mardi 24 novembre 2009 Dernière mise à jour 00h09


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Le monde entier bascule dans la récession

Certains croyaient encore pouvoir l'éviter, mais la chose semble malheureusement se confirmer. Le monde entier bascule dans la récession, a averti hier le Fonds monétaire international, qui prévoit que les économies des États-Unis, de la zone euro et du Japon se contracteront en 2009 dans le cadre du premier déclin des économies développées sur une année depuis la Seconde Guerre mondiale. Le Canada devrait toutefois, si tout va bien, s'en tirer sans trop de dommages.

Empêtrée dans une sévère crise, l'économie américaine devrait se contracter de 0,7 % l'an prochain, selon le Fonds monétaire international (FMI), qui tablait encore le mois dernier sur une croissance de 0,1 % en 2009 aux États-Unis. Quant à la zone euro, qui regroupe 15 pays, elle devrait connaître globalement une contraction de 0,5 % et non une croissance de 0,2 % comme l'avait pronostiquée précédemment le Fonds. Pour l'ensemble des pays développés, la contraction est de l'ordre de 0,3 %. Début octobre, l'institution basée à Washington prévoyait pourtant 0,5 % de croissance dans ces États.

«L'économie américaine va souffrir, les ménages réagissant à la perte de valeur des actifs immobiliers et financiers et à un contexte financier de plus en plus difficile. La croissance dans la zone euro va être durement atteinte par ce contexte financier et une confiance en chute», résume le Fonds. On estime en outre que «les perspectives économiques sont toujours exceptionnellement incertaines» et qu'«il y a de nombreuses raisons de rester inquiet sur l'impact potentiel sur l'activité de la crise financière». Il faudra d'ailleurs attendre la fin de l'année prochaine pour assister à un début de reprise, dans le meilleur des cas.

Le FMI a donc revu à la baisse ses prévisions de croissance en raison de la dégradation notable de la conjoncture. «Les perspectives pour la croissance mondiale se sont détériorées sur les derniers mois, le mouvement de désendettement du secteur financier s'étant poursuivi et la confiance des producteurs et consommateurs ayant chuté», a-t-on expliqué hier pour justifier cette mise à jour des «perspectives économiques mondiales».

Dans les pays en développement, le FMI prévoit une croissance de 5,1 % en 2009, en recul par rapport aux 6,1 % prévus il y a un mois. La Chine devrait rester l'un des moteurs de la croissance de la planète, avec +8,5 %. Ce sont en effet ces États qui pousseront l'économie mondiale à croître de 2,2 % en 2009, un taux en baisse par rapport à sa précédente projection de 3 % publiée le mois dernier.

Le Canada s'en tire?

Bonne nouvelle dans cette grisaille ambiante, le Canada pourrait bien être le seul pays développé à se tirer d'affaire, puisque les nouvelles prévisions du FMI tablent sur une croissance de 0,3 % pour 2009 et de 0,6 % pour 2008. Le mois dernier, les prévisions pour le Canada étaient toutefois de 1,2 % pour 2009 et de 0,7 % pour l'année en cours.

Selon le vice-président et économiste en chef de Mouvement Desjardins, François Dupuis, nous ne sommes toutefois pas «immunisés» contre une récession, surtout si cette crise «atypique» prenait de l'ampleur et tendait à se prolonger. Le Canada a toutefois quelques atouts, dont des finances publiques assainies (ce qui lui donnerait la marge de manoeuvre nécessaire pour mettre en place des mesures de relance au besoin), un marché du travail toujours solide et des institutions financières bien capitalisées. Qui plus est, nous n'avons pas connu, jusqu'à présent, de crise immobilière ou du crédit, contrairement à nos voisins américains.

Il faudra néanmoins surveiller les nouvelles données sur le chômage qui doivent être rendues publiques aujourd'hui, a-t-il précisé hier. Plusieurs économistes s'attendent à ce que ces statistiques révèlent les faiblesses du marché de l'emploi et une augmentation du chômage.

