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L'optimisme revient sur les marchés

L'union des principales puissances économiques mondiales pour faire face à la crise financière a revigoré, hier, les places boursières, qui ont terminé la séance sur des gains records.

La Bourse de New York a fini sur un rebond spectaculaire, après les interventions massives des gouvernements européens et américain pour rétablir la confiance: le Dow Jones a gagné 11,08 %, une hausse jamais vue depuis les années 30. Le Dow Jones a grimpé de 936,42 points, une progression en points jamais égalée en une seule séance.

Le Nasdaq, à dominante technologique, a acquis 194,74 points (11,81 %) et l'indice élargi Standard & Poor's 500 a gagné 104,13 points (11,58 %). En forte hausse dès l'ouverture, les indices se sont envolés au fil de la séance, affichant un «rebond très impressionnant», a jugé Anthony Conroy, vendeur d'actions pour BNY ConvergEx. «Après avoir connu la pire semaine de son histoire, le marché réagit aux mesures destinées à rétablir la confiance», a expliqué M. Conroy.

«Le marché réagit aux annonces du week-end», a indiqué Peter Cardillo, analyste d'Avalon Partners, en référence aux réunions, tenues à Washington, des ministres des Finances du G7 qui se sont engagés à soutenir le secteur financier contre vents et marées. «Ces initiatives ont aidé à endiguer la vague de pessimisme qui persistait la semaine dernière et à encourager un mouvement de chasses aux bonnes affaires, a ajouté Patrick O'Hare, son confrère de Briefing.com. Les gouvernements du monde entier semblent avoir pris la mesure de la gravité de la crise financière.»

Parmi les hausses les plus spectaculaires, le titre de la banque Morgan Stanley s'est envolé de 85 % à 17,92 dollars, après une chute de 60 % la semaine dernière. Le groupe bancaire japonais Mitsubishi UFJ Financial a confirmé qu'il allait prendre une participation de 21 % dans l'établissement, pour 9 milliards de dollars, notamment en actions préférentielles.

Le cours du baril de pétrole brut léger à New York s'est établi à 81,19 $ US, en hausse de 3,49 $ US. Les valeurs énergétiques et minières ont profité du rebond des matières premières: le pétrolier ExxonMobil, première capitalisation du Dow Jones, a bondi de 17,19 % et le géant de l'aluminium Alcoa, de 22,84 %.

La quasi-totalité des Bourses européennes ont clôturé sur des hausses historiques: Paris a pris 11,18 %, Francfort, 11,40 %, Madrid, 10,65 %, et Milan, 11,49 %. Un ton en dessous, Londres a gagné 8,26 %.

Premiers à ouvrir le bal, les marchés asiatiques avaient aussi rebondi nettement. La première place d'Asie, Tokyo, qui a subi la semaine dernière un krach historique (-24,33 %), a rouvert aujourd'hui après une journée fériée. À contre-courant des marchés mondiaux, les deux places boursières de Moscou, le RTS et le Micex, ont achevé la séance d'hier sur des chutes respectives de 6,34 % et 4,85 %.

L'Europe agit vigoureusement

En Europe, la coopération des gouvernements, qui ont promis près de 1700 milliards d'euros pour dégripper la machine bancaire, a fait oublier la panique de la semaine dernière. Ces actions concertées ont redonné espoir aux investisseurs qui étaient restés de marbre devant le plan du ministre des Finances américain, Henry Paulson, et la baisse des taux directeurs des banques centrales. «C'est mot pour mot ce qu'on voulait», exultait Maurice Gravier, directeur de Natixis Asset Management, à Paris. Il s'agit selon lui d'un «catalogue idéal [de mesures pour] éviter une contagion de la crise à toute l'économie et rétablir la confiance».

