vendredi 10 février 2012 Dernière mise à jour 01h26
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Le huard freine sa chute

«Les monnaies cycliques sont toujours entraînées par le champ de gravité des prix des produits de base»

Après des semaines de chute ininterrompue, le dollar canadien a réussi, depuis lundi, à reprendre suffisamment de forces pour afficher son premier gain hebdomadaire en un mois.
Parti de 99 ¢US à la mi-juillet pour descendre jusqu'à 93 ¢US, en partie influencé par la baisse des cours du pétrole, il a remonté une partie de la pente et a terminé hier à 94,43 ¢US, en hausse de 0,38 ¢, aidé par des statistiques positives au sujet de l'économie canadienne.

Cette embellie survient après plusieurs jours de questionnement. En début de semaine, par exemple, la récente chute du dollar canadien a poussé la Financière Banque Nationale à revoir ses prévisions. L'économie mondiale ralentit, et c'est là un signe que les matières premières vont connaître une baisse de la demande, a-t-elle mentionné.

«Les monnaies cycliques sont toujours entraînées par le champ de gravité des prix des produits de base», a écrit son équipe d'économistes. Résultat, selon eux: il faut abaisser les prévisions sur le dollar. Ainsi, il reviendra vers 90 à 92 ¢US d'ici le début de 2009, croient-ils.

La FBN a fait remarquer que le huard a passé les neuf derniers mois à se balader dans un couloir bien défini, entre 97 ¢ et 1,02 $US. En tombant comme il l'a fait au cours des semaines précédentes, il a perdu le plancher technique qui le soutenait, selon elle.

Trente et un économistes récemment sondés par l'agence financière Bloomberg croient que le dollar canadien reculera jusqu'à 91 ¢US.

De son côté, le dollar américain va mieux depuis un certain temps. Au cours du dernier mois, par exemple, il a pris 7 % contre l'euro. La devise américaine a beaucoup souffert, ces dernières années, d'un déficit budgétaire et des emprunts massifs du gouvernement sur les marchés obligataires.

Deux statistiques

Le 8 août, le dollar en a pris pour son rhume lorsque Statistique Canada a publié des données brutales au sujet du marché de l'emploi. L'économie canadienne a perdu plus de 50 000 emplois au cours du mois de juillet, semant le doute dans l'esprit des économistes au sujet de sa robustesse dans un contexte d'affaiblissement nord-américain.

Mais cette semaine, deux données importantes ont donné l'impression d'un certain soutien au huard.

D'abord, Statistique Canada a indiqué que l'excédent commercial en juin avait grimpé de 11,5 % à 5,8 milliards, notamment grâce au