L'argent papier ne vaut plus grand-chose
La joute monétaire qui se déroule présentement sous nos yeux montre à quel point l'argent papier ne vaut plus grand-chose, que ce soit le dollar américain, l'euro, le yen ou toute autre devise.
On imprime ces papiers à outrance au point d'en arriver à des situations aussi saugrenues que celles auxquelles nous sommes aujourd'hui confrontés.
Je pense par exemple à ce joli magot de près de 20 milliards de dollars de l'épargne québécoise qui est gelé dans les papiers commerciaux adossés à des actifs (PCAA) dont le marché a littéralement disparu. Ou encore à ces fonds de contreparties et autres structures qui ont pu pousser l'effet de levier jusqu'à 35 $ de prêts (octroyés évidemment par des banques prétendument gardiennes de notre épargne) pour un dollar de capital investi.
Ou encore à ces fonds de contreparties engraissés par des taux d'endettement démesurés qui en viennent à contrôler impunément les marchés financiers pour leur donner la tangente désirée pour, ensuite, miser sur celle-ci. En lançant par exemple des rumeurs de faillite sur telle ou telle banque en ayant bien entendu au préalable vendu à découvert en masse les actions desdites banques. Ou encore en vendant à vil prix les titres en détresse (papiers commerciaux adossés, obligations collatéralisées, etc.) détenus par ces banques dans leur bilan, forçant alors ces dernières à réaliser des pertes énormes qui, une fois déclarées, ont pour effet de saper le cours de leurs actions. Évidemment, encore là, ces fonds de contreparties ont pris soin de vendre à découvert en masse lesdites actions. Des fonds de contreparties dont, soit dit en passant, les capitaux sont cantonnés dans des paradis fiscaux, ce qui leur permet d'éviter les règles régissant le système bancaire dans les pays occidentaux et d'être parfaitement opaques en ne diffusant presque rien de leurs activités aux autorités réglementaires. Dans de telles conditions, je n'ose même pas imaginer le flot de capital qui doit sortir à tout jamais de nos pays pour s'évaporer dans des comptes bancaires d'individus sous le couvert de commissions versées et autres formes de revenus pour services rendus. Et dire que ce sont nos caisses de retraite qui investissent dans ces fonds opaques.
Les banques centrales de par le monde ont ainsi alimenté cette machine financière érigée sur la dette en favorisant une croissance indue de la masse monétaire, une croissance bien supérieure à celle que pouvait produire l'économie réelle. Ces surplus de capitaux ont été absorbés par les institutions financières qui ont prêté à qui mieux, mieux et qui ont accouché de multiples nouveaux produits financiers (allant de papiers commerciaux à actifs adossés aux CDO (Credit Default Swap) et aux obligations collatéralisées à multiples niveaux de risque), multipliant ainsi les nouvelles émissions, les volumes de transactions et, au bout du compte, décuplant et plus les commissions et autres revenus tirés de ces activités de financement.
Aux États-Unis
C'est évidemment aux États-Unis que cette joute monétaire a été poussée à son ultime limite. Depuis l'éclatement de la bulle des titres de haute technologie en 2000 et de l'effondrement du World Trade Center en septembre 2001, il est devenu évident que les Américains ont opté pour la fuite vers l'avant en inondant le marché de liquidités par une politique monétaire et fiscale (incluant les dépenses militaires) des plus accommodantes afin de soutenir à tout prix la croissance économique. Car le système financier avait déjà à ce moment-là l'allure d'un véritable château de cartes prêt à s'écrouler au moindre ressac de l'activité économique.
Le processus a été poussé à un tel extrême que, selon certains experts, la valeur des produits dérivés de toute sorte (allant des contrats à terme aux produits les plus exotiques issus de l'imagination plus que fertile de nos financiers) atteindrait en ce moment, de par le monde, entre 300 000 et 500 000 milliards $US contre une valeur des marchés boursiers et obligataires de 100 000 milliards de dollars et contre un PIB mondial d'à peine 50 000 milliards $US. C'est dire qu'actuellement la grande part du capital se trouve investie non pas dans les actions et obligations, les véritables placements, mais dans toute sorte de produits qui n'ont plus beaucoup à voir avec l'économie réelle. Des mille milliards de dollars américains de produits dérivés acquis sur un effet de levier démesuré (probablement quelque part entre 20 $ et 40 $ de dette pour un dollar de capital investi) dont soudainement le marché a complètement disparu.
Imaginez! Il n'aura fallu pousser les taux hypothécaires qu'à 5 % ou 6 %, déductibles de surcroît aux États-Unis (moi qui ai déjà connu des taux de 15 % et plus en 1981-82), pour provoquer le présent ressac de l'activité économique et, du coup, faire basculer tout le système financier dans le marasme le plus complet.
