Couche-Tard ne comprend pas les accusations de collusion portées contre elle
Photo : Agence Reuters
Le président et chef de la direction de Couche-Tard, Alain Bouchard, croit que les stations-service ont encore un bel avenir devant elles.
Laval — Il faut être «naïf» pour croire que les stations-service ont besoin de recourir à la collusion, a lancé hier le président et chef de la direction d'Alimentation Couche-Tard, Alain Bouchard.
«Honnêtement, je ne comprends pas», a déclaré M. Bouchard en conférence de presse à l'issue de l'assemblée annuelle des actionnaires de la société, tenue dans un hôtel de Laval. «On affiche le prix tous les jours sur le poteau. Quel avantage ont les détaillants à se parler? Je pense que c'est des gens qui ont été très naïfs s'ils se sont parlés pour se donner une heure [à laquelle] le prix devrait changer. Onze heures ou midi, ça ne change pas grand chose. On a seulement à monter dans le poteau et à changer le prix.»
En juin, le Bureau de la concurrence a porté des accusations criminelles contre 11 entreprises et 13 individus dans ce qu'il soupçonne être un complot en vue de fixer les prix de l'essence dans les régions de Sherbrooke, Magog, Thetford Mines et Victoriaville. Couche-Tard et deux de ses employés, Richard Bédard et Céline Bonin, ont été accusés.
M. Bédard travaille toujours chez Couche-Tard, mais a été muté à un autre poste, a indiqué Alain Bouchard, en précisant que la direction avait accepté les explications de l'accusé. Mme Bonin, qui travaillait à la «gestion des prix», est quant à elle partie à la retraite.
Ces accusations se sont ajoutées aux nombreux problèmes qu'a connus Couche-Tard au cours de la dernière année. L'entreprise lavalloise, qui exploite des dépanneurs et des stations-service au Canada et aux États-Unis, a vu ses marges bénéficiaires fondre au sud de la frontière à cause de la flambée des prix du pétrole. Elle a aussi pâti sérieusement du ralentissement américain.
Résultat: les profits nets de Couche-Tard ont reculé de 3,6 % au cours de l'exercice terminé le 27 avril en dépit d'une augmentation de 27,2 % du chiffre d'affaires. Comme la société n'a pas atteint ses objectifs, la plupart de ses dirigeants, dont M. Bouchard, n'ont pas touché de prime générale l'année dernière, mais seulement des primes liées à leurs buts personnels. Par conséquent, le salaire du grand patron est passé de 1,9 million en 2006-07 à 1,2 million en 2007-08 — sans compter qu'il n'a pas reçu de rémunération en actions.
Pour l'exercice en cours, Couche-Tard a notamment promis d'augmenter ses profits. Si l'objectif n'est pas atteint, aucune prime générale ne sera versée, a assuré Alain Bouchard.
Réduction des coûts
Dans l'espoir de redresser la situation, Couche-Tard a annoncé hier qu'elle allait mettre en oeuvre dès maintenant un nouveau programme de réduction des coûts, soit un an plus tôt que prévu.
Le détaillant espère aussi que les cours du brut reculeront jusqu'à environ 100 $US le baril et que les émetteurs de cartes de crédit réduiront les frais qu'ils exigent — soit environ 2 % du montant de chaque transaction à l'heure actuelle. À cause de l'explosion des prix de l'essence, les montants que doit verser Couche-Tard à Visa et à MasterCard ont bondi: ils sont passés de 63 millions $US il y a trois ans à 151 millions l'an dernier. Or, comme il n'est pas possible de transmettre ces hausses instantanément aux consommateurs, la marge bénéficiaire des détaillants a chuté.
De plus, les volumes d'essence vendus ont baissé dans certains marchés au cours des derniers mois. Malgré tout, Alain Bouchard croit que les stations-service ont encore un bel avenir devant elles. «Les gens vont continuer à acheter du pétrole, a-t-il fait remarquer. [...] Et s'il y a des changements, [l'arrivée] d'autres types de produits, que ce soit l'éthanol ou l'hydrogène, on va s'ajuster en conséquence. On va continuer à vendre des produits.»
Contrebande
L'entreprise entend par ailleurs accroître ses pressions sur les gouvernements afin qu'ils déploient plus d'efforts pour lutter contre la «crise» de la contrebande de cigarettes, qui aurait repris de plus belle ces dernières années. «La solution, je ne la connais pas, a admis M. Bouchard. J'ai l'impression qu'on va finir avec la même solution qu'on a eue en février 1994: une baisse des taxes.»
Pourtant, Couche-Tard a profité de la baisse du nombre de fumeurs, selon Alain Bouchard. «À mesure que la consommation diminuait, nos parts de marché augmentaient, a-t-il expliqué. Nos ventes en tonnage n'ont donc pas diminué; elles ont même augmenté. Aujourd'hui, on ne voit plus vraiment d'augmentation, mais on continue à gagner des parts de marché au rythme de la diminution de consommation.»
Couche-Tard a aussi bénéficié de l'assouplissement, en décembre 2006, de la loi sur le nombre d'employés autorisés dans les supermarchés les fins de semaine. Les modifications auraient entraîné la fermeture de centaines de petits dépanneurs indépendants au Québec, ce qui aurait permis au numéro un d'accroître ses parts de marché.