Le premier ministre Stephen Harper s'est pour sa part voulu rassurant hier en rappelant que le pays fournit un bel exemple d'un cadre réglementaire sain et équilibré et qui fonctionne plutôt bien. «Nous ne prétendons pas avoir évité tous les problèmes de la crise financière [...] mais ils ont été beaucoup plus limités [au Canada], beaucoup mieux contrôlés en raison de la prudence de notre système de réglementation, que nous avons amélioré et que nous nous engageons à améliorer encore», a-t-il dit après avoir rencontré des économistes et banquiers du secteur privé à Toronto en préparation du sommet du G20.

Mesures de relance

Le Fonds monétaire international a en outre invité les gouvernements à adopter des plans de relance pour contrer le ralentissement économique et les banques centrales de «certains pays» à continuer à réduire leurs taux d'intérêt. L'élaboration de plans de stimulation de l'économie «devrait être une des premières priorités des gouvernements à ce stade», estime d'ailleurs Olivier Blanchard, chef économiste de l'institution financière.

«Une action mondiale pour soutenir les marchés financiers et fournir une relance supplémentaire et une détente monétaire peut aider à limiter la baisse de la croissance mondiale», a aussi insisté le FMI. Interrogé sur le nom des pays pour lesquels un plan de relance serait nécessaire, un économiste du Fonds, Jörg Decressin, a cité les États-Unis, «l'Europe et en particulier l'Allemagne», ainsi que la Chine.

L'appel de l'institution basée dans la capitale américaine est survenu alors que la Banque centrale européenne a annoncé une baisse d'un demi-point de ses taux directeurs, à 3,25 %, une diminution qui paraît bien pâle comparée à celle décidée par son homologue britannique. «Je ne peux pas exclure que nous réduisions à nouveau les taux», a toutefois déclaré son président, Jean-Claude Trichet, au cours d'une conférence de presse. L'ampleur de la baisse dépendra notamment des nouvelles à venir sur la santé de l'économie. Il s'agissait tout de même de la deuxième baisse en l'espace d'un mois après l'action concertée du 8 octobre.

La Banque d'Angleterre a frappé nettement plus fort, en diminuant son principal taux d'un point et demi à 3 %, le ramenant à son plus bas niveau depuis environ un demi-siècle. Une baisse d'une telle ampleur n'avait pas eu lieu depuis 1981, alors que le Royaume-Uni était plongé dans une grave récession durant les premières années du gouvernement de Margaret Thatcher.

Parallèlement, l'horizon pour l'économie est sombre et l'intensification de la crise financière fait toujours peser «des incertitudes extraordinairement élevées» sur la croissance de la zone euro et du monde entier, a dit M. Trichet. La demande est appelée à ralentir pendant une «période plutôt prolongée», a-t-il souligné. Même s'il ne voit pas de pénurie du crédit «pour le moment» en zone euro, les tensions se sont intensifiées depuis l'effondrement de la banque d'affaires Lehman Brothers.

Toujours sur le Vieux Continent, les 27 chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne ont rendez-vous aujourd'hui à Bruxelles pour définir une position commune sur la réforme du système financier international, qui sera au coeur du sommet du G20 à Washington le 15 novembre prochain. La présidence française de l'UE plaide également pour un rôle accru du FMI qui, fort de moyens, d'une légitimité et de pouvoirs renforcés, pourrait jouer un rôle de vigie et de contrôle du système financier mondial, voire de la politique de taux de change.

***

Avec l'AFP, AP et La Presse canadienne






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Brun Bernard
    Inscrit
    vendredi 7 novembre 2008 07h43
    Youpie!
    « Sacrée nouvelle. Quoi de neuf docteur? C'est normal dans un monde où il n'y a que des Banksters et des corrompus. On ne peut faire une analyse normale avec un système économique anormal pour lequel ce qui prime avant tout, c'est bénéfice, argent sous la table, trafic en tous genres....Peut-on avoir une approche analytique plus dynamique, plus critique, plus virulente et donc combative. On a droit nous aussi à la récession comme dans le bon vieux temps. Les pauvres ne sont pas touchés car ils sont déjà pauvres voire très pauvres. Comme dans le village de la grand-mère d'Obama au Kenya où il n'y a pas d'électricité alors que nous on pense à sécuriser des centrales nucléaires. Récession vous dites? les compagnies de pétrole ont fait des bénéfices majeures ces derniers temps, la récession est pour qui? »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 7 novembre 2008 08h45
    Pas trop mauvaise nouvelle
    « Seulement une baisse de 00,05 % et on s'énerve avec ça.

