Crise financière - Une certaine confiance revient en Bourse
Les marchés boursiers ont repris des couleurs hier. Une certaine confiance revenait, nourrie par la baisse des tensions sur le marché du financement interbancaire. Les grands pays industrialisés s'acheminaient également vers des mesures de relance économique afin de combattre le spectre de la récession et du chômage.
En Bourse, revigoré par des gains importants dans les secteurs de l'énergie et des finances, le S&P/TSX du parquet torontois a récupéré 688,91 points, un bond de 7,2 %, à 10 251,4. La Bourse a poursuivi sur son élan de la semaine dernière alors qu'elle avait gagné 500 points.
À l'opposé le dollar canadien a cédé 48 centièmes à 83,77 cents US, la plupart des observateurs estimant que la Banque du Canada devrait annoncer aujourd'hui une réduction de son taux directeur d'au moins un quart de point de pourcentage.
«Le marché du crédit commence à se porter mieux, peut-on voir. C'est ce marché qui nous a placés dans cette situation difficile au départ, a noté Vincent Delisle, de Scotia Capitaux. C'est la saison des résultats financiers. Les données économiques américaines seront encore très, très inquiétantes.»
Dans le seul secteur de l'énergie, les gains se sont élevés à plus de 14 %, les investisseurs s'attendant à ce que l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) annonce une réduction de sa production pétrolière afin de lutter contre la baisse des prix. Le prix du baril de pétrole brut a grimpé de 2,40 $US pour atteindre 74,25 $ US à la Bourse des matières premières de New York.
À New York, les indices ont aussi repris de la vigueur. La moyenne Dow Jones des 30 valeurs industrielles a gagné 413,21 points, soit 4,7 %, à 9265,43 après que le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, eut appuyé l'idée d'un nouveau stimulant financier. L'indice élargi Standard & Poor's 500 a avancé de 4,8 % (44,85 points), à 985,40 points. «Le marché a aimé ce qu'avait à dire M. Bernanke. Il a laissé la porte ouverte à d'autres réductions des taux d'intérêt ou à l'adoption de nouveaux stimulants financiers», a déclaré Ryan Larson, de Voyageur Asset Management, à New York.
En début de séance, le chef de la direction du Groupe TMX, Thomas Kloet, a fait état de signes d'amélioration du marché du crédit, en dépit de la très grande instabilité des marchés financiers. M. Kloet s'est dit encouragé par la récente évolution de certains indicateurs de taux d'intérêt internationaux clés. Il y a notamment eu des baisses de l'écart entre les bons du Trésor et les dépôts à terme en eurodollars, ou contrats d'opération à terme sur les bons du Trésor et les eurodollars, de même que du taux interbancaire offert à Londres, ou taux Libor. La différence entre le taux payé par les banques pour emprunter de l'argent pendant trois mois à une concurrente et le taux des emprunts d'État américains à la même échéance s'est réduite de 65 points de base, à 2,96 %, s'éloignant de son niveau record de 4,34 % atteint le 10 octobre.
Ce marché des prêts interbancaires connaissait pour le septième jour consécutif une forte détente de ses taux. Un écart très fort entre ces deux taux traduit une absence de liquidité sur le marché interbancaire. En dépit de la détente d'hier, les taux interbancaires restent encore à des niveaux historiquement élevés.
«Je suis encouragé par le fait qu'on commence à voir que le marché du crédit se porte un peu mieux. Quand on voit l'écart entre les bons du Trésor et les dépôts à terme en eurodollars baisser un peu et le taux Libor aller dans le même sens, je pense que c'est un bon signe», a déclaré M. Kloet, qui prenait la parole dans le cadre d'une conférence de l'Autorité des marchés financiers, à Montréal. Le Groupe TMX compte parmi ses filiales les principaux marchés boursiers au pays, y compris la Bourse de Toronto, la Bourse de croissance TSX et la Bourse de Montréal.
