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Crise financière - Sarkozy déterminé à organiser la riposte malgré les réticences allemandes

2 octobre 2008  Actualités économiques
Des membres du syndicat UNITE, en Grande-Bretagne, manifestent pour exposer les effets néfastes de la crise financière actuelle. Après les États-Unis, c’est maintenant l’Europe qui doit trouver des façons de se sortir de la crise. Le président
Photo : Agence Reuters
Des membres du syndicat UNITE, en Grande-Bretagne, manifestent pour exposer les effets néfastes de la crise financière actuelle. Après les États-Unis, c’est maintenant l’Europe qui doit trouver des façons de se sortir de la crise. Le président
Paris — Nicolas Sarkozy se montrait déterminé hier à organiser la riposte européenne à la crise financière, malgré les réticences de l'Allemagne qui s'oppose à l'idée de Paris d'un plan européen pour les banques, préférant une gestion au cas par cas des faillites bancaires.

Le président français continuait dans la soirée ses consultations pour organiser «à la fin de la semaine» une réunion des chefs d'État et de gouvernement des quatre pays européens du G7 (Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie), avec José Manuel Barroso (président de la Commission européenne), Jean-Claude Juncker (président de l'Eurogroupe), et Jean-Claude Trichet (président de la Banque centrale européenne).

«L'objectif, c'est d'organiser cette réunion rapidement, c'est-à-dire avant la fin de la semaine. Et ça à l'air de plutôt bien progresser», a indiqué une source proche de l'Elysée, interrogée par l'AFP.

Nicolas Sarkozy avait annoncé lundi à Marseille une réunion de préparation d'un sommet pour la «refondation du système financier international», qu'il voudrait voir se dérouler «dans les semaines qui viennent».

Dans un courrier à M. Barroso, daté du 10 septembre, cinq jours avant la faillite de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers, M. Sarkozy avait appelé à une «surveillance plus efficace» des marchés financiers européens.

«L'Europe de la finance ne peut pas faire abstraction des règles de l'éthique, de la morale et de la responsabilité», avait-il estimé.

Les dirigeants italien Silvio Berlusconi et allemand Angela Merkel ont donné leur accord pour participer à la réunion de Paris, de même que MM. Barroso, Juncker et Trichet. Selon MM. Berlusconi et Juncker, cette réunion aura lieu samedi, mais l'Elysée n'a pas confirmé cette date.

Seul le Premier ministre britannique Gordon Brown n'avait pas encore confirmé sa présence.

Hier, alors que M. Juncker a «applaudi des deux mains l'initiative du président Sarkozy», qui veut «prendre le leadership» de la réponse mondiale à la crise financière, et que M. Barroso a appelé à «une coopération plus étroite» des gouvernements européens face à la crise, la chancelière allemande a fait part de ses réticences.

Selon un porte-parole du ministère des Finances allemand, Berlin est fermement opposé à la proposition française d'un fonds européen destiné à empêcher toute faillite bancaire, tel qu'il est présenté par la ministre française de l'Économie Christine Lagarde, dans une interview à paraître jeudi dans le quotidien allemand Handelsblatt.

Le financement de ce fonds européen a toutefois donné lieu à une certaine confusion hier. Aucune information officielle n'a été donnée jusqu'ici sur le montant d'un tel plan.

Il a été évalué à 300 milliards d'euros par une source gouvernementale européenne, chiffre immédiatement «démenti catégoriquement» par le ministère français de l'Économie et des Finances.

Selon une source proche du dossier, ce montant serait en réalité une proposition néerlandaise, à laquelle la France ne s'associe pas. Mais le ministère des Finances néerlandais a assuré à son tour qu'il ne «savait rien d'un tel plan» de sauvetage.

L'Allemagne, qui juge son secteur bancaire solide, plaide jusqu'ici pour une gestion au cas par cas des crises bancaires : Angela Merkel ne «peut pas et n'entend pas accorder de chèques en blanc aux banques», dit-elle dans un entretien à paraître aujourd'hui.
 
 
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