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Marchés boursiers - Le huard perd de l'altitude et recule de 2,18 cents US

Toronto — Le dollar canadien a de nouveau piqué du nez hier, chutant de plus de 2 ¢US en cours de séance.

En milieu de journée, le huard s'échangeait à 87,18 ¢, une baisse de 1,88 ¢ par rapport à la veille. Il a terminé la séance à 87,28 ¢, en recul de 1,78 ¢. Plus tôt, le dollar canadien retraitait de 2,18 ¢ vis-à-vis du dollar américain, et touchait un creux de 86,88 cents. Depuis le début septembre, il a perdu près de 7 ¢.

La devise canadienne a atteint l'an dernier des sommets grâce à la vigoureuse demande pour les ressources naturelles comme le pétrole, les céréales, les minéraux et la potasse. Mais le ralentissement économique au Canada et ailleurs dans le monde a fait reculer le cours des matières premières, coupant l'herbe sous le pied du huard.

La crise que vivent plusieurs des bourses de la planète et les marchés du crédit, ainsi que l'incertitude entourant l'issue de l'élection fédérale de mardi prochain, sont aussi évoquées pour expliquer les difficultés du huard. La devise est aussi victime de la hausse de la demande pour le dollar américain.

La dégringolade du prix des matières premières sensibles à la conjoncture économique, notamment l'énergie et les métaux industriels, signale que la crise financière est sortie du périmètre de Wall Street ou de la City et commence à toucher l'économie réelle. «Bien que tous les regards soient braqués sur la crise du crédit, sur les baisses de taux et sur le sauvetage des marchés financiers, la détérioration de l'économie réelle n'a pas échappé aux courtiers des matières premières», souligne l'analyste John Reade, de la banque UBS.

Les prix du pétrole, matière première la plus emblématique de toutes, ont reculé d'environ 45 % en trois mois, passant de près de 150 $ en juillet à 81 $ à Londres mardi.

L'or noir souffre à la fois d'être monté à un niveau de prix trop haut cet été, incitant les consommateurs à laisser leur voiture au garage, et des effets directs de la crise financière: les investisseurs ont vendu leurs participations dans ce marché en voyant la demande se contracter aux États-Unis et en Europe, mais aussi pour rapatrier des capitaux dans le contexte de la crise.

Mêmes causes, mêmes effets sur le marché du London Metal Exchange où s'échangent les métaux de base (cuivre, nickel, plomb...). Là aussi la crise fait grincer les dents: ces «commodities» sont revenues à des niveaux de prix pratiqués trois ans plus tôt.

Le Groupe international d'étude du cuivre (ICSG), qui tablait en début d'année sur un manque de ce métal sur le marché, a refait ses calculs hier en tenant compte de la crise. «Le déficit pour la première moitié de l'année, calculé à 100.000 tonnes, devrait être compensé par un surplus de 235.000 tonnes pour la seconde moitié» de 2008 en raison du «retournement des marchés mondiaux», affirme l'institut.

Star déchue des métaux, le nickel est retombé à 12 650 $ la tonne, son niveau de décembre 2005. Métal «de base» le plus cher jamais vendu, avec un record à 51 800 $ en mai 2007, il a vu son prix divisé par quatre en 18 mois.

La courbe des prix des métaux de base, consommés dans l'industrie et le bâtiment, épouse généralement les cycles de croissance: leurs prix sont donc habituellement considérés comme de bons indicateurs de conjoncture. «La faiblesse des métaux reflète la détérioration des perspectives économiques mondiales», souligne William Adams, du cabinet BaseMetals.

Ce sombre avenir a d'ailleurs été confirmé par le Fonds monétaire international (FMI), qui a nettement revu à la baisse mercredi sa prévision de la croissance mondiale, à 3 %.

Même les prix des matières premières alimentaires ont commencé à baisser: le départ des fonds d'investissement a fait plonger le cours du café à un niveau plus vu depuis un an.

L'unique rescapé de ce grand jeu de massacre est l'or dont le prix a insolemment grimpé à 921 $ mercredi, non loin de son record absolu du printemps (à 1032 $). Avant d'être un métal industriel, le métal jaune est d'abord un placement financier qui profite à plein de son attrait de valeur refuge par gros temps. Même les vendeurs de lingots d'or constatent cet engouement.






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