Par ailleurs, à l'instar d'autres détaillants, Couche-Tard jongle avec l'idée d'éliminer les sacs de plastique ou de les faire payer par la clientèle. Depuis quelque temps, les employés de l'entreprise demandent aux clients s'ils en veulent vraiment un pour leurs achats, une mesure qui s'est traduite par une réduction des dépenses à cet égard.
«Honnêtement, je ne comprends pas», a déclaré M. Bouchard en conférence de presse à l'issue de l'assemblée annuelle des actionnaires de la société, tenue dans un hôtel de Laval. «On affiche le prix tous les jours sur le poteau. Quel avantage ont les détaillants à se parler? Je pense que c'est des gens qui ont été très naïfs s'ils se sont parlés pour se donner une heure [à laquelle] le prix devrait changer. Onze heures ou midi, ça ne change pas grand chose. On a seulement à monter dans le poteau et à changer le prix.»
En juin, le Bureau de la concurrence a porté des accusations criminelles contre 11 entreprises et 13 individus dans ce qu'il soupçonne être un complot en vue de fixer les prix de l'essence dans les régions de Sherbrooke, Magog, Thetford Mines et Victoriaville. Couche-Tard et deux de ses employés, Richard Bédard et Céline Bonin, ont été accusés.
M. Bédard travaille toujours chez Couche-Tard, mais a été muté à un autre poste, a indiqué Alain Bouchard, en précisant que la direction avait accepté les explications de l'accusé. Mme Bonin, qui travaillait à la «gestion des prix», est quant à elle partie à la retraite.
Ces accusations se sont ajoutées aux nombreux problèmes qu'a connus Couche-Tard au cours de la dernière année. L'entreprise lavalloise, qui exploite des dépanneurs et des stations-service au Canada et aux États-Unis, a vu ses marges bénéficiaires fondre au sud de la frontière à cause de la flambée des prix du pétrole. Elle a aussi pâti sérieusement du ralentissement américain.
Résultat: les profits nets de Couche-Tard ont reculé de 3,6 % au cours de l'exercice terminé le 27 avril en dépit d'une augmentation de 27,2 % du chiffre d'affaires. Comme la société n'a pas atteint ses objectifs, la plupart de ses dirigeants, dont M. Bouchard, n'ont pas touché de prime générale l'année dernière, mais seulement des primes liées à leurs buts personnels. Par conséquent, le salaire du grand patron est passé de 1,9 million en 2006-07 à 1,2 million en 2007-08 — sans compter qu'il n'a pas reçu de rémunération en actions.
Pour l'exercice en cours, Couche-Tard a notamment promis d'augmenter ses profits. Si l'objectif n'est pas atteint, aucune prime générale ne sera versée, a assuré Alain Bouchard.
Réduction des coûts
Dans l'espoir de redresser la situation, Couche-Tard a annoncé hier qu'elle allait mettre en oeuvre dès maintenant un nouveau programme de réduction des coûts, soit un an plus tôt que prévu.
Le détaillant espère aussi que les cours du brut reculeront jusqu'à environ 100 $US le baril et que les émetteurs de cartes de crédit réduiront les frais qu'ils exigent — soit environ 2 % du montant de chaque transaction à l'heure actuelle. À cause de l'explosion des prix de l'essence, les montants que doit verser Couche-Tard à Visa et à MasterCard ont bondi: ils sont passés de 63 millions $US il y a trois ans à 151 millions l'an dernier. Or, comme il n'est pas possible de transmettre ces hausses instantanément aux consommateurs, la marge bénéficiaire des détaillants a chuté.
De plus, les volumes d'essence vendus ont baissé dans certains marchés au cours des derniers mois. Malgré tout, Alain Bouchard croit que les stations-service ont encore un bel avenir devant elles. «Les gens vont continuer à acheter du pétrole, a-t-il fait remarquer. [...] Et s'il y a des changements, [l'arrivée] d'autres types de produits, que ce soit l'éthanol ou l'hydrogène, on va s'ajuster en conséquence. On va continuer à vendre des produits.»
Contrebande
L'entreprise entend par ailleurs accroître ses pressions sur les gouvernements afin qu'ils déploient plus d'efforts pour lutter contre la «crise» de la contrebande de cigarettes, qui aurait repris de plus belle ces dernières années. «La solution, je ne la connais pas, a admis M. Bouchard. J'ai l'impression qu'on va finir avec la même solution qu'on a eue en février 1994: une baisse des taxes.»
Pourtant, Couche-Tard a profité de la baisse du nombre de fumeurs, selon Alain Bouchard. «À mesure que la consommation diminuait, nos parts de marché augmentaient, a-t-il expliqué. Nos ventes en tonnage n'ont donc pas diminué; elles ont même augmenté. Aujourd'hui, on ne voit plus vraiment d'augmentation, mais on continue à gagner des parts de marché au rythme de la diminution de consommation.»
Couche-Tard a aussi bénéficié de l'assouplissement, en décembre 2006, de la loi sur le nombre d'employés autorisés dans les supermarchés les fins de semaine. Les modifications auraient entraîné la fermeture de centaines de petits dépanneurs indépendants au Québec, ce qui aurait permis au numéro un d'accroître ses parts de marché.
Par ailleurs, à l'instar d'autres détaillants, Couche-Tard jongle avec l'idée d'éliminer les sacs de plastique ou de les faire payer par la clientèle. Depuis quelque temps, les employés de l'entreprise demandent aux clients s'ils en veulent vraiment un pour leurs achats, une mesure qui s'est traduite par une réduction des dépenses à cet égard.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

