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Une éventuelle fusion de GM avec Chrysler inspire le scepticisme

15 octobre 2008  Actualités économiques
Detroit — L'éventualité d'une fusion entre General Motors, le numéro un américain de l'automobile, avec un de ses concurrents comme Chrysler suscite le plus grand scepticisme dans les milieux américains de l'automobile.

Des responsables de GM, en butte à la chute du marché automobile et à de graves difficultés financières, sont eux-mêmes très prudents sur les discussions révélées par la presse durant le week-end.

«Si jamais il se passe quelque chose, ça va prendre des semaines, si ce n'est des mois», a dit un cadre dirigeant de GM sous le couvert de l'anonymat.

Le président du conseil d'administration de Chrysler n'a pas confirmé qu'il avait ouvert des discussions avec GM, mais a annoncé lundi dans un courriel aux salariés que des pourparlers avaient été ouverts avec plusieurs sociétés.

«Je peux vous dire que nous avons approché et avons été approchés par des tiers qui s'intéressent à l'exploration de possibilités avec Chrysler», a dit Robert Nardelli dans ce courriel.

Selon une source syndicale et une autre au sein d'un constructeur automobile concurrent, Chrysler, détenu depuis 2007 par le fonds d'investissement Cerberus, a engagé des discussions à la fois avec GM et avec le franco-japonais Renault Nissan.

Les 4x4

Mais un responsable syndical est sceptique sur une éventuelle fusion avec GM. «Je ne vois pas ce qu'on en retirerait. On est [deux sociétés] qui dépendent trop des véhicules lourds et des 4x4», a dit sous le couvert de l'anonymat ce responsable du puissant syndicat UAW.

Or ces véhicules, très gourmands en carburant, tirent à la baisse les bilans des constructeurs. GM a d'ailleurs annoncé lundi la fermeture anticipée en décembre d'une usine spécialisée dans les gros 4x4.

Un ancien responsable de l'UAW devenu consultant, Jerry Tucker, a soulevé une autre difficulté pour une éventuelle fusion: la question des retraites et de l'assurance maladie des retraités de chaque société, qui a fait l'objet de difficiles négociations.

«Je sais que Cerberus est à la recherche d'un partenaire pour Chrysler, mais je ne suis pas sûr que GM soit le partenaire qu'il faut», a déclaré Dan Oxyer, un associé du cabinet d'audit AT Kearney à Southfield.

«Je vois l'intérêt de supprimer les redondances et de limiter les capacités», a commenté Laurie Harbour Felax, analyste du cabinet éponyme. «Mais les coûts sont tellement astronomiques qu'on se demande si cela vaut vraiment la peine», a ajouté Mme Harbour Felax, en soulignant que peu de modèles de Chrysler étaient sans équivalent dans la gamme GM.

«Il faut attendre plus de détails financiers sur une éventuelle transaction avant de pouvoir porter un jugement, mais a priori notre position est qu'un rapprochement [de GM] avec Ford apporterait un meilleur rapport risque stratégique contre bénéfice qu'un rapprochement [de GM] avec Chrysler», a déclaré Himanshu Patel, un analyste de la banque JP Morgan.

Mais selon le New York Times et le Wall Street Journal, Ford a décidé de faire cavalier seul plutôt que d'explorer plus en avant les possibilités de fusion avec GM.

Ces discussions interviennent alors que la solvabilité des trois grands constructeurs est de plus en plus menacée par l'effondrement du marché automobile, qui a reculé en moyenne de 26 % en septembre.






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