Au lendemain d'un sommet de crise des pays de la zone euro, les dirigeants européens ont mis leurs chiffres sur la table, de quoi donner le tournis aux citoyens européens. Mais de quoi rassurer, du moins temporairement, les marchés. Berlin a annoncé 480 milliards d'euros, Paris, 360 milliards, Madrid et Vienne, 100 milliards chacun, Lisbonne, 20 milliards, La Haye, 200 milliards. L'Italie a annoncé qu'elle dépenserait autant qu'il le faudrait pour ses banques. «Ce qu'on fait est sans précédent, et l'audace qui a été celle du gouvernement français mais aussi des gouvernements européens est la meilleure façon de répondre à cette crise», a affirmé le premier ministre français, François Fillon.

Ces mesures de la zone euro s'ajoutent au plan britannique qui avait montré la voie, la semaine dernière, avec 380 milliards d'euros. Londres va investir jusqu'à près de 50 milliards d'euros dans trois des plus grandes banques du pays, RBS, HBOS et Lloyds TSB, provoquant du coup leur nationalisation. L'économiste américain Paul Krugman, qui s'est vu décerner hier le prix Nobel d'économie en pleine bourrasque financière, a d'ailleurs rendu hommage à l'action du premier ministre britannique, Gordon Brown, se demandant s'il n'avait pas sauvé le système financier mondial.

Garanties aux crédits interbancaires jusqu'au 31 décembre 2009, recapitalisation des banques menacées de faillite: déclinable dans chaque pays en fonction des besoins, le plan européen vise à réamorcer la pompe du crédit, qui est pratiquement tombée à l'arrêt, menaçant de paralyser l'économie.

Les mesures européennes font écho au plan Paulson de 700 milliards de dollars adopté au début d'octobre par les États-Unis et concrétisent les engagements pris vendredi par le G7 à Washington.

Le dos au mur, les gouvernements n'ont pas hésité à briser des tabous, comme celui de la nationalisation des banques, et n'ont pas lésiné sur les moyens, quitte à laisser filer les déficits publics et à mettre entre parenthèses les critères du traité de Maastricht.

Soucieux de rassurer les contribuables, les gouvernements ont toutefois affiché leur intention de récupérer un jour leur mise auprès des banques. «Il ne s'agit pas de faire des cadeaux aux banquiers, a souligné Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe et premier ministre luxembourgeois. Les banques qu'on assistera devront payer.»

«Ceux qui ont fauté seront sanctionnés», a pour sa part prévenu le président de la France, Nicolas Sarkozy. Le FMI, à l'instar des dirigeants européens, compte tirer les leçons de la crise en vue de réformer un système financier qui a démontré ses faiblesses.

Gordon Brown a réclamé une vaste réforme du système financier international dans le cadre d'un «nouveau Bretton Woods».

Washington renforce son plan

Les États-Unis envisagent désormais d'entrer dans le capital d'une «large gamme» d'établissements financiers, selon les grandes lignes du plan de sauvetage des banques dévoilées hier par le Trésor des États-Unis.

FFormulée en des termes assez généraux dans la matinée, cette révision du plan d’Henry Paulson, ministre des Finances américain, était encore susceptible d’évoluer, et des médias américains tablaient sur une nouvelle annonce importante du Trésor aujourd’hui. Selon le Wall Street Journal en ligne, l’État fédéral va prendre des participations dans le capital de plusieurs milliers de banques pour un total de 250 milliards.
M. Paulson a invité à le rejoindre, hier après-midi, des intervenants de premier plan sur les marchés financiers pour mettre au point les détails d'une initiative de stabilisation des marchés. Selon la chaîne d'informations financières CNBC, les autorités américaines travaillent à la mise en place d'un plan de garantie interbancaire, à l'image de ce qui a été annoncé dimanche par les pays de la zone euro. L'initiative européenne a été accueillie «favorablement» hier par le Trésor américain.

Le responsable du Trésor nommé pour superviser la mise en oeuvre du plan de sauvetage des banques, Neel Kashkari, a dévoilé avant l'ouverture de la Bourse les grandes lignes de la nouvelle mouture du gouvernement, dont l'«unique but [...] est de restaurer le flux de capitaux vers les consommateurs et les entreprises qui forment le coeur de notre économie», tout en protégeant les intérêts des contribuables.

Aux termes de la loi de stabilisation économique d'urgence entrée en vigueur le 3 octobre, le ministère dispose d'une enveloppe de 700 milliards de dollars pour sauver le système bancaire.

M. Kashkari a indiqué que les mesures du gouvernement étaient offertes à toutes les institutions financières qui le souhaitent, quelle que soit leur taille.

«Nous avançons rapidement, mais avec méthode», a assuré M. Kashkari, tout en reconnaissant que le Trésor cherchait encore à «comprendre comment créer au mieux les outils qui s'avéreront les plus efficaces pour s'attaquer aux défis [du] système financier.»

M. Kashkari a défini sept lignes d'action dont certaines, comme le programme de rachat de titres adossés à des créances immobilières et le programme de rachats de prêts immobiliers, étaient déjà connues. La principale nouveauté réside dans le programme d'achat d'actions, qui ouvre la porte à une prise de participation de l'État dans une «large gamme d'institutions financières». Ce point confirme le revirement de M. Paulson, qui s'était d'abord opposé à une telle mesure, avant de s'y résoudre vendredi à l'occasion de la rencontre des ministres des Finances du G7 à Washington. L'autre principale nouveauté porte sur un «programme d'assurance des actifs à problèmes» sur lequel le ministère dit travailler. Dans sa première mouture, le plan Paulson prévoyait simplement que l'État rachète les actifs invendables accumulés par les banques au cours de la dernière bulle immobilière.

***

Le Devoir avec la Presse canadienne, Reuters et l'AFP






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  • Jasette
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    mardi 14 octobre 2008 06h53
    L'économie n'est pas vraiment une science exacte mais plutôt une science spéculative.
    « Je vous cite: «L'union des principales puissances économiques mondiales pour faire face à la crise financière a revigoré, hier, les places boursières, qui ont terminé la séance sur des gains records.» Quand tout va bien dans l'économie et sur le marché du travail, les politiciens sont portés à nous dire que c'est grâce à leurs interventions dans l'économie. Par contre, quand tout va mal, les politiciens ont tendance à nous dire que l'économie au pays ne va pas bien et qu'ils ne peuvent pas vraiment faire grand chose. C'est le marché qui le veut ainsi, nous suggèrent-ils de penser. Globalement, il faudrait se mettre en tête que l'économie n'est pas vraiment une science exacte.

    Mais il y a des gens qui éprouvent un malin plaisir à nous faire croire le contraire. Je dirais plutôt que c'est une science spéculative, donc incertaine. Donc, malgré l'union des principales puissances économiques mondiales, un certain contexte économique aurait pu faire que, disons, les bourses continuent d'aller mal quand même. Si les choses de l'économie se mettent à aller mieux, les raisons vont fort probablement plus loin qu'une simple approche rationnelle et cognitive face à la situation économique en péril. Il s'agit plutôt d'un jeu de hasard du marché qui dépasse parfois l'entendement, mais qu'économistes et politiciens utilisent dans leurs intérêts professionnels en nous suggérant en filigrane que grâce à eux tout rentre dans l'ordre.

    Parfois, j'ai l'impression que les économistes et les politiciens se comportent un peu comme les gourous de la tribu (en passant, les médecins font un peu la même chose dans le domaine de la santé) qui cherchent, par des entourloupettes, à nous impressionner. Nous sommes naïfs à facilement nous laisser embobiner par les explications des économistes et les appuis des politiciens. Il en va d'ailleurs de même des médecins et des médicaments dans le domaine de la santé. Notamment, on ne sait pas comment certains médicaments interagissent vraiment pour nous guérir. Tout ce qu'on sait, c'est que ça marche. Un peu plus d'honnêteté pour moins de naïveté ferait peut-être l'affaire de bien du monde.

    JM »

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