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Bay Street parvient à freiner sa chute

L'indice torontois clôture avec un gain de 2,28 points, un baume sur une des pires semaines de son existence

La Bourse de Toronto a réussi hier à clôturer sur une note stable, mettant ainsi fin à une des pires semaines de son existence où elle a souffert d'un désinvestissement massif du secteur des ressources naturelles.

L'indice vedette du parquet torontois plongeait de plus de 200 points plus tôt en séance, mais le secteur de l'énergie s'est ressaisi en après-midi pour permettre au S&P/TSX de clôturer en hausse de 2,28 points à 12 816,42 points.

Malgré ce minuscule gain, la Bourse de Toronto a cédé 6,6 % sur l'ensemble de la semaine, soit 955 points, victime des pertes des secteurs de l'énergie et des métaux.

La Bourse de Toronto n'a pas fait figure d'exception puisque les marchés d'actions du monde entier ont éprouvé des difficultés cette semaine, les investisseurs semblant avoir perdu confiance dans les conditions économiques, particulièrement à la suite de la publication, hier, de données pires que prévu sur l'emploi aux États-Unis.

Le département américain du Travail a rapporté la perte nette de 84 000 emplois au mois d'août, tandis que le taux de chômage y a grimpé à 6,1 %, contre 5,7 % le mois précédent. Au Canada, le marché du travail a repris du mieux, Statistique Canada ayant rapporté l'ajout net de 15 200 emplois à l'économie le mois dernier. Le taux de chômage est pour sa part resté stable à 6,1 %.

Le dollar canadien a pris 55 centièmes à 94,05 ¢US.

Le baril de pétrole brut a reculé hier de 1,66 $US, à 106,23 $US, à la Bourse des matières premières de New York (NYMEX). Le brut a retraité de 9,23 $US, soit près de 8 %, sur l'ensemble de la semaine, après que l'ouragan Gustav eut essentiellement épargné les installations pétrolières au large des côtes américaines du golfe du Mexique. Le cours du brut s'est aussi déprécié en raison d'une hausse du dollar américain.

Fannie et Freddie

La baisse des marchés boursiers, inquiets de la situation économique mondiale, s'est poursuivie hier à travers la planète, Wall Street parvenant toutefois à se hisser à l'équilibre en fin de journée malgré le bond du chômage aux États-Unis. Après avoir dégringolé d'environ 3 % jeudi, les deux principaux indices américains, encore en difficulté hier matin, ont terminé à l'équilibre: le Dow Jones a gagné 0,3 % tandis que le Nasdaq perdait 0,1 %. Les chiffres sur le chômage «montrent que nous sommes probablement proches de la récession», a relevé Peter Cardillo, d'Avalon Partners.

Mais un regain d'intérêt pour les valeurs financières, tirées par la banque d'affaires Lehman Brothers, a permis à Wall Street de se rétablir, d'autant que les investisseurs avaient anticipé les mauvais chiffres du chômage.

Chez les financières, le Trésor américain est sur le point de finaliser son plan de sauvetage des deux groupes de refinancement hypothécaire Freddie Mac et Fannie Mae, avançait hier le Wall Street Journal dans sa version en ligne. Une annonce pourrait intervenir dès ce week-end selon le quotidien, citant des sources proches du dossier.

Des réunions sont prévues dans l'intervalle entre le président de la Réserve fédérale (Fed) Ben Bernanke, le secrétaire au Trésor Henry Paulson, les dirigeants de Freddie et Fannie, ainsi que des représentants du nouveau régulateur de ces deux groupes, la FHFA (Federal Housing Finance Agency). La nouvelle faisait bondir les actions de Freddie Mac et Fannie Mae à la clôture de la Bourse de New York, de respectivement 3 % et de 10 %.

En juillet, l'administration américaine avait annoncé le principe d'un plan d'urgence pour aider les deux groupes, malmenés en Bourse par les investisseurs, qui les trouvent insuffisamment capitalisés au regard de l'énormité de leurs engagements. Freddie Mac et Fannie Mae détiennent ou garantissent 5200 milliards de dollars de créances hypothécaires, soit plus de 40 % de l'encours de crédit immobilier de la première puissance économique mondiale.

Planétaire

Si la Bourse de New York n'a pas paniqué face à la dégradation du marché de l'emploi, son redressement est intervenu trop tardivement pour enrayer la dégringolade des places européennes. La Bourse de Paris a ainsi clôturé sur une nouvelle forte baisse, l'indice CAC 40 abandonnant 2,5 % à 4196,66 points après avoir déjà lâché 3,2 % jeudi.

«Jusqu'à présent, les marchés avaient parié sur un net rebondissement de l'économie américaine et sur un assouplissement de la politique monétaire européenne. Ces deux derniers jours ont déjoué leurs attentes», a estimé Yves Marçais, vendeur d'actions chez Global Equities.

La Bourse de Londres a aussi terminé en fort recul, l'indice Footsie-100 perdant 2,3 % à 5240,70 points, soit un troisième recul de plus de deux points de pourcentage en trois séances. Même phénomène à Francfort, où le Dax a perdu 2,4 % à 6127,44 points, après un recul de près de 3 % jeudi.

À Moscou, la Bourse russe s'est laissée aller à la panique, affolée comme ses pairs par l'atrophie de la conjoncture mondiale, qui se conjugue dans son cas avec la dégradation des relations économiques avec l'Occident depuis le début de la crise en Géorgie. Résultat: l'indice RTS a terminé la journée en baisse de 3,8 %.

Hier, les places asiatiques ont elles aussi répercuté durement le coup de froid de Wall Street la veille. La Bourse de Tokyo a clôturé en baisse de 2,8 %, Hong Kong a perdu 2,2 %, Singapour 2 % et Shanghai 3,3 %. En Amérique latine, São Paulo a monté de 1 %, mais Buenos Aires a perdu 0,9 %, Mexico 1 %, Caracas 0,5 % et Bogota 0,8 %.
 
 
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