Le groupe minier BHP Billiton renonce à Rio Tinto
Photo : Agence Reuters
Transport de minerai dans une mine de fer du groupe Rio Tinto. Rio est endetté à hauteur de 42 milliards $US, et BHP, à hauteur de six milliards seulement, ce qui aurait fait reculer le groupe anglo-australien.
Sydney — Le géant minier BHP Billiton a annoncé hier l'abandon de son projet de rachat hostile de son concurrent Rio Tinto en raison de la crise mondiale qui touche de plein le secteur des matières premières.
Le groupe anglo-australien proposait 3,4 actions BHP pour chaque action Rio, soit l'équivalent de 66 milliards $US sur la base des cours de clôture lundi à Londres.
Le directeur général de BHP, Marius Kloppers, a expliqué que la crise des marchés et la chute du prix des matières premières avaient mis à mal son projet de rapprochement avec Rio, qui avait été conçu au plus haut du boom des matières premières et qui visait à rapprocher les numéros deux et trois mondiaux du minerai de fer derrière le brésilien Vale.
James Wilson, analyste chez DJ Carmichael, souligne que Rio est endetté à hauteur de 42 milliards $US, et BHP, à hauteur de six milliards seulement. «BHP ne veut pas reprendre cette dette. Cela, combiné avec les obstacles de l'Union européenne, n'a laissé à BHP pratiquement d'autre choix que de retirer son offre», estime l'analyste.
BHP, qui avait déjà obtenu le feu vert des autorités australiennes et américaines de la concurrence pour ce mariage, a expliqué qu'il avait été prêt à offrir des concessions à Bruxelles pour obtenir l'aval de la Commission européenne, mais qu'il n'aurait pas pu vendre les actifs concernés à un bon prix compte tenu de la conjoncture.
«Le problème de la dette du nouvel ensemble et la difficulté de céder des actifs ont accru les risques pour la valeur actionnariale à un niveau inacceptable», a déclaré Marius Kloppers dans un communiqué.
Neelie Kroes, la commissaire européenne chargée de la Concurrence, a confirmé que la cause du renoncement à la fusion était économique. Les prix des grandes matières premières comme le cuivre et le minerai de fer ont été divisés par deux en cinq mois par rapport à leur pic de juillet.
Si l'opération, qui n'a jamais été acceptée par Rio Tinto, avait eu lieu, elle aurait figuré parmi les trois plus grosses fusions de l'histoire.
Lors de l'annonce de son projet d'offre publique d'échange (OPE) il y a un peu plus d'un an, BHP proposait un montant proche de 140 milliards $US, ce qui en faisait la seconde offre d'achat de l'histoire par son prix, juste derrière celle du britannique Vodafone sur l'allemand Mannesmann en 2000 en pleine bulle Internet.
Apparemment, certains sur le marché ne s'attendaient pas à une telle marche arrière. «C'est une surprise», commente Tim Barker, analyste chez BT Financial Group à Sydney. «Cette décision suggère que le conseil d'administration de BHP a étudié ce qui se passait sur les marchés et réalisé que la situation n'était pas tout à fait ce qu'elle était avant le ralentissement économique.»
«Avec la crise des subprimes, personne n'arrive à trouver de l'argent pour acheter quoi que ce soit. Rio a eu des problèmes, mais ils ne sont pas du fait de BHP. Ils ont un montant de dette phénoménal», souligne Michael Komesaroff, chez Urandaline Investments. «Ce qui aurait eu une signification il y a six mois n'en a plus aujourd'hui. On a parlé de synergies dans le minerai de fer. Les synergies sont toujours là, mais personne ne semble prêt à payer pour.»
BHP a indiqué qu'il allait inscrire une provision de 450 millions $US dans ses comptes pour effacer les coûts liés à l'opération.
Le groupe estime avoir «un grand avenir» même sans l'adjonction de Rio. Marius Kloppers a notamment mis en avant le projet d'investissement de 4,8 milliards $US dans le minerai de fer en Australie. Il a également souligné que BHP restait à l'affût d'autres occasions d'achats dans le secteur.
