Montréal - Le Palais des congrès met les bouchées doubles aux États-Unis
«On perd parfois des occasions d'affaires parce qu'on est limité par notre infrastructure»
Vieux d'un quart de siècle, le Palais des congrès de Montréal a déjà traversé bon nombre de tempêtes. Aujourd'hui, il se porte relativement bien, mais la conjoncture économique l'oblige à se préparer dès maintenant à une nouvelle période de turbulences.
«Depuis quelques années, des défis de tous ordres se présentent à nous, raconte Robert Cazelais, directeur des ventes du Palais des congrès. À cause de la hausse du dollar canadien, nos concurrents américains sont devenus plus compétitifs. Avec la récente crise financière, on s'attend à ce que les prochaines années soient encore plus difficiles, mais on pense être capable de tirer notre épingle du jeu.»
Selon l'Union des associations internationales, Montréal occupait en 2007 le 2e rang au classement des villes hôtesses de congrès internationaux. On se souvient que le Palais des congrès avait accueilli en 2005 quelque 10 000 délégués au Sommet des Nations unies sur les changements climatiques. En 2006-2007, le Palais a récidivé et enregistré sa deuxième année en importance pour ce qui est des revenus.
Ce sont de bons résultats si on considère que les congrès des années 2006, 2007 et, dans une moindre mesure, 2008 ont été organisés en 2001 et 2002, estime Pierre Bellerose, vice-président en relations publiques de l'Office du tourisme de Montréal. «Pendant un an ou deux après les attentats du 11 septembre 2001, les associations américaines ont décidé de ne pas organiser de congrès à l'étranger», se souvient-il.
Tourisme Montréal soutient
Aujourd'hui, le Palais des congrès s'apprête à traverser une nouvelle crise, qui se fera sentir vers 2013. Encore une fois, il peut compter sur le soutien indéfectible de Tourisme Montréal, qui est son partenaire principal depuis de nombreuses années. Le protocole d'entente qui unit les deux organismes prévoit que le Palais des congrès axe ses stratégies de vente sur les clients internationaux, tandis que l'Office du tourisme de Montréal cible le marché américain.
Selon Luc Charbonneau, directeur des ventes et du marketing à Tourisme Montréal, le contexte est plus instable qu'auparavant. «Depuis ce 11 septembre 2001, les Américains retardent les prises de décisions le plus longtemps possible, dit-il. Alors, pour être encore plus présent et performant sur le marché américain, on a augmenté les effectifs de nos bureaux régionaux de Washington et Chicago.»
Si la récession actuelle au sud de la frontière n'incite pas les touristes américains à voyager au Québec, la situation n'est pas encore critique dans le marché des congrès, indique Pierre Bellerose. «Comme les congrès se confirment des années à l'avance, le marché n'est pas encore affecté par la crise financière actuelle», indique-t-il.
Le carnet de commandes du Palais des congrès est bien rempli pour 2009 et 2010 et M. Bellerose n'anticipe pas d'annulations. «On sait depuis longtemps que 2010 sera une très bonne année de congrès et 2009 aussi. Cette base-là est assurée. Il se peut qu'il y ait un peu moins d'achalandage, mais les congrès vont rester», assure-t-il.
Campagne de séduction aux États-Unis
Pour améliorer leur démarchage aux États-Unis, Tourisme Montréal et le Palais des congrès ont créé l'été dernier un fonds de développement d'un million de dollars. Cette somme permettra au Palais des congrès de bonifier ses services, par exemple en offrant un cocktail de bienvenue aux congressistes ou en payant les frais de navette à l'aéroport.
Mais il faudra beaucoup plus de ressources pour venir à bout de la principale faiblesse du Palais des congrès: le manque d'espace. «On perd parfois des occasions d'affaires parce qu'on est limité par notre infrastructure. Il faudrait pouvoir s'agrandir pour accueillir davantage de congrès et de délégués», indique Robert Cazelais.
Meilleure offre hôtelière
Quels sont les atouts de Montréal comme hôte de congrès? M. Bellerose cite «l'exotisme» relatif de Montréal au sein du continent nord-américain. «On conjugue l'efficacité nord-américaine et le côté latin des Européens, avec un night life après les réunions. On répond aux critères techniques et on offre une belle destination qui attire les délégués. Or plus la fréquentation est importante, plus les associations font de revenus.»
Il ajoute que l'offre hôtelière accrue dans le quartier international bénéficiera au Palais des congrès dès 2009. L'Hôtel Westin actuellement en construction dans le quartier international ajoutera un total de 432 chambres aux quelque 200 suites et studios de l'hôtel Embassy Suites qui a ouvert l'an dernier rue Saint-Antoine, entre le Vieux-Montréal et le quartier des affaires. C'est un argument de vente supplémentaire, dit-il.
«Avant, il n'y avait que l'Hôtel Intercontinental, juste en face du Palais des congrès. Maintenant, les organisateurs de gros congrès pourront loger jusqu'à 4000 délégués dans des hôtels à proximité du Palais. Dans beaucoup d'autres villes nord-américaines, les centres de congrès sont à l'extérieur du centre-ville et les organisateurs doivent payer des services de navette.»