***
cchiasson@proplacement.qc.ca
Classe Internet: www.proplacement.qc.ca
On imprime ces papiers à outrance au point d'en arriver à des situations aussi saugrenues que celles auxquelles nous sommes aujourd'hui confrontés.
Je pense par exemple à ce joli magot de près de 20 milliards de dollars de l'épargne québécoise qui est gelé dans les papiers commerciaux adossés à des actifs (PCAA) dont le marché a littéralement disparu. Ou encore à ces fonds de contreparties et autres structures qui ont pu pousser l'effet de levier jusqu'à 35 $ de prêts (octroyés évidemment par des banques prétendument gardiennes de notre épargne) pour un dollar de capital investi.
Ou encore à ces fonds de contreparties engraissés par des taux d'endettement démesurés qui en viennent à contrôler impunément les marchés financiers pour leur donner la tangente désirée pour, ensuite, miser sur celle-ci. En lançant par exemple des rumeurs de faillite sur telle ou telle banque en ayant bien entendu au préalable vendu à découvert en masse les actions desdites banques. Ou encore en vendant à vil prix les titres en détresse (papiers commerciaux adossés, obligations collatéralisées, etc.) détenus par ces banques dans leur bilan, forçant alors ces dernières à réaliser des pertes énormes qui, une fois déclarées, ont pour effet de saper le cours de leurs actions. Évidemment, encore là, ces fonds de contreparties ont pris soin de vendre à découvert en masse lesdites actions. Des fonds de contreparties dont, soit dit en passant, les capitaux sont cantonnés dans des paradis fiscaux, ce qui leur permet d'éviter les règles régissant le système bancaire dans les pays occidentaux et d'être parfaitement opaques en ne diffusant presque rien de leurs activités aux autorités réglementaires. Dans de telles conditions, je n'ose même pas imaginer le flot de capital qui doit sortir à tout jamais de nos pays pour s'évaporer dans des comptes bancaires d'individus sous le couvert de commissions versées et autres formes de revenus pour services rendus. Et dire que ce sont nos caisses de retraite qui investissent dans ces fonds opaques.
Les banques centrales de par le monde ont ainsi alimenté cette machine financière érigée sur la dette en favorisant une croissance indue de la masse monétaire, une croissance bien supérieure à celle que pouvait produire l'économie réelle. Ces surplus de capitaux ont été absorbés par les institutions financières qui ont prêté à qui mieux, mieux et qui ont accouché de multiples nouveaux produits financiers (allant de papiers commerciaux à actifs adossés aux CDO (Credit Default Swap) et aux obligations collatéralisées à multiples niveaux de risque), multipliant ainsi les nouvelles émissions, les volumes de transactions et, au bout du compte, décuplant et plus les commissions et autres revenus tirés de ces activités de financement.
Aux États-Unis
C'est évidemment aux États-Unis que cette joute monétaire a été poussée à son ultime limite. Depuis l'éclatement de la bulle des titres de haute technologie en 2000 et de l'effondrement du World Trade Center en septembre 2001, il est devenu évident que les Américains ont opté pour la fuite vers l'avant en inondant le marché de liquidités par une politique monétaire et fiscale (incluant les dépenses militaires) des plus accommodantes afin de soutenir à tout prix la croissance économique. Car le système financier avait déjà à ce moment-là l'allure d'un véritable château de cartes prêt à s'écrouler au moindre ressac de l'activité économique.
Le processus a été poussé à un tel extrême que, selon certains experts, la valeur des produits dérivés de toute sorte (allant des contrats à terme aux produits les plus exotiques issus de l'imagination plus que fertile de nos financiers) atteindrait en ce moment, de par le monde, entre 300 000 et 500 000 milliards $US contre une valeur des marchés boursiers et obligataires de 100 000 milliards de dollars et contre un PIB mondial d'à peine 50 000 milliards $US. C'est dire qu'actuellement la grande part du capital se trouve investie non pas dans les actions et obligations, les véritables placements, mais dans toute sorte de produits qui n'ont plus beaucoup à voir avec l'économie réelle. Des mille milliards de dollars américains de produits dérivés acquis sur un effet de levier démesuré (probablement quelque part entre 20 $ et 40 $ de dette pour un dollar de capital investi) dont soudainement le marché a complètement disparu.
Imaginez! Il n'aura fallu pousser les taux hypothécaires qu'à 5 % ou 6 %, déductibles de surcroît aux États-Unis (moi qui ai déjà connu des taux de 15 % et plus en 1981-82), pour provoquer le présent ressac de l'activité économique et, du coup, faire basculer tout le système financier dans le marasme le plus complet.
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cchiasson@proplacement.qc.ca
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