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Crise financière: le Congrès agira vite

Obama critique le plan de sauvetage de 700 milliards

Le secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson
Photo : Agence Reuters
Le secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson
Le Congrès américain et le secrétaire au Trésor, Henry Paulson, apportent les dernières touches au projet de loi qui permettrait un rachat à hauteur de 700 milliards de dollars des actifs à risques liés aux crédits immobiliers détenus par les banques et les institutions privées «ayant leur siège aux États-Unis».

Le secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson, a précisé, hier, que les 700 milliards qu'il demande pour sauver les banques ne représentent qu'un chiffre indicatif, car les sommes qui seront dépensées pourront être inférieures ou supérieures. «Si la limite est de 700 milliards, cela ne veut pas dire qu'on ira jusque-là, ni qu'on s'arrêtera là et qu'on ne demandera pas plus [si nécessaire]», a-t-il dit sur la chaîne de télévision CBS.

Mais le montant fixé dans le projet de loi doit être «le bon montant, qui nous donnera plein de flexibilité pour faire ce qu'il faut».

Le président de la commission économique mixte du Congrès et sénateur démocrate de New York, Charles Schumer, avait révélé, samedi, que M. Paulson et le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, avaient annoncé un chiffre inférieur à 700 milliards lors d'une réunion d'urgence avec des responsables du Congrès plus tôt durant la semaine.

Mais le gouvernement «ne veut pas jouer petit, parce qu'il lui faudra beaucoup de latitude rapidement si l'économie est aussi mal en point qu'ils nous l'ont expliqué», a affirmé Charles Schumer.

Le secrétaire Paulson a souligné qu'il escomptait, à terme, revendre les actifs douteux, ce qui devrait alléger la facture finale pour les contribuables américains. «Il ne s'agit pas d'argent qu'on dépense en sachant qu'on ne pourra jamais le récupérer, a-t-il dit. Je ne peux pas dire quel sera le coût du processus [...], le coût final sera déterminé par la vitesse à laquelle l'économie se stabilisera et par ce qui se passe sur les marchés immobiliers.»

Le projet de loi des autorités fédérales pour assainir les marchés financiers en crise plafonne à 700 milliards de dollars le rachat des actifs à risques liés aux crédits immobiliers détenus par les banques et les institutions privées américaines.

Le projet de l'administration républicaine prévoit la reprise par le Trésor des créances douteuses liées de près ou de loin au marché du crédit immobilier, dans le but d'empêcher une propagation à l'ensemble de l'économie de la crise financière la plus grave subie par les États-Unis depuis la «grande dépression».

L'annonce de l'intervention des autorités fédérales a renversé vendredi la tendance des marchés financiers américains et mondiaux, qui ont clôturé en forte hausse après une semaine de chute sans précédent depuis la crise de 1929.

L'intervention des pouvoirs publics était «justifiée» et «essentielle» au vu de la «situation précaire» des marchés financiers et de leur «rôle vital dans la vie quotidienne du peuple américain», avait souligné vendredi le président des États-Unis, George W. Bush.

Lors de son intervention radiophonique hebdomadaire, George W. Bush a reconnu, samedi, que les foyers fiscaux américains seraient mis à contribution.

«Mais je suis convaincu que cette approche hardie coûtera moins aux familles américaines que l'alternative. De nouvelles tensions sur nos marchés financiers causeraient des pertes d'emplois massives, ravageraient les caisses de retraites, réduiraient encore les valeurs immobilières et assécheraient les nouveaux prêts pour les maisons, voitures et bourses étudiantes», a indiqué George W. Bush.

Le projet a été transmis samedi au Congrès, dont les deux chambres sont dominées par les démocrates. Des élus démocrates ont dit espérer un vote favorable rapide, mais ils entendent néanmoins modifier le texte, notamment pour plafonner la rémunération des dirigeants des entreprises concernées et pour y ajouter des mesures d'aide aux propriétaires immobiliers.

Le Congrès espère adopter dans la semaine le plan d'assainissement des marchés financiers préparé par l'administration fédérale, a déclaré samedi le sénateur Charles Schumer. «L'objectif est que ce plan soit d'ici vendredi sur le bureau du président», a-t-il dit.