Son collègue, M. Charbonneau, ajoute: «Outre la qualité de l'accueil, le côté multiculturel et la localisation au centre-ville, Montréal est très facilement accessible par vol direct à partir des grandes capitales européennes et des grands centres américains. On arrive aussi à déposer rapidement des offres qui sont très concurrentielles grâce au partenariat avec le secteur hôtelier. On offre des solutions clés en main.»
La manne scientifique
Montréal peut aussi compter sur le soutien de la communauté scientifique, qui constitue une véritable manne. Les professionnels montréalais dans diverses spécialités médicales sont des partenaires essentiels pour attirer des congrès, indique Chrystine Loriaux, directrice du marketing et des communications du Palais des congrès. Ainsi, depuis son ouverture il y a 25 ans, le Palais accueille chaque année les Journées dentaires internationales du Québec. En 2009, le 20e Congrès de la Fédération internationale du diabète devrait attirer quelque 12 000 délégués à Montréal.
Le Palais des congrès renforce également sa position dans le secteur des technologies de l'information. En 2012, il accueillera un congrès mondial organisé par l'Alliance mondiale des services et des technologies de l'information (AMSTI), avec la participation de 2500 délégués et des retombées économiques représentant plus de six millions de dollars.
Pour se démarquer de la concurrence, le Palais des congrès mise sur les nouvelles technologies. Toutes les salles seront graduellement équipées d'une liaison Internet Wi-Fi avec un service à la carte pour les organisateurs et les congressistes, dit Mme Loriaux. Depuis mars dernier, un tout nouveau site Internet permet également aux organisateurs de voir l'aménagement des salles grâce à des plans en 3D.
Le Palais des congrès est aussi devenu cette année le premier centre de congrès à ouvrir ses portes à des traiteurs externes, indique Mme Loriaux: «On est extrêmement satisfait de notre partenaire Capital Traiteur, mais certains clients ont des contrats d'exclusivité avec leur propre service de traiteur. On leur permet désormais d'organiser des banquets dans quatre de nos salles, dont une de 50 000 pieds carrés, sans colonnes.»
Fort de son expérience en environnement après la tenue du Sommet des Nations unies sur les changements climatiques, le Palais des congrès offre aussi à ses clients des conseils pour organiser des événements écoresponsables et des services spéciaux, comme du compostage. Les plus motivés peuvent même obtenir un bilan écologique complet, comme l'a fait en juillet 2007 Meeting Professionals International (MPI), une association d'organisateurs d'événements internationaux. «Le bilan écologique a démontré qu'on a réussi à recycler 90 % de la matière utilisée au cours du congrès», précise Mme Loriaux.
***
Collaboratrice du Devoir
«Depuis quelques années, des défis de tous ordres se présentent à nous, raconte Robert Cazelais, directeur des ventes du Palais des congrès. À cause de la hausse du dollar canadien, nos concurrents américains sont devenus plus compétitifs. Avec la récente crise financière, on s'attend à ce que les prochaines années soient encore plus difficiles, mais on pense être capable de tirer notre épingle du jeu.»
Selon l'Union des associations internationales, Montréal occupait en 2007 le 2e rang au classement des villes hôtesses de congrès internationaux. On se souvient que le Palais des congrès avait accueilli en 2005 quelque 10 000 délégués au Sommet des Nations unies sur les changements climatiques. En 2006-2007, le Palais a récidivé et enregistré sa deuxième année en importance pour ce qui est des revenus.
Ce sont de bons résultats si on considère que les congrès des années 2006, 2007 et, dans une moindre mesure, 2008 ont été organisés en 2001 et 2002, estime Pierre Bellerose, vice-président en relations publiques de l'Office du tourisme de Montréal. «Pendant un an ou deux après les attentats du 11 septembre 2001, les associations américaines ont décidé de ne pas organiser de congrès à l'étranger», se souvient-il.
Tourisme Montréal soutient
Aujourd'hui, le Palais des congrès s'apprête à traverser une nouvelle crise, qui se fera sentir vers 2013. Encore une fois, il peut compter sur le soutien indéfectible de Tourisme Montréal, qui est son partenaire principal depuis de nombreuses années. Le protocole d'entente qui unit les deux organismes prévoit que le Palais des congrès axe ses stratégies de vente sur les clients internationaux, tandis que l'Office du tourisme de Montréal cible le marché américain.
Selon Luc Charbonneau, directeur des ventes et du marketing à Tourisme Montréal, le contexte est plus instable qu'auparavant. «Depuis ce 11 septembre 2001, les Américains retardent les prises de décisions le plus longtemps possible, dit-il. Alors, pour être encore plus présent et performant sur le marché américain, on a augmenté les effectifs de nos bureaux régionaux de Washington et Chicago.»
Si la récession actuelle au sud de la frontière n'incite pas les touristes américains à voyager au Québec, la situation n'est pas encore critique dans le marché des congrès, indique Pierre Bellerose. «Comme les congrès se confirment des années à l'avance, le marché n'est pas encore affecté par la crise financière actuelle», indique-t-il.
