Les Bourses chutent en fin de séance
Hésitantes durant la majeure partie de la journée hier, les Bourses nord-américaines ont décroché en fin de séance. Le Dow Jones a encaissé une nouvelle chute hier, de 7,3 %, pour une septième séance consécutive, tombant sous les 9000 points et revenant à son niveau de mi-2003. La confiance n'y est tout simplement pas. En l'absence d'une action concertée des gouvernements face à la crise financière, les investissements boursiers s'enfoncent dans la correction.
Plus large et plus représentatif que le Dow Jones, l'indice S&P 500 a perdu 75,02 points, ou 7,6 %, à 909,92 points.
Toronto a suivi le mouvement de délestage observé à Wall Street avec son indice baromètre, le S&P/TSX, abandonnant 4,5 %, à 9600,18. À ce niveau, qui se veut le plus faible depuis mai 2005, l'indice baromètre perd le tiers de sa valeur depuis son record de juin. En comparaison, la chute du Dow se chiffre à 40 % depuis son sommet de 14 164,53 atteint il y a exactement un an. «C'est un signe classique d'un marché baissier, où les investisseurs vendent même après de bonnes nouvelles», a expliqué l'économiste en chef de Phillips, Hager et North, Patricia Croft
Jusque-là épargnées, les banques canadiennes ont été rattrapées par la crise financière, l'indice sectoriel perdant 7,5 % hier. Auparavant, les pertes à Toronto étaient essentiellement concentrées dans le segment des ressources naturelles. Même si le système bancaire canadien est reconnu comme étant le plus solide de la planète, selon le Forum économique mondial, la détérioration du marché du crédit et la paralysie des prêts interbancaires pourraient limiter les capacités des institutions financières canadiennes au point de pouvoir affecter les coûts du crédit à long terme, a précisé hier le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty.
Car malgré les interventions répétées et musclées des banques centrales, le problème de fond persiste: le marché interbancaire reste paralysé, car les banques ne se prêtent plus entre elles, paniquées à l'idée de possibles faillites. Les taux demandés sur ces marchés restent à des niveaux records.
Les ministres des Finances et banquiers centraux des pays du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) ont rendez-vous aujourd'hui sur fond de panique boursière. Ils sont attendus à la Maison-Blanche demain, à la suite d'un effort du président Bush voulant que l'action des pays soit coordonnée. Le président doit également faire une déclaration sur la crise financière mondiale en avant-midi, visant à assurer aux Américains que leurs dirigeants combattent cette crise, a annoncé la Maison-Blanche.
La journée a pourtant débuté sur une dépêche du New York Times affirmant que l'administration Bush envisagerait de poursuivre sa lutte contre la crise du crédit en imitant le Royaume-Uni et en prenant des participations dans certaines banques américaines. Les partisans de cette approche, comme le sénateur démocrate Charles Schumer, y voient un moyen efficace de soutenir les comptes des banques et de les amener à faire de nouveau crédit. Le contribuable profiterait de la mesure car le gouvernement recevrait des actions de la banque en échange.
«Cette idée serait au minimum complémentaire de l'approche de l'administration visant à racheter les mauvais actifs et pourrait être l'outil le plus prometteur à la disposition» du secrétaire au Trésor Henry Paulson, estime M. Schumer dans un communiqué.
La Grande-Bretagne a annoncé mercredi une mesure similaire: un plan de 50 milliards de livres (97,5 milliards $CAN) visant à procéder à la nationalisation partielle de grandes banques.
Auparavant, les marchés boursiers européens continuaient de s'enfoncer dans le rouge après un rebond initial, malmenés par les inquiétudes persistantes sur l'avenir du secteur bancaire. L'électrochoc des baisses de taux concertées de six grandes banques centrales occidentales annoncées mercredi n'aura finalement pas réussi à endiguer la spirale baissière.
Londres a terminé en recul de 1,2 %, Francfort de 2,5 %, Paris de 1,6 %. En Asie, les Bourses ont connu une accalmie. Après un plongeon historique mercredi, Tokyo a clôturé en petite baisse (0,5 %), Hong Kong a gagné 3,3 % et Singapour, 3,4 %.
Chute exagérée
Jeff Rubin, économiste en chef et stratège à Marchés mondiaux CIBC, reprenait hier une croyance de plus en plus généralisée voulant que ces ventes soient excessives. La panique actuelle pourrait pousser l'indice TSX de la Bourse de Toronto à 9500 cette année, croit-il. «Mais les indicateurs de base du marché ne justifient en rien les ventes massives et favoriseront probablement une importante reprise en 2009.» Parlant d'un monde soudainement dépourvu de repères, il peut être difficile de se faire une idée exacte de la conjoncture actuelle du marché en l'absence de telles références. Toutefois, «les investisseurs ne doivent pas perdre de vue le fait que nombre des indicateurs de base du passé n'ont pas changé», a-t-il martelé.
«Bien qu'il ne fasse maintenant presque plus aucun doute que la plupart des économies de l'OCDE sont en récession, peu d'éléments permettent de penser que la croissance soit sur le point de s'arrêter dans l'un ou l'autre des pays BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), principaux piliers de la croissance économique mondiale récente.» Et même si le mot récession est évoqué, Jeff Rubin retient «que la conjoncture de récession parmi les pays les plus riches du monde n'est pas encore assez profonde ni assez généralisée mondialement pour justifier les baisses vertigineuses de la valeur des titres de l'énergie et des autres ressources qui ont eu lieu au cours des derniers mois».
