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GES - La plupart des grandes sociétés québécoises refusent de dévoiler leur bilan

La plupart des sociétés ouvertes québécoises sollicitées par le Carbon Disclosure Project (CDP) ont refusé de dévoiler publiquement leurs émissions de gaz à effet de serre (GES).

Des 28 entreprises québécoises contactées par le CDP, sept ont refusé de répondre et dix n'ont pas voulu que leurs réponses soient rendues publiques. Onze ont accepté.

Astral Media, le Groupe Jean Coutu, Power Corporation, Quebecor, Reitmans, Saputo et TransForce ont refusé net de répondre au questionnaire du CDP, selon le site web de l'organisme.

La société mère d'Air Canada, ACE Aviation, la Banque Nationale , Bell Canada, CAE, Cascades, CGI, Gildan, l'Industrielle Alliance, Quebecor Worl et Rona ont répondu, mais n'ont pas voulu que leurs réponses soient rendues publiques. Il faut dire que plusieurs de ces sociétés produisent relativement peu d'émissions de GES dans le cadre de leurs activités, du moins pas directement.

Le Carbon Disclosure Project est une initiative mondiale visant à sensibiliser les entreprises publiques à l'importance de combattre les changements climatiques. Plus de 385 investisseurs institutionnels du monde entier appuient le projet, dont la Caisse de dépôt et placement du Québec, le Régime de pension des enseignants de l'Ontario et l'Office d'investissement du Régime de pensions du Canada.

Plus de trois ans après l'entrée en vigueur du protocole de Kyoto au Canada, plusieurs entreprises ne se sont toujours pas dotées d'un plan de réduction des émissions de GES. Des 10 sociétés qui ont accepté que leurs réponses au CDP soient publiées, la moitié l'a fait et l'autre moitié ne l'a pas fait.

Dans les documents rendus publics, on apprend que Bombardier a réussi à réduire ses émissions de GES de cinq pour cent par année depuis 2003, pour une diminution totale de 15 %, conformément à ses objectifs. L'effort n'a rien coûté à Bombardier, au contraire: en 2007, les réductions ont permis au constructeur de réaliser des économies de 5 millions à ses installations aéronautiques de Belfast, Toronto, du Mexique, de Montréal, de Chicago et de Tucson.

De son côté, AbitibiBowater prévoit avoir investi 84 millions en 2007 et en 2008 dans des mesures ayant pour but de réduire ses émissions. Le rendement sur l'investissement ne tardera pas: l'entreprise s'attend à des économies annuelles récurrentes de 27 millions. Domtar s'est aussi doté d'un plan de réduction des GES, mais celui-ci ne comprend pas d'objectifs chiffrés.

Alimentation Couche-Tard prévoit consacrer 5,1 millions par année, pendant cinq ans, à son plan. L'objectif que l'entreprise s'est fixé demeure toutefois modeste: limiter l'augmentation de ses dépenses en énergie à l'inflation. On incite aussi les employés à recycler et les dirigeants à favoriser les téléconférences au détriment des voyages.

Pour sa part, le Canadien National, grâce à son plan de réduction calqué sur celui de l'Association des chemins de fer du Canada, dit avoir réduit de deux pour cent l'intensité de ses émissions depuis 2006.

De toutes les entreprises québécoises qui ont répondu au CDP, seule Bombardier affirme s'être fixé des objectifs de réduction absolus, comme le prévoit le protocole de Kyoto.

Aeroplan, Metro, SNC-Lavalin, Transcontinental et les Pages Jaunes ont répondu au questionnaire du CDP mais n'ont pas encore établi de plan de réduction des GES. Elles disent toutes y travailler. Gaz Métro dévoilera son rapport plus tard cet automne.

La version canadienne du rapport 2008 du CDP sera publiée au début novembre. Dans le rapport mondial, dévoilé lundi à New York, on apprend que 74 % des 500 plus importantes sociétés mondiales qui ont répondu au CDP se sont fixé des objectifs de réduction des GES. Quelque 77 % des grandes entreprises sollicitées ont rempli le questionnaire, soit le même taux que l'année dernière.
 
 
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