Le carnet de commandes du Palais des congrès est bien rempli pour 2009 et 2010 et M. Bellerose n'anticipe pas d'annulations. «On sait depuis longtemps que 2010 sera une très bonne année de congrès et 2009 aussi. Cette base-là est assurée. Il se peut qu'il y ait un peu moins d'achalandage, mais les congrès vont rester», assure-t-il.
Campagne de séduction aux États-Unis
Pour améliorer leur démarchage aux États-Unis, Tourisme Montréal et le Palais des congrès ont créé l'été dernier un fonds de développement d'un million de dollars. Cette somme permettra au Palais des congrès de bonifier ses services, par exemple en offrant un cocktail de bienvenue aux congressistes ou en payant les frais de navette à l'aéroport.
Mais il faudra beaucoup plus de ressources pour venir à bout de la principale faiblesse du Palais des congrès: le manque d'espace. «On perd parfois des occasions d'affaires parce qu'on est limité par notre infrastructure. Il faudrait pouvoir s'agrandir pour accueillir davantage de congrès et de délégués», indique Robert Cazelais.
Meilleure offre hôtelière
Quels sont les atouts de Montréal comme hôte de congrès? M. Bellerose cite «l'exotisme» relatif de Montréal au sein du continent nord-américain. «On conjugue l'efficacité nord-américaine et le côté latin des Européens, avec un night life après les réunions. On répond aux critères techniques et on offre une belle destination qui attire les délégués. Or plus la fréquentation est importante, plus les associations font de revenus.»
Il ajoute que l'offre hôtelière accrue dans le quartier international bénéficiera au Palais des congrès dès 2009. L'Hôtel Westin actuellement en construction dans le quartier international ajoutera un total de 432 chambres aux quelque 200 suites et studios de l'hôtel Embassy Suites qui a ouvert l'an dernier rue Saint-Antoine, entre le Vieux-Montréal et le quartier des affaires. C'est un argument de vente supplémentaire, dit-il.
«Avant, il n'y avait que l'Hôtel Intercontinental, juste en face du Palais des congrès. Maintenant, les organisateurs de gros congrès pourront loger jusqu'à 4000 délégués dans des hôtels à proximité du Palais. Dans beaucoup d'autres villes nord-américaines, les centres de congrès sont à l'extérieur du centre-ville et les organisateurs doivent payer des services de navette.»
Son collègue, M. Charbonneau, ajoute: «Outre la qualité de l'accueil, le côté multiculturel et la localisation au centre-ville, Montréal est très facilement accessible par vol direct à partir des grandes capitales européennes et des grands centres américains. On arrive aussi à déposer rapidement des offres qui sont très concurrentielles grâce au partenariat avec le secteur hôtelier. On offre des solutions clés en main.»
La manne scientifique
Montréal peut aussi compter sur le soutien de la communauté scientifique, qui constitue une véritable manne. Les professionnels montréalais dans diverses spécialités médicales sont des partenaires essentiels pour attirer des congrès, indique Chrystine Loriaux, directrice du marketing et des communications du Palais des congrès. Ainsi, depuis son ouverture il y a 25 ans, le Palais accueille chaque année les Journées dentaires internationales du Québec. En 2009, le 20e Congrès de la Fédération internationale du diabète devrait attirer quelque 12 000 délégués à Montréal.
Le Palais des congrès renforce également sa position dans le secteur des technologies de l'information. En 2012, il accueillera un congrès mondial organisé par l'Alliance mondiale des services et des technologies de l'information (AMSTI), avec la participation de 2500 délégués et des retombées économiques représentant plus de six millions de dollars.
Pour se démarquer de la concurrence, le Palais des congrès mise sur les nouvelles technologies. Toutes les salles seront graduellement équipées d'une liaison Internet Wi-Fi avec un service à la carte pour les organisateurs et les congressistes, dit Mme Loriaux. Depuis mars dernier, un tout nouveau site Internet permet également aux organisateurs de voir l'aménagement des salles grâce à des plans en 3D.
Le Palais des congrès est aussi devenu cette année le premier centre de congrès à ouvrir ses portes à des traiteurs externes, indique Mme Loriaux: «On est extrêmement satisfait de notre partenaire Capital Traiteur, mais certains clients ont des contrats d'exclusivité avec leur propre service de traiteur. On leur permet désormais d'organiser des banquets dans quatre de nos salles, dont une de 50 000 pieds carrés, sans colonnes.»
Fort de son expérience en environnement après la tenue du Sommet des Nations unies sur les changements climatiques, le Palais des congrès offre aussi à ses clients des conseils pour organiser des événements écoresponsables et des services spéciaux, comme du compostage. Les plus motivés peuvent même obtenir un bilan écologique complet, comme l'a fait en juillet 2007 Meeting Professionals International (MPI), une association d'organisateurs d'événements internationaux. «Le bilan écologique a démontré qu'on a réussi à recycler 90 % de la matière utilisée au cours du congrès», précise Mme Loriaux.
***
Collaboratrice du Devoir