À New York, Wall Street a également été stimulée par le dégel du marché du crédit et l'éventualité d'un second plan de relance aux États-Unis. Au gain de 4,7 % du Dow Jones s'est ajouté celui de 3,4 % du Nasdaq. «Le Dow Jones et le Nasdaq ont conservé des gains robustes sur des signes de détente dans la contraction du crédit et des espoirs que les consommateurs américains pourraient bénéficier d'un autre plan de relance économique», a souligné Al Goldman, de Wachovia Securities.
En Europe, les Bourses ont clôturé en forte hausse: Londres a gagné 5,4 %, Paris 3,6 %, Francfort 1,1 %, Milan 2,5 % et Madrid 3 %. Les places asiatiques avaient montré la voie: Tokyo a terminé en hausse de 3,6 %, Hong Kong de 5,3 % et Shanghai de 2,3 %. Les marchés ont visiblement apprécié l'accord entre Européens et Américains sur une série de sommets internationaux afin de réformer le système financier, dont le premier pourrait avoir lieu en novembre à New York, juste après l'élection présidentielle américaine.
Mesures de relance
Sur le front économique, les grands pays industrialisés s'acheminaient hier vers des mesures de relance économique afin de combattre le spectre de la récession et du chômage, redonnant des couleurs à des marchés boursiers en franche hausse.
Le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, s'est déclaré favorable à un deuxième plan de relance, après celui du printemps. Une idée à laquelle la Maison-Blanche a assuré être ouverte. Quelques minutes après M. Bernanke, le secrétaire au Trésor Henry Paulson, a précisé des modalités du plan de refinancement des banques, indiquant qu'il y aurait assez d'argent pour toutes les institutions jugées éligibles par son administration.
En France, le premier ministre français François Fillon a annoncé des mesures de stimulation, avec un plan de soutien de cinq milliards d'euros pour les collectivités locales et une augmentation de 3 à 4 % des crédits accordés par les banques.
Des mesures de relance sont en préparation partout dans le monde pour éviter une contagion de la crise financière à l'économie «réelle». En effet, le nombre de chômeurs dans le monde «pourrait passer de 190 millions en 2007 à 210 millions fin 2009», a estimé le directeur général du Bureau international du travail (BIT), Juan Somavia. Selon le BIT, le nombre de «travailleurs pauvres» qui vivent avec moins de un dollar par jour pourrait croître de 40 millions tandis que celui des personnes gagnant moins de deux dollars pourrait augmenter de 100 millions entre 2007 et 2009. «Ce n'est pas seulement une crise de Wall Street, c'est aussi une crise de toute la rue», appelant à «une action rapide et coordonnée des gouvernements» pour prévenir une crise sociale qui «pourrait s'avérer sévère, longue et globale» a résumé M. Somavia.
Pour l'heure, l'Union européenne exclut un grand plan coordonné de relance économique, à l'instar du sauvetage du secteur bancaire. Le gouvernement allemand envisage cependant «des mesures ponctuelles ciblées» d'aide à la conjoncture, alors que l'Allemagne frôle la récession. La Grande-Bretagne va augmenter ses dépenses publiques pour tirer l'économie hors de la récession qui la menace, selon le ministre des Finances britannique, Alistair Darling.
Au Japon, le gouverneur de la Banque centrale a affirmé que l'économie continuerait à stagner, après le pire recul depuis sept ans au deuxième trimestre (- 0,7 %). Pour de nombreux analystes, la deuxième économie mondiale est déjà entrée en récession.
Les pays émergents qui se croyaient blindés contre la crise financière accusent à leur tour le coup, après des années de boom économique. La croissance de la Chine est ainsi passée pour la première fois depuis 2005 sous la barre des 10 % sur les trois premiers trimestres de 2008. En Inde, la croissance va ralentir sous l'effet de la crise mondiale, a reconnu le chef du gouvernement Manmohan Singh. Pour 2008-2009, elle n'atteindrait que 7 % à 7,5 %, contre 9 % en 2007-2008.
