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250 économistes unissent leurs voix

8 octobre 2008  Actualités économiques
Photo : Agence Reuters
Paris — Au moment où l'UE s'efforce de trouver une parade à la crise, des économistes dans le monde prennent ensemble la parole pour demander aux dirigeants européens d'«unir leurs efforts» contre la crise financière «avant qu'elle ne devienne incontrôlable».

«Le problème n'est pas que nous ne savons pas comment arrêter les crises financières. Le problème est un manque de volonté politique», affirment des experts de diverses universités et instituts européens ou américains, dans un appel intitulé «Crise financière: que faire?». Cet appel, lancé notamment à l'initiative de Charles Wyplosz, de l'Institut des Hautes Études de Genève, et diffusé sur Internet dans plusieurs langues, a déjà été signé, selon eux, par 250 de leurs collègues.

«Les dirigeants européens doivent unir leurs efforts pour mettre un terme à cette crise avant qu'elle ne devienne incontrôlable, cela leur évitera d'avoir ensuite à se disputer sur la manière d'en gérer les conséquences», écrivent-ils.

«En Europe, ne sauver qu'une banque à la fois signifie soit qu'un seul pays s'engage, bien que les dégâts s'étendent aussi aux pays voisins, soit qu'une coordination improvisée débouche sur un accord de dernière minute sur le partage du fardeau budgétaire», analysent ces experts. Pour eux, il est «essentiel que les différentes autorités nationales s'entendent et coordonnent leurs réponses pour développer des solutions à l'échelle européenne là où il le faut».

Alors que cet appel circulait sur la toile, les Européens ont pris hier une première initiative concrète en décidant de renforcer à l'unisson la protection bancaire minimum de leurs épargnants pour éviter la panique.

Lors d'une réunion à Luxembourg, ils sont en revanche restés divisés sur l'opportunité d'un grand plan de secours paneuropéen pour les banques, comme aux États-Unis.

À l'instar des signataires de l'appel, d'autres économistes réclament une intervention concertée de l'Europe. Ainsi, pour Elie Cohen, le «lundi noir» vécu par les Bourses est notamment lié au «constat que les Européens réunis en catastrophe» le week-end dernier par le président Nicolas Sarkozy «n'ont été capables de se mettre d'accord sur rien pour sauver les institutions européennes».

«Il faut absolument donner des garanties en montrant que les autorités publiques peuvent agir. On ne peut plus se permettre d'attendre alors qu'il y a un sentiment d'urgence», résume-t-il.

La «défiance» envers l'euro, attaqué sur les marchés monétaires, est liée à «l'incapacité des dirigeants européens à mettre en place en catastrophe un mécanisme qui puisse traiter ce type de difficultés», analyse aussi M. Cohen, favorable à un fonds européen pour secourir les entreprises menacées.

«Il faut un plan européen de la même ampleur que celui du plan Paulson» aux États-Unis, doté d'environ 700 milliards $US, renchérit Michel Aglietta, professeur d'économie à Paris X-Nanterre.

Mais ce dispositif doit, selon lui, s'accompagner d'un vaste plan de relance budgétaire qui permettrait aux gouvernements de soutenir la croissance par la dépense publique, «élément essentiel de résolution de la crise».

Lundi à Paris, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a lui aussi averti que pour passer «l'épreuve du feu», les autorités de la zone euro devaient se montrer capables «d'apporter des réponses concertées, quelque chose de stabilisant», sous peine de se voir plus «désemparées qu'elles n'auraient été» sans l'instauration de la monnaie unique.
 
 
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