Les grands sidérurgistes mondiaux s'étaient opposés à l'opération. Ils craignaient les conséquences en matière de prix du mariage des deux géants qui auraient contrôlé plus d'un tiers des transactions maritimes de minerai de fer.
Le groupe anglo-australien proposait 3,4 actions BHP pour chaque action Rio, soit l'équivalent de 66 milliards $US sur la base des cours de clôture lundi à Londres.
Le directeur général de BHP, Marius Kloppers, a expliqué que la crise des marchés et la chute du prix des matières premières avaient mis à mal son projet de rapprochement avec Rio, qui avait été conçu au plus haut du boom des matières premières et qui visait à rapprocher les numéros deux et trois mondiaux du minerai de fer derrière le brésilien Vale.
James Wilson, analyste chez DJ Carmichael, souligne que Rio est endetté à hauteur de 42 milliards $US, et BHP, à hauteur de six milliards seulement. «BHP ne veut pas reprendre cette dette. Cela, combiné avec les obstacles de l'Union européenne, n'a laissé à BHP pratiquement d'autre choix que de retirer son offre», estime l'analyste.
BHP, qui avait déjà obtenu le feu vert des autorités australiennes et américaines de la concurrence pour ce mariage, a expliqué qu'il avait été prêt à offrir des concessions à Bruxelles pour obtenir l'aval de la Commission européenne, mais qu'il n'aurait pas pu vendre les actifs concernés à un bon prix compte tenu de la conjoncture.
«Le problème de la dette du nouvel ensemble et la difficulté de céder des actifs ont accru les risques pour la valeur actionnariale à un niveau inacceptable», a déclaré Marius Kloppers dans un communiqué.
Neelie Kroes, la commissaire européenne chargée de la Concurrence, a confirmé que la cause du renoncement à la fusion était économique. Les prix des grandes matières premières comme le cuivre et le minerai de fer ont été divisés par deux en cinq mois par rapport à leur pic de juillet.
Si l'opération, qui n'a jamais été acceptée par Rio Tinto, avait eu lieu, elle aurait figuré parmi les trois plus grosses fusions de l'histoire.
Lors de l'annonce de son projet d'offre publique d'échange (OPE) il y a un peu plus d'un an, BHP proposait un montant proche de 140 milliards $US, ce qui en faisait la seconde offre d'achat de l'histoire par son prix, juste derrière celle du britannique Vodafone sur l'allemand Mannesmann en 2000 en pleine bulle Internet.
Apparemment, certains sur le marché ne s'attendaient pas à une telle marche arrière. «C'est une surprise», commente Tim Barker, analyste chez BT Financial Group à Sydney. «Cette décision suggère que le conseil d'administration de BHP a étudié ce qui se passait sur les marchés et réalisé que la situation n'était pas tout à fait ce qu'elle était avant le ralentissement économique.»
«Avec la crise des subprimes, personne n'arrive à trouver de l'argent pour acheter quoi que ce soit. Rio a eu des problèmes, mais ils ne sont pas du fait de BHP. Ils ont un montant de dette phénoménal», souligne Michael Komesaroff, chez Urandaline Investments. «Ce qui aurait eu une signification il y a six mois n'en a plus aujourd'hui. On a parlé de synergies dans le minerai de fer. Les synergies sont toujours là, mais personne ne semble prêt à payer pour.»
BHP a indiqué qu'il allait inscrire une provision de 450 millions $US dans ses comptes pour effacer les coûts liés à l'opération.
Le groupe estime avoir «un grand avenir» même sans l'adjonction de Rio. Marius Kloppers a notamment mis en avant le projet d'investissement de 4,8 milliards $US dans le minerai de fer en Australie. Il a également souligné que BHP restait à l'affût d'autres occasions d'achats dans le secteur.
Les grands sidérurgistes mondiaux s'étaient opposés à l'opération. Ils craignaient les conséquences en matière de prix du mariage des deux géants qui auraient contrôlé plus d'un tiers des transactions maritimes de minerai de fer.
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