Seul le premier ministre russe, Vladimir Poutine, a estimé que l'économie russe «était assez bien préparée contre les chocs extérieurs de longue durée».
***
Avec l'Agence France-Presse et La Presse canadienne
En Bourse, revigoré par des gains importants dans les secteurs de l'énergie et des finances, le S&P/TSX du parquet torontois a récupéré 688,91 points, un bond de 7,2 %, à 10 251,4. La Bourse a poursuivi sur son élan de la semaine dernière alors qu'elle avait gagné 500 points.
À l'opposé le dollar canadien a cédé 48 centièmes à 83,77 cents US, la plupart des observateurs estimant que la Banque du Canada devrait annoncer aujourd'hui une réduction de son taux directeur d'au moins un quart de point de pourcentage.
«Le marché du crédit commence à se porter mieux, peut-on voir. C'est ce marché qui nous a placés dans cette situation difficile au départ, a noté Vincent Delisle, de Scotia Capitaux. C'est la saison des résultats financiers. Les données économiques américaines seront encore très, très inquiétantes.»
Dans le seul secteur de l'énergie, les gains se sont élevés à plus de 14 %, les investisseurs s'attendant à ce que l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) annonce une réduction de sa production pétrolière afin de lutter contre la baisse des prix. Le prix du baril de pétrole brut a grimpé de 2,40 $US pour atteindre 74,25 $ US à la Bourse des matières premières de New York.
À New York, les indices ont aussi repris de la vigueur. La moyenne Dow Jones des 30 valeurs industrielles a gagné 413,21 points, soit 4,7 %, à 9265,43 après que le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, eut appuyé l'idée d'un nouveau stimulant financier. L'indice élargi Standard & Poor's 500 a avancé de 4,8 % (44,85 points), à 985,40 points. «Le marché a aimé ce qu'avait à dire M. Bernanke. Il a laissé la porte ouverte à d'autres réductions des taux d'intérêt ou à l'adoption de nouveaux stimulants financiers», a déclaré Ryan Larson, de Voyageur Asset Management, à New York.
En début de séance, le chef de la direction du Groupe TMX, Thomas Kloet, a fait état de signes d'amélioration du marché du crédit, en dépit de la très grande instabilité des marchés financiers. M. Kloet s'est dit encouragé par la récente évolution de certains indicateurs de taux d'intérêt internationaux clés. Il y a notamment eu des baisses de l'écart entre les bons du Trésor et les dépôts à terme en eurodollars, ou contrats d'opération à terme sur les bons du Trésor et les eurodollars, de même que du taux interbancaire offert à Londres, ou taux Libor. La différence entre le taux payé par les banques pour emprunter de l'argent pendant trois mois à une concurrente et le taux des emprunts d'État américains à la même échéance s'est réduite de 65 points de base, à 2,96 %, s'éloignant de son niveau record de 4,34 % atteint le 10 octobre.
Ce marché des prêts interbancaires connaissait pour le septième jour consécutif une forte détente de ses taux. Un écart très fort entre ces deux taux traduit une absence de liquidité sur le marché interbancaire. En dépit de la détente d'hier, les taux interbancaires restent encore à des niveaux historiquement élevés.
«Je suis encouragé par le fait qu'on commence à voir que le marché du crédit se porte un peu mieux. Quand on voit l'écart entre les bons du Trésor et les dépôts à terme en eurodollars baisser un peu et le taux Libor aller dans le même sens, je pense que c'est un bon signe», a déclaré M. Kloet, qui prenait la parole dans le cadre d'une conférence de l'Autorité des marchés financiers, à Montréal. Le Groupe TMX compte parmi ses filiales les principaux marchés boursiers au pays, y compris la Bourse de Toronto, la Bourse de croissance TSX et la Bourse de Montréal.
À New York, Wall Street a également été stimulée par le dégel du marché du crédit et l'éventualité d'un second plan de relance aux États-Unis. Au gain de 4,7 % du Dow Jones s'est ajouté celui de 3,4 % du Nasdaq. «Le Dow Jones et le Nasdaq ont conservé des gains robustes sur des signes de détente dans la contraction du crédit et des espoirs que les consommateurs américains pourraient bénéficier d'un autre plan de relance économique», a souligné Al Goldman, de Wachovia Securities.
