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La banque Credit Suisse voit son image ternie aux États-Unis

Deux de ses anciens courtiers sont poursuivis pour escroquerie

4 septembre 2008  Actualités économiques
Les autorités américaines ont annoncé hier avoir engagé des poursuites pénales et civiles pour escroquerie et fraude contre deux anciens employés, les courtiers Julian Tzolov et Eric Butler.
Photo : Agence France-Presse
Les autorités américaines ont annoncé hier avoir engagé des poursuites pénales et civiles pour escroquerie et fraude contre deux anciens employés, les courtiers Julian Tzolov et Eric Butler.
Washington — La réputation des banques suisses continue d'être écornée aux États-Unis: après les multiples déboires d'UBS, Credit Suisse voit désormais deux de ses anciens courtiers poursuivis pour escroquerie devant la justice américaine.

Les autorités américaines ont annoncé hier avoir engagé des poursuites pénales et civiles pour escroquerie et fraude contre ces anciens employés, accusés d'avoir trompé leurs clients en leur vendant des produits d'investissements maquillés pour mieux correspondre à leurs attentes.

La Securities and Exchange Commission (SEC), autorité de régulation des marchés boursiers américains, va poursuivre devant la justice civile ces deux courtiers, Julian Tzolov et Eric Butler. Le ministère de la Justice a indiqué de son côté que les deux hommes, âgés aujourd'hui de 35 et 36 ans, avaient été inculpés au pénal pour association de malfaiteurs et fraude.

La SEC accuse MM. Tzolov et Buttler d'avoir acheté «sans autorisation pour plus d'un milliard de dollars de [titres] liés aux crédits immobiliers à risque» et «d'avoir floué leurs clients en leur faisant croire» que ces titres étaient un investissement «liquide et sans risque» alors qu'ils étaient employés dans une division de Credit Suisse Securities (USA) à New York, spécialisée dans la gestion des excédents de trésorerie des entreprises.

Selon la SEC, les titres en question étaient des obligations à taux variables fixés par enchères (Auction Rate Securities — ARS — en anglais).

Selon l'acte d'inculpation, Tzvolov et Butler «ont comploté dans le but d'augmenter leurs commissions» en vendant des «ARS» maquillées en obligations sans risques, indique le ministère dans un communiqué. Il risquent jusqu'à 25 ans de prison chacun et plus de cinq millions de dollars d'amende.

La SEC affirme que les deux courtiers ont fait croire à leurs clients par le biais de courriers électroniques que ces titres, à l'origine de plusieurs affaires aux États-Unis, étaient adossés à des actifs solides. Selon l'enquête, ils étaient en fait adossés à des crédits hypothécaires douteux ou à des obligations à risques de type CDO («Collaterized Debt Obligations»), et les clients se sont retrouvés avec plus de 800 millions de dollars de titres invendables après que le marché pour ce type de titres se fut retrouvé paralysé, à compter d'août 2007, par le déclenchement de la crise des crédits hypothécaires à risques.

Interrogé par l'AFP, David Walker, porte-parole de Credit Suisse, a simplement déclaré que les deux courtiers avaient «démissionné en septembre 2007 après avoir été suspendus [par Credit Suisse] une fois découvertes leurs activités illégales».

Ces poursuites surviennent alors que la première banque suisse UBS — déjà l'une des plus touchées par la crise des crédits immobiliers à risques, avec 37,4 milliards de dollars de dépréciations d'actifs —, a vu son image ternie par plusieurs affaires aux États-Unis. Fin juin, l'autorité de régulation des marchés du Massachusetts a attaqué en justice les pratiques commerciales d'UBS en matière de commercialisation d'«ARS».

UBS a également reçu une requête du fisc américain qui l'oblige à divulguer les noms d'Américains soupçonnés d'avoir placé en Suisse leur argent pour échapper à l'impôt. Au coeur de cette affaire d'évasion fiscale figure un ancien collaborateur d'UBS, Bradley Birkenfeld, qui a reconnu devant la justice avoir aidé de riches clients à détourner des millions de dollars d'impôts entre 2001 et 2006. Son jugement doit avoir lieu à la mi-octobre.
 
 
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