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Crise financière - Des chômeurs en nombre record

21 octobre 2008  Actualités économiques
Genève — La crise financière pourrait provoquer un nombre record de chômeurs dans le monde d'ici 2009, a prévenu hier le Bureau international du travail (BIT), les licenciements se multipliant déjà en Europe et aux États-Unis dans la finance et l'automobile.

Selon des estimations préliminaires du BIT, «le nombre de chômeurs [dans le monde] pourrait passer de 190 millions en 2007 à 210 millions fin 2009», soit une augmentation drastique de 20 millions de personnes touchées par la débâcle financière mondiale.

Si ce chiffre est effectivement atteint, ce sera une «première historique», a déclaré le directeur général de l'organisation Juan Somavia lors d'un point de presse, prévenant qu'il pourrait en réalité s'aggraver en fonction de l'impact de la crise sur l'économie réelle.

Quel que soit le triste record, l'impact de la crise «va être global» et touchera la plupart des économies mondiales, a résumé M. Somavia. Et comme toujours, les principales victimes devraient être les «personnes les plus vulnérables».

Le nombre de «travailleurs pauvres» qui vivent avec moins d'un dollar américain par jour pourrait croître de 40 millions et celui des personnes gagnant moins de deux dollars pourrait augmenter de 100 millions entre 2007 et 2009, selon le directeur du BIT. Mais cette fois, «les classes moyennes du monde entier» devraient également payer un lourd tribu, même s'il reste encore difficile à évaluer, prévient encore M. Somavia.

Les secteurs économiques les employant traditionnellement, tels que le bâtiment, la finance, les services, la construction et le tourisme, ont déjà commencé à souffrir. Certains écrèment à tour de bras leur personnel.

Des licenciements

Depuis plusieurs semaines, les constructeurs automobiles occidentaux ont ainsi annoncé des licenciements massifs: 6000 chez le français Renault, 1680 chez le japonais Nissan, 6000 encore chez le suédois Volvo cars, 3500 chez l'allemand Daimler... et ce ne pourrait être qu'un début, selon les analystes.

En septembre, la faillite de plusieurs banques aux États-Unis et en Europe a également mis sur le carreau des milliers d'employés.

Les statistiques pour l'emploi des économies développées illustrent déjà le mouvement. L'économie américaine a détruit 159 000 emplois en septembre, un record depuis mars 2003. Quant à la Grande-Bretagne, elle a enregistré un pic en août avec 5,7 % de chômeurs.

Comme la France qui a connu une hausse de plus de 40 000 chômeurs en août, Londres frôle la barre des deux millions de sans-emploi.

Pour beaucoup, la récession n'est plus un spectre.

Dans ce contexte, «nous avons besoin d'une action rapide et coordonnée des gouvernements pour prévenir une crise sociale qui pourrait s'avérer sévère, longue et globale», a prévenu M. Somavia.

Car la crise d'aujourd'hui «n'est plus seulement une crise de Wall Street, c'est aussi une crise de toute la rue», a insisté le responsable estimant qu'après la finance, un plan de sauvetage concentré sur l'économie réelle et les questions sociales est désormais nécessaire.

La protection des entreprises durables ainsi que «le travail décent doivent être au coeur du Sommet sur la crise financière annoncé récemment par les présidents [français et américain], Nicolas Sarkozy et George W. Bush», a-t-il réclamé.

Selon M. Somavia, la crise doit être ainsi saisie comme une «occasion» de rééquilibrer la mondialisation devenue «inéquitable et non durable» en restaurant l'importance de l'économie réelle au détriment de la sphère financière. «Le système financier international doit revenir à sa fonction fondamentale, qui est le prêt», a-t-il insisté.






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