En Europe, les Bourses ont clôturé en forte hausse: Londres a gagné 5,4 %, Paris 3,6 %, Francfort 1,1 %, Milan 2,5 % et Madrid 3 %. Les places asiatiques avaient montré la voie: Tokyo a terminé en hausse de 3,6 %, Hong Kong de 5,3 % et Shanghai de 2,3 %. Les marchés ont visiblement apprécié l'accord entre Européens et Américains sur une série de sommets internationaux afin de réformer le système financier, dont le premier pourrait avoir lieu en novembre à New York, juste après l'élection présidentielle américaine.
Mesures de relance
Sur le front économique, les grands pays industrialisés s'acheminaient hier vers des mesures de relance économique afin de combattre le spectre de la récession et du chômage, redonnant des couleurs à des marchés boursiers en franche hausse.
Le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, s'est déclaré favorable à un deuxième plan de relance, après celui du printemps. Une idée à laquelle la Maison-Blanche a assuré être ouverte. Quelques minutes après M. Bernanke, le secrétaire au Trésor Henry Paulson, a précisé des modalités du plan de refinancement des banques, indiquant qu'il y aurait assez d'argent pour toutes les institutions jugées éligibles par son administration.
En France, le premier ministre français François Fillon a annoncé des mesures de stimulation, avec un plan de soutien de cinq milliards d'euros pour les collectivités locales et une augmentation de 3 à 4 % des crédits accordés par les banques.
Des mesures de relance sont en préparation partout dans le monde pour éviter une contagion de la crise financière à l'économie «réelle». En effet, le nombre de chômeurs dans le monde «pourrait passer de 190 millions en 2007 à 210 millions fin 2009», a estimé le directeur général du Bureau international du travail (BIT), Juan Somavia. Selon le BIT, le nombre de «travailleurs pauvres» qui vivent avec moins de un dollar par jour pourrait croître de 40 millions tandis que celui des personnes gagnant moins de deux dollars pourrait augmenter de 100 millions entre 2007 et 2009. «Ce n'est pas seulement une crise de Wall Street, c'est aussi une crise de toute la rue», appelant à «une action rapide et coordonnée des gouvernements» pour prévenir une crise sociale qui «pourrait s'avérer sévère, longue et globale» a résumé M. Somavia.
Pour l'heure, l'Union européenne exclut un grand plan coordonné de relance économique, à l'instar du sauvetage du secteur bancaire. Le gouvernement allemand envisage cependant «des mesures ponctuelles ciblées» d'aide à la conjoncture, alors que l'Allemagne frôle la récession. La Grande-Bretagne va augmenter ses dépenses publiques pour tirer l'économie hors de la récession qui la menace, selon le ministre des Finances britannique, Alistair Darling.
Au Japon, le gouverneur de la Banque centrale a affirmé que l'économie continuerait à stagner, après le pire recul depuis sept ans au deuxième trimestre (- 0,7 %). Pour de nombreux analystes, la deuxième économie mondiale est déjà entrée en récession.
Les pays émergents qui se croyaient blindés contre la crise financière accusent à leur tour le coup, après des années de boom économique. La croissance de la Chine est ainsi passée pour la première fois depuis 2005 sous la barre des 10 % sur les trois premiers trimestres de 2008. En Inde, la croissance va ralentir sous l'effet de la crise mondiale, a reconnu le chef du gouvernement Manmohan Singh. Pour 2008-2009, elle n'atteindrait que 7 % à 7,5 %, contre 9 % en 2007-2008.
Seul le premier ministre russe, Vladimir Poutine, a estimé que l'économie russe «était assez bien préparée contre les chocs extérieurs de longue durée».
***
Avec l'Agence France-Presse et La Presse canadienne
Haut de la page