Le spécialiste estime improbable que le rythme de la croissance mondiale tombe en deçà de 3,5 % cette année ou la suivante. À ce pourcentage, «on est encore loin des taux qui ont été associés par le passé à un marché baissier prolongé pour les produits de base à l'échelle mondiale». Il demeure confiant de voir l'indice de Bay Street bondir à 12 000 points l'an prochain, pour une poussée de 30 % en 2009.
***
Avec l'Agence France-Presse
Plus large et plus représentatif que le Dow Jones, l'indice S&P 500 a perdu 75,02 points, ou 7,6 %, à 909,92 points.
Toronto a suivi le mouvement de délestage observé à Wall Street avec son indice baromètre, le S&P/TSX, abandonnant 4,5 %, à 9600,18. À ce niveau, qui se veut le plus faible depuis mai 2005, l'indice baromètre perd le tiers de sa valeur depuis son record de juin. En comparaison, la chute du Dow se chiffre à 40 % depuis son sommet de 14 164,53 atteint il y a exactement un an. «C'est un signe classique d'un marché baissier, où les investisseurs vendent même après de bonnes nouvelles», a expliqué l'économiste en chef de Phillips, Hager et North, Patricia Croft
Jusque-là épargnées, les banques canadiennes ont été rattrapées par la crise financière, l'indice sectoriel perdant 7,5 % hier. Auparavant, les pertes à Toronto étaient essentiellement concentrées dans le segment des ressources naturelles. Même si le système bancaire canadien est reconnu comme étant le plus solide de la planète, selon le Forum économique mondial, la détérioration du marché du crédit et la paralysie des prêts interbancaires pourraient limiter les capacités des institutions financières canadiennes au point de pouvoir affecter les coûts du crédit à long terme, a précisé hier le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty.
Car malgré les interventions répétées et musclées des banques centrales, le problème de fond persiste: le marché interbancaire reste paralysé, car les banques ne se prêtent plus entre elles, paniquées à l'idée de possibles faillites. Les taux demandés sur ces marchés restent à des niveaux records.
Les ministres des Finances et banquiers centraux des pays du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) ont rendez-vous aujourd'hui sur fond de panique boursière. Ils sont attendus à la Maison-Blanche demain, à la suite d'un effort du président Bush voulant que l'action des pays soit coordonnée. Le président doit également faire une déclaration sur la crise financière mondiale en avant-midi, visant à assurer aux Américains que leurs dirigeants combattent cette crise, a annoncé la Maison-Blanche.
La journée a pourtant débuté sur une dépêche du New York Times affirmant que l'administration Bush envisagerait de poursuivre sa lutte contre la crise du crédit en imitant le Royaume-Uni et en prenant des participations dans certaines banques américaines. Les partisans de cette approche, comme le sénateur démocrate Charles Schumer, y voient un moyen efficace de soutenir les comptes des banques et de les amener à faire de nouveau crédit. Le contribuable profiterait de la mesure car le gouvernement recevrait des actions de la banque en échange.
«Cette idée serait au minimum complémentaire de l'approche de l'administration visant à racheter les mauvais actifs et pourrait être l'outil le plus prometteur à la disposition» du secrétaire au Trésor Henry Paulson, estime M. Schumer dans un communiqué.
La Grande-Bretagne a annoncé mercredi une mesure similaire: un plan de 50 milliards de livres (97,5 milliards $CAN) visant à procéder à la nationalisation partielle de grandes banques.
Auparavant, les marchés boursiers européens continuaient de s'enfoncer dans le rouge après un rebond initial, malmenés par les inquiétudes persistantes sur l'avenir du secteur bancaire. L'électrochoc des baisses de taux concertées de six grandes banques centrales occidentales annoncées mercredi n'aura finalement pas réussi à endiguer la spirale baissière.
Londres a terminé en recul de 1,2 %, Francfort de 2,5 %, Paris de 1,6 %. En Asie, les Bourses ont connu une accalmie. Après un plongeon historique mercredi, Tokyo a clôturé en petite baisse (0,5 %), Hong Kong a gagné 3,3 % et Singapour, 3,4 %.
Chute exagérée
Jeff Rubin, économiste en chef et stratège à Marchés mondiaux CIBC, reprenait hier une croyance de plus en plus généralisée voulant que ces ventes soient excessives. La panique actuelle pourrait pousser l'indice TSX de la Bourse de Toronto à 9500 cette année, croit-il. «Mais les indicateurs de base du marché ne justifient en rien les ventes massives et favoriseront probablement une importante reprise en 2009.» Parlant d'un monde soudainement dépourvu de repères, il peut être difficile de se faire une idée exacte de la conjoncture actuelle du marché en l'absence de telles références. Toutefois, «les investisseurs ne doivent pas perdre de vue le fait que nombre des indicateurs de base du passé n'ont pas changé», a-t-il martelé.
«Bien qu'il ne fasse maintenant presque plus aucun doute que la plupart des économies de l'OCDE sont en récession, peu d'éléments permettent de penser que la croissance soit sur le point de s'arrêter dans l'un ou l'autre des pays BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), principaux piliers de la croissance économique mondiale récente.» Et même si le mot récession est évoqué, Jeff Rubin retient «que la conjoncture de récession parmi les pays les plus riches du monde n'est pas encore assez profonde ni assez généralisée mondialement pour justifier les baisses vertigineuses de la valeur des titres de l'énergie et des autres ressources qui ont eu lieu au cours des derniers mois».
Le spécialiste estime improbable que le rythme de la croissance mondiale tombe en deçà de 3,5 % cette année ou la suivante. À ce pourcentage, «on est encore loin des taux qui ont été associés par le passé à un marché baissier prolongé pour les produits de base à l'échelle mondiale». Il demeure confiant de voir l'indice de Bay Street bondir à 12 000 points l'an prochain, pour une poussée de 30 % en 2009.
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Avec l'Agence France-Presse
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