Gordon, pas Flash Gordon
Le premier ministre britannique refuse le titre de sauveur de la planète financière
15 octobre 2008
Actualités économiques
Photo : Agence Reuters
Les principales mesures du plan de Gordon Brown pour sauver les banques britanniques ont été reprises ou ont inspiré les grands pays touchés par la crise, de part et d’autre de l’Atlantique.
Londres — Les grandes capitales ont salué puis imité son plan de sauvetage des banques britanniques, le Nobel d'économie s'est même demandé s'il n'avait pas sauvé la finance mondiale: Gordon Brown savoure ce retour en grâce mais refuse l'habit de héros. «Gordon, pas Flash Gordon.»
Donné pour politiquement moribond il y a un mois encore, le premier ministre britannique vole aujourd'hui de réunion internationale en conférence de presse, d'interviews en discours, pour donner en exemple au reste du monde le remède de cheval qu'il vient d'administrer aux banques de son pays.
Recapitalisation massive, injection de liquidités, solides garanties interbancaires, les principales mesures de ce plan ont été reprises ou ont inspiré les grands pays touchés par la crise, de part et d'autre de l'Atlantique.
Des louanges
Depuis une semaine, les louanges pleuvent sur le chef du gouvernement britannique, au Royaume-Uni comme dans le reste du monde.
Le quotidien français Le Monde a salué ainsi le «triomphe à l'anglaise» de M. Brown, «celui qui empêcha Tony Blair d'adopter l'euro», lors de la réunion de l'Eurogroupe dimanche à Paris. «C'est lui, le magicien du social-libéralisme anglo-saxon, qui donne des leçons d'interventionnisme aux continentaux», relève le quotidien.
Même satisfecit accordé par le Financial Times: «Le premier ministre a pris des mesures audacieuses pour sauver le système financier et, avec lui, l'économie réelle.» Cerise sur le gâteau, le nouveau Prix Nobel d'économie, l'Américain Paul Krugman, également éditorialiste au New York Times, a rendu hommage à l'action «claire et déterminée» de M. Brown. Avant de se demander si d'une certaine façon, le premier ministre britannique n'était pas en train de «sauver le système financier mondial».
Transfiguré par cette crise économique — son domaine de prédilection après 10 ans passés au ministère des Finances — M. Brown affiche une confiance retrouvée.
Lors d'un discours à la City, il n'a pas hésité à invoquer le souvenir de Churchill et Roosevelt pour appeler les autres dirigeants des grandes puissances à inventer une «nouvelle architecture financière» pour la planète en convoquant un «nouveau Bretton Woods», cette conférence qui avait jeté les bases du système financier actuel en 1944.
Cette confiance, cette omniprésence sur la scène internationale, commence d'ailleurs à irriter l'opposition conservatrice. Celle-ci supporte de plus en plus mal d'être réduite à soutenir M. Brown au nom de l'intérêt national pendant que ce dernier refait progressivement son retard dans les sondages.
Le plan de sauvetage bancaire n'est «pas un triomphe», mais «une tentative désespérée in extremis pour éviter une catastrophe», a lancé le porte-parole des conservateurs pour les affaires économiques, George Osborne.
Impertubable, Gordon Brown refuse pour sa part de se laisser griser. «Je crois que vous devriez regarder ce qu'on disait de moi il y a quatre semaines», a-t-il suggéré hier lors d'une conférence de presse. «J'ai découvert que la politique était une succession de hauts et de bas, et on doit affronter l'adversité et les périodes de popularité d'une âme égale.»
Lors de sa campagne pour succéder à Tony Blair en juin 2007, l'équipe de Gordon Brown avait pioché dans l'univers de la bande dessinée pour dénicher un slogan humoristique censé montrer que M. Brown allait inaugurer un style plus sérieux et moins «voyant» que son prédécesseur: «Pas Flash, seulement Gordon.»
Lors d'une conférence de presse hier, un journaliste lui a demandé s'il s'identifiait désormais au célèbre héros de bande dessinée qui sauve le monde des griffes de l'empereur Ming.
M. Brown a répondu qu'il n'était pas Flash Gordon, «seulement Gordon, seulement Gordon, je vous l'assure».
Donné pour politiquement moribond il y a un mois encore, le premier ministre britannique vole aujourd'hui de réunion internationale en conférence de presse, d'interviews en discours, pour donner en exemple au reste du monde le remède de cheval qu'il vient d'administrer aux banques de son pays.
Recapitalisation massive, injection de liquidités, solides garanties interbancaires, les principales mesures de ce plan ont été reprises ou ont inspiré les grands pays touchés par la crise, de part et d'autre de l'Atlantique.
Des louanges
Depuis une semaine, les louanges pleuvent sur le chef du gouvernement britannique, au Royaume-Uni comme dans le reste du monde.
Le quotidien français Le Monde a salué ainsi le «triomphe à l'anglaise» de M. Brown, «celui qui empêcha Tony Blair d'adopter l'euro», lors de la réunion de l'Eurogroupe dimanche à Paris. «C'est lui, le magicien du social-libéralisme anglo-saxon, qui donne des leçons d'interventionnisme aux continentaux», relève le quotidien.
Même satisfecit accordé par le Financial Times: «Le premier ministre a pris des mesures audacieuses pour sauver le système financier et, avec lui, l'économie réelle.» Cerise sur le gâteau, le nouveau Prix Nobel d'économie, l'Américain Paul Krugman, également éditorialiste au New York Times, a rendu hommage à l'action «claire et déterminée» de M. Brown. Avant de se demander si d'une certaine façon, le premier ministre britannique n'était pas en train de «sauver le système financier mondial».
Transfiguré par cette crise économique — son domaine de prédilection après 10 ans passés au ministère des Finances — M. Brown affiche une confiance retrouvée.
Lors d'un discours à la City, il n'a pas hésité à invoquer le souvenir de Churchill et Roosevelt pour appeler les autres dirigeants des grandes puissances à inventer une «nouvelle architecture financière» pour la planète en convoquant un «nouveau Bretton Woods», cette conférence qui avait jeté les bases du système financier actuel en 1944.
Cette confiance, cette omniprésence sur la scène internationale, commence d'ailleurs à irriter l'opposition conservatrice. Celle-ci supporte de plus en plus mal d'être réduite à soutenir M. Brown au nom de l'intérêt national pendant que ce dernier refait progressivement son retard dans les sondages.
Le plan de sauvetage bancaire n'est «pas un triomphe», mais «une tentative désespérée in extremis pour éviter une catastrophe», a lancé le porte-parole des conservateurs pour les affaires économiques, George Osborne.
Impertubable, Gordon Brown refuse pour sa part de se laisser griser. «Je crois que vous devriez regarder ce qu'on disait de moi il y a quatre semaines», a-t-il suggéré hier lors d'une conférence de presse. «J'ai découvert que la politique était une succession de hauts et de bas, et on doit affronter l'adversité et les périodes de popularité d'une âme égale.»
Lors de sa campagne pour succéder à Tony Blair en juin 2007, l'équipe de Gordon Brown avait pioché dans l'univers de la bande dessinée pour dénicher un slogan humoristique censé montrer que M. Brown allait inaugurer un style plus sérieux et moins «voyant» que son prédécesseur: «Pas Flash, seulement Gordon.»
Lors d'une conférence de presse hier, un journaliste lui a demandé s'il s'identifiait désormais au célèbre héros de bande dessinée qui sauve le monde des griffes de l'empereur Ming.
M. Brown a répondu qu'il n'était pas Flash Gordon, «seulement Gordon, seulement Gordon, je vous l'assure».
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