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Les monarchies du Golfe adoptent un projet d'accord sur une union monétaire

18 septembre 2008  Actualités économiques
Le ministre qatari des Finances, Youssef Kamal, lors d’une rencontre pour mettre sur pied un projet d’accord pour la création d’une union monétaire et d’un Conseil monétaire pour les six monarchies pétrolières du Golfe
Photo : Agence Reuters
Le ministre qatari des Finances, Youssef Kamal, lors d’une rencontre pour mettre sur pied un projet d’accord pour la création d’une union monétaire et d’un Conseil monétaire pour les six monarchies pétrolières du Golfe
Djeddah — Les ministres des Finances des six monarchies pétrolières du Golfe ont adopté hier à Djeddah un projet d'accord pour la création d'une union monétaire et d'un Conseil monétaire, future banque centrale du Golfe, a-t-on appris de source officielle.

Parallèlement, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, qui se trouvait à Djeddah, a affirmé, à propos de la crise financière actuelle, que «d'autres institutions financières» connaîtraient sans doute prochainement elles aussi «des problèmes».

Les ministres se sont mis d'accord sur un projet de «convention sur une union monétaire et les statuts d'un conseil monétaire», en vue d'établir une monnaie unique que les États membres espèrent lancer en 2010, a déclaré à l'AFP le secrétaire général du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), Abderrahmane Al-Attiyah. Ce document sera soumis à l'approbation du sommet annuel des chefs d'État du CCG (Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar), qui aura lieu avant la fin de l'année à Mascate.

Mais l'adoption de ce projet, hier à Djeddah, sur la mer Rouge, «marque un pas important en vue du lancement de la monnaie unique», a ajouté M. Attiyah.

Septicisme

Le choix du siège du conseil monétaire, appelé à devenir la future Banque centrale du Golfe, a été renvoyé à une réunion conjointe des ministres des Finances et de l'Économie et de ceux des Affaires étrangères de l'organisation qui se tiendra le 26 octobre à Mascate, a indiqué M. Attiyah.

Les milieux financiers restent très sceptiques sur la possibilité pour la monnaie unique de voir le jour dès 2010. Lors de leur dernier sommet, en décembre 2007, les chefs d'État du CCG ont pourtant maintenu cette date.

En marge de la réunion ministérielle, les gouverneurs des banques centrales des six pays du CCG ont eu un entretien avec M. Strauss-Kahn, a indiqué à l'AFP M. Attiyah. Selon une autre source régionale, la crise financière américaine a été évoquée lors de cette rencontre annuelle entre les pays du Golfe et les responsables du FMI. «Nous nous attendons à ce que dans les semaines ou mois qui viennent il y ait d'autres institutions financières qui aient des problèmes», a déclaré à la presse M. Strauss-Kahn, dont les propos étaient rapportés par Dow Jones Newswires.

Les monarchies arabes du Golfe, qui connaissent un boom économique à la faveur des recettes pétrolières record générées par la flambée des cours ces dernières années, ont vu leurs marchés boursiers chuter fortement lundi à l'annonce de la quasi-faillite de la banque d'investissement américaine Lehman Brothers et de la baisse brutale du prix du pétrole.

La réunion ministérielle de Djeddah a aussi passé en revue les moyens de consolider l'intégration économique des pays du CCG et fait le point de leurs relations avec les autres groupements économiques, notamment l'Union européenne (UE).

À ce propos, M. Attiyah a indiqué que le projet d'accord de libre-échange entre le CCG et l'UE serait de nouveau discuté lors de la réunion du 26 octobre, en présence des ministres des Affaires étrangères. «Les États membres du CCG adopteront alors une position définitive sur la suite à donner aux négociations avec la partie européenne», a-t-il dit.

Les deux blocs ne parviennent toujours pas à régler les problèmes qui empêchent la conclusion d'un accord pour lequel les négociations ont débuté en 1988.

En tournée dans le Golfe en avril, la commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, avait indiqué que la question des droits de l'Homme figurait parmi les questions en suspens.
 
 
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