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Économiste et chroniqueur de gauche - Le prix Nobel d'économie est décerné à l'Américain Paul Krugman, très critique du gouvernement Bush

14 octobre 2008  Actualités économiques
Manifestement très heureux de s’être vu attribuer le prix Nobel d’économie, Paul Krugman, chercheur de l’Université de Princeton mais aussi collaborateur régulier du quotidien The New York Times, a donné une conférence de presse hier sur le
Photo : Agence Reuters
Manifestement très heureux de s’être vu attribuer le prix Nobel d’économie, Paul Krugman, chercheur de l’Université de Princeton mais aussi collaborateur régulier du quotidien The New York Times, a donné une conférence de presse hier sur le
Stockholm — En pleine crise financière, le prix Nobel d'économie a récompensé hier un Américain ouvertement à gauche et très critique du gouvernement Bush. Le prix a été décerné à Paul Krugman, chercheur de l'Université de Princeton mais aussi collaborateur régulier du quotidien The New York Times.

Cet économiste âgé de 55 ans est distingué «pour son analyse des schémas commerciaux et de la localisation de l'activité économique».

Sans doute plus connu du grand public comme éditorialiste que comme économiste, Paul Krugman fustige la politique de George W. Bush et du Parti républicain dans les colonnes du prestigieux New York Times, quotidien de référence de la gauche américaine, où il tient une chronique, et dans son blogue intitulé «Conscience d'un homme de gauche».

Dernièrement, il a accusé le gouvernement Bush d'être responsable de la crise financière américaine qui a secoué l'ensemble des marchés de la planète, mettant en cause sa politique de déréglementation et ses réductions fiscales.

Depuis la crise, il est aussi passé à la charge contre John McCain, jugeant notamment que le candidat républicain est «plus effrayant encore maintenant qu'il ne l'était il y a quelques semaines». Il avait aussi estimé que le parti de l'éléphant était devenu «le parti des idiots».

Paul Krugman «n'est pas seulement un scientifique mais aussi un faiseur d'opinion», a reconnu Tore Ellingsen, membre du comité du prix d'économie. Mais il a assuré que ses prises de position politiques n'entraient pas en ligne de compte dans l'attribution du prix. «Nous ne regardons que les mérites scientifiques», a-t-il souligné.

Libre-échange

L'Académie royale des sciences de la Suède distingue Paul Krugman pour avoir formulé une nouvelle théorie en vue de répondre aux questions sur le libre-échange.

«Quels sont les effets du libéralisme et de la mondialisation? Quelles sont les forces agissant derrière l'urbanisation de toute la planète? Paul Krugman a formulé une nouvelle théorie qui répond à ces questions», note l'Académie, estimant qu'il a «intégré les champs de recherche auparavant dispersés du commerce international et de la géographie économique».

L'Américain âgé de 55 ans est l'unique vainqueur des 10 millions de couronnes suédoises (environ 1,7 million $CAN) qui accompagnent le Nobel. C'est la seconde fois seulement depuis 2000 qu'un seul lauréat est distingué pour le prix Nobel d'économie, d'ordinaire partagé entre deux ou trois chercheurs.

Le lauréat du Nobel d'économie 2008 a comparé la crise actuelle à la Grande Dépression des années 1930. «Nous assistons aujourd'hui à une crise aussi grave que celle qui a touché l'Asie dans les années 1990. Elle a certains points communs avec la Grande Dépression.»

Mais il s'est dit relativement optimiste sur la portée des efforts engagés de par le monde pour tenter d'arrêter l'hémorragie. «Je suis légèrement moins terrifié aujourd'hui que je ne l'étais vendredi», a-t-il assuré, après les réunions du G7 et de l'Eurogroupe, notamment, tenues en fin de semaine.

S'il a éreinté le gouvernement américain, Paul Krugman a salué les mesures prises par le gouvernement britannique, qui ont inspiré le plan d'action concertée qui a été adopté dimanche par les dirigeants des 15 pays de la zone euro et qui permet à l'État de garantir les prêts interbancaires et de recapitaliser des banques.

Dans un éditorial publié hier par The New York Times, il écrit ainsi que le premier ministre britannique, Gordon Brown, et le chancelier de l'Échiquier, Alistair Darling, «ont défini le caractère de l'effort mondial de sauvetage, les autres pays riches faisant du rattrapage».

Alors que le ministre américain des Finances, Henry Paulson, avait d'abord rejeté la recapitalisation publique des banques, le gouvernement britannique s'est, lui, «attaqué directement au coeur du problème» avec «une vitesse étonnante», loue-t-il. Et M. Paulson, note-t-il, après avoir «perdu plusieurs précieuses semaines», a finalement changé d'avis et s'apprête aujourd'hui à acheter des parts du capital des banques plutôt qu'à racheter des créances douteuses.






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