    On va avoir une très très légère baisse de consommation et moins de pollution. Hourra ! suite au Youpie de M. Brun Bernard. »

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 7 novembre 2008 10h04
    M. Jérôme-Forget veille
    « Mais il ne faut pas s'inquiéter. Monique Jérôme-Forget veille sur les Québécois telle une maman qui prépare le lunch de ses enfants partant pour l'école. Il est vrai qu'elle sera très occupée durant la période électorale, mais Jean l'a dit, il faut lui faire confiance.
    Roland Bergr
    St-Thomas, Ontario »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    vendredi 7 novembre 2008 11h12
    Une chance que le pétrole nous soutient
    « Monsieur Bousquet quand 12 % du budget du Québec provient des provinces riches qui nous transfèrent une partie de leur richesse par le billet de la péréquation, soit 8,4 milliards pour le Québec, faut se féliciter de ne pas être séparés.

    Une chance que le pétrole soutient cette économie en lambeaux car nous ne pourrions pas nous comforter avec de pas trop mauvaise nouvelle trouvée dans la sacoche de Mme Forget.

    Le touchant discours de Barrack Obama lors de sa victoire nous démontre que quand tu es dans la dèche comme l'est son pays, la solidarité des citoyens est le meilleur rampart contre la tempête. C'est le contraire de ce que prêche Monsieur Bousquet car il souhaite la division du Canada... »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 7 novembre 2008 14h19
    @ M. Fernand Trudel, péréquation et confédération
    « J'aime bien vos intéressantes et polies répliques M. Trudel qui écrivez : «C'est le contraire de ce que prêche Monsieur Bousquet car il souhaite la division du Canada...»

    Vous vous trompez, je préconise une vraie Confédération canadienne sans péréquation "qui encourage les pauvres à le demeurer". Un Canada "coast to coast avec le drapeau rouge et blanc à feuille d'érable "l'actuel" formé de 3 à 4 États souverains dont le Québec à la place de le fédération actuelle de 10 provinces "territoires conquis sous l'autorité canadienne centrale". Ça pourrait peut-être faire votre affaire si vous arrêtez de considérer que toute la préréquation que nous recevons vient de l'Alberta dont les compagnies pétrolières sont largement subventionnées avec nos taxes aussi. C'est du donnant-donnant autrement, l'Alberta aurait quitté le Canada, voilà longtemps. Sont pas fous par là. »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    vendredi 7 novembre 2008 18h51
    Un peu de macro-économie
    « Dire que l'Alberta aide le Québec avec son pétrole, c'est une supercherie.

    Les riches compagnies pétrolières de l'Alberta ont reçu, et continuent de recevoir, des centaines de millions de dollars d'Ottawa chaque année pour tirer du pétrole des sables bitumineux. Et l'Alberta vend son pétrole aux Américains (et à nous) à des prix très élevés.

    Cependant, à cause de la montée du prix du pétrole ces dernières années et de la demande accrue de dollars canadiens par les étrangers pour acheter le pétrole de l'Alberta, le dollar canadien a augmenté de valeur et a rendu nos exportations plus difficiles, avec la perte de 100 000 emplois ailleurs au Canada et au Québec.

    L'Alberta devrait donc être forcée par Ottawa de redistribuer au reste du Canada et au Québec une partie de ses bénéfices, car ses activités nuisent à l'ensemble.

    D'autre part, le Québec n'a jamais reçu un sou du fédéral pour développer l'énergie hydro-électrique au Québec, alors que les riches compagnies pétrolières de l'Alberta ont reçu, et continuent de recevoir, des centaines de millions de dollars d'Ottawa chaque année pour tirer du pétrole des sables bitumineux.

    Et l'Ontario n'est pas en reste, le fédéral y ayant dépensé dans le dernier demi-siècle des milliards de dollars pour la filière énergétique nucléaire concentrée dans cette province.

    Quand est-ce que le fédéral va subventionner le Québec pour les éoliennes? L'Ontario l'a été pour l'énergie atomique, l'Ouest et Terre-Neuve pour le pétrole, mais rien pour l'Hydro-Québec. »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
6 réactions
0 votes
 
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009