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Bond historique du cours du pétrole

Le prix du baril a gagné 16,37 $US en une journée, sur fond de pessimisme

Les cours pétroliers ont effectué un bond historique hier. Renfermant une composante plus technique, la hausse de 16 % mesurée hier n'en traduit pas moins un scepticisme à l'endroit du plan de sauvetage de 700 milliards concocté la semaine dernière par l'administration Bush visant à sortir les institutions financières de leur bourbier. Une course vers les matières premières devenues valeurs refuges a entraîné une nouvelle chute des cours boursiers. L'euphorie de vendredi aura été éphémère.

À leur sommet en séance à New York, les cours pétroliers affichaient un gain de 25,45 $US le baril, à 130 $US. Ce prix de référence portait sur le contrat pour livraison d'octobre, dont l'arrivée à échéance hier a provoqué des jeux de portefeuilles plus techniques venant amplifier le mouvement. Ce prix s'est néanmoins établi à 120,92 $US en fermeture, en hausse de 16,37 $US le baril. Un bond sans précédent!

Le prix sur le contrat pour livraison en novembre, qui devient la nouvelle référence, a inscrit une progression de 6,62 $US, à 109,37 $US.

Ce saut vient s'ajouter à celui de 6 $US mesuré vendredi, dans la foulée de l'annonce d'un plan de sauvetage de 700 milliards visant à délester les institutions financières américaines de leur mauvais crédit. Mais si le climat de vendredi était à l'euphorie, celui d'hier était plutôt au doute et au scepticisme. Il s'en est suivi une course vers les valeurs refuges, dont l'or, qui a gagné 44,30 $US l'once pour revenir au-dessus des 900 $US (903,90 $US). D'ailleurs, même si les cours pétroliers ont progressé, le secteur de l'énergie de la Bourse de Toronto a fondu de 1,8 % hier, ce qui vient témoigner du pessimisme ambiant.

Ainsi, à l'opposé, la moyenne des 30 industrielles Dow Jones a fermé en baisse de 3,3 % hier alors que l'indice S&P 500, plus représentatif, a abandonné 3,8 %. À Toronto, un mouvement de vente des titres d'institutions financières a forcé l'indice S&P/TSX à se replier de 2,1 %, ou de 274,92 points. Il s'agit d'un net contraste par rapport au bond de plus de 800 points, ou de 7 %, enregistré vendredi.

La rechute des marchés boursiers, de même que la flambée des cours pétroliers et aurifères, reflète l'absence de détails quant au plan de sauvetage annoncé par l'administration Bush, voire le doute quant à son efficacité ou son impact réel. D'ailleurs, le président américain tentera aujourd'hui, dans un discours d'adieu devant l'assemblée générale de l'ONU, de convaincre la planète que la situation est maîtrisée.

En apparence très coûteux en fonds publics, il renferme également un potentiel inflationniste. Sans compter le poids qu'il exerce sur l'endettement du gouvernement américain. Il en a résulté une chute du dollar américain par rapport aux principales devises, un repli qui est venu amplifier la flambée des cours pétroliers. L'euro remontait hier à 1,47 $US et le dollar canadien s'est apprécié de 1,52 ¢US, à 96,77 ¢US.

«Le marché souffle après les événements gigantesques de la semaine dernière. Tout le monde a besoin de digérer le plan Paulson et de savoir comment le Congrès américain va l'accueillir», a expliqué un vendeur d'actions parisien.

Le repli du dollar par rapport à l'euro était également qualifié d'historique hier. La monnaie européenne a atteint un haut en séance de près de 1,49 $US, contre un peu moins de 1,45 $US vendredi, «affichant ainsi sa plus forte hausse quotidienne face au dollar depuis sa création, en 1999», soulignaient les cambistes. «Les incertitudes qui entourent le plan du Trésor pour venir au secours des marchés financiers américains ont clairement mis le dollar sous pression.»

L'hésitation paraissait également dans l'appui timide formulé hier par le G7. Les principaux pays ont certes accueilli favorablement le plan américain en réitérant leur soutien aux mesures adoptées. Mais le G7 est demeuré plutôt flou sur la suite à donner à cette initiative, alors que le secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson, a appelé les autres grands pays industrialisés à dupliquer l'initiative des États-Unis.

«Nous sommes prêts à prendre, individuellement ou collectivement, toutes les mesures nécessaires pour assurer la stabilité du système financier», ajoute simplement le texte publié au nom de l'Allemagne, du Canada, des États-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne, de l'Italie et du Japon. «Nous reconnaissons l'importance qu'il y a à rendre la régulation plus efficace et à ramener les investisseurs sur des marchés liquides et stables», soulignaient les ministres en référence aux préoccupations des membres européens sur les excès de la libéralisation.

***

Avec l'Agence France-Presse
 
 
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    23 septembre 2008 12 h 22
    Le capitalisme agonise.
    D'un côté, le libéralisme : le cours du pétrole, vraiment important dans notre économie, qui dépend de la spéculation boursière. De l'autre, le socialisme : le gouvernement américain qui achète à coût de milliards les faillites de grandes institutions américaines. Dans les deux cas, à l'avantage opportuniste du système capitaliste. À la limite, je dirais par anticipation que trop d'opportunisme conduit inévitablement à la déroute. Ma question est la suivante: C'est à l'avantage de qui?

    JM
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