agence Reuters
Barack Obama a relevé hier que les dirigeants des trois grands constructeurs américains semblaient avoir présenté des plans «plus sérieux» que ceux qu’ils avaient soumis au Congrès le mois dernier.
Chicago — Le président élu des États-Unis, Barack Obama, a demandé hier un plan d'aide à l'automobile qui s'accompagne d'une évaluation «réaliste» de l'évolution du marché.

Lors d'une conférence de presse à Chicago, M. Obama s'est prononcé pour le maintien aux États-Unis d'une industrie automobile «viable». «Mais nous devons en même temps faire en sorte que l'aide publique qui sera apportée [aux constructeurs] soit fondée sur une évaluation réaliste de l'évolution du marché et des moyens de rendre ces entreprises durablement viables», a-t-il déclaré.

Les trois grands constructeurs américains, menacés de faillite, ont demandé mardi au Congrès une nouvelle aide qui, cumulée, représenterait jusqu'à 34 milliards $US.

M. Obama a relevé que les dirigeants des trois grands constructeurs, General Motors (GM), Ford et Chrysler, semblaient avoir présenté des plans «plus sérieux» que ceux qu'ils avaient soumis au Congrès le mois dernier. Leur sollicitation précédente «n'offrait pas suffisamment de clarté quant à la viabilité à long terme» de ces groupes, a-t-il estimé. «Le Congrès a eu raison de dire que les contribuables attendaient et méritaient mieux que ça» avant d'approuver un éventuel plan de sauvetage.

Le débat sur le sauvetage de l'économie américaine doit reprendre aujourd'hui et demain au Congrès. Les trois grands ont promis mardi des sacrifices en présentant des plans de réduction de leurs coûts et d'adaptation de leur production aux exigences du marché. GM, le numéro un du pays, a dit être prêt à sacrifier le tiers de ses salariés américains et deux de ses marques.

GM a demandé une ligne de crédit de six milliards si le marché national devait tomber l'an prochain autour de 10,5 millions d'immatriculations, au lieu de 16 à 17 millions d'unités avant la crise. Le groupe pense redevenir rentable une fois son plan de restructuration mené à bien avec un marché américain tournant autour des 12,5-13 millions d'immatriculations annuelles.

La Maison-Blanche s'est montrée ouverte hier à l'idée qu'une aide aux constructeurs automobiles aille au-delà des 25 milliards sur lesquels elle insistait jusqu'à présent.

Le syndicat UAW prêt à des concessions

Dans la foulée, le syndicat de l'automobile UAW, qui avait réussi à conserver des avantages sociaux importants pour ses adhérents, s'est plié à l'idée de devoir faire des sacrifices pour sauver les constructeurs de Detroit, contraints à une restructuration drastique.

L'influent syndicat, qui représente quelque 139 000 travailleurs actifs, s'est dit hier prêt à accepter des modifications des conventions d'entreprises qui le lient à General Motors (GM), Ford et Chrysler, pour faciliter la restructuration exigée par le Congrès en échange de son aide.

«Nous sommes prêts à faire un pas supplémentaire», a dit le président du syndicat Ron Gettelfinger, lors d'un point presse à Detroit.

L'UAW a tenu hier une réunion d'urgence pour réfléchir aux efforts qu'il était prêt à faire pour éviter qu'un, voire plusieurs, des trois grands ne déposent leur bilan. Au coeur des discussions figurent la modification des prestations salariales et de la couverture santé, ainsi que de probables plans sociaux.
 
 
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