Un plan de sauvetage au prix «ahurissant», selon Obama

Le candidat démocrate à la Maison-Blanche, Barack Obama, a jugé, hier, «ahurissants» les 700 milliards du plan de sauvetage des établissements financiers.

«Pour l'heure, l'administration Bush n'a pas présenté un plan, simplement un concept au prix ahurissant. Même si le Trésor récupère avec le temps une plus ou moins grande partie de son investissement, cette mise initiale de 700 milliards donne à réfléchir», a-t-il dit lors d'un rassemblement électoral à Charlotte en Caroline du Nord.

«Et en échange de leur soutien, les Américains doivent être assurés que cet accord reflète les principes fondamentaux de transparence, d'équité et de réforme», a-t-il ajouté.

Pour Obama, il est essentiel que le projet définitif protège les contribuables et les propriétaires immobiliers et comporte un engagement en faveur de réformes des règles encadrant le secteur financier afin de prévenir une autre crise.

À ses yeux, la crise financière à l'origine de ce plan de sauvetage résulte de la politique économique du Parti républicain de son rival, John McCain, qu'il qualifie de «Grand dérégulateur».

«Nous assistons aux conséquences désastreuses de cette philosophie [...] et, pourtant, le sénateur McCain, qui admettait avec candeur il n'y a pas si longtemps ne pas connaître l'économie autant qu'il le devrait, souhaite poursuivre sur cette même voie désastreuse», a affirmé Barack Obama.

Le candidat républicain à la présidentielle américaine, John McCain, a pour sa part reproché, hier, à son adversaire Barack Obama de manquer des qualités qui font un dirigeant, prenant notamment comme exemple la crise économique.

«Qu'il s'agisse d'un retournement de la guerre ou d'une urgence économique, il réagit en homme politique et non en dirigeant, et cherche un avantage pour lui-même plutôt qu'une solution pour son pays», a dit M. McCain de son adversaire au cours d'un discours de campagne devant les réservistes de la Garde nationale à Baltimore au Maryland.

M. McCain a rappelé qu'il a proposé un plan pour sortir les États-Unis de la crise financière, alors que «le sénateur Obama a refusé de présenter son propre plan».

***

avec l'AFP et Reuters
 
 
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  • andré michaud - Inscrit
    22 septembre 2008 08 h 16
    Vivement une nouvelle règlementation
    Il faudra rapidement changer les règles du jeu et mieux protéger les épargnants en accentuant la surveillance et en punissant sèvèrement les "crosseurs" du système...il en va de la crédibilité du système économique
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  • Labelle Michel - Inscrit
    22 septembre 2008 11 h 27
    Agir vite, oui et voici pourquoi
    Il faut agir vite, car il faut :
    - Éviter que les journalistes, déjà muselés, enquêtent sur le scandale.
    - Éviter que soit ébruité le fait que Barak Obama a reçu 112 000 $ de Fannie Mae, ce qui en fait le plus important bénéficiaire de cette société en faillite.
    - Éviter que les Américains se rendent compte qu'après avoir été dépouillés de leurs droits civils, perdu leur emploi imparti en Asie, perdu leur maison, ils subiront une ponction de 5,5 trillions de dollars (700 G$ ne constituent que le 1er versement).
    - Éviter que les Américains se rendent compte qu'on se moque d'eux : Alan Greenspan et Chris Dodd Chairman of Senate Banking Committee disent qu'ils n'ont rien vu venir.
    - Éviter que les Américains se rendent compte que la corruption est présente à tous les échelons de l'Administration américaine et que la ploutocratie tire toutes les ficelles.
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  • André Chamberland - Inscrit
    23 septembre 2008 07 h 45
    Et pourquoi ne pas laisser couler ces pirates économiques ?
    Déresponsabiliser les banques et financiers spéculateurs ressemble à la déresponsabilisation des accrocs du casino, des drogues, du cellulaire, etc.
    C'est encourager les spéculateurs et écraser le peuple qui gagne durement son argent et qui peine à joindre les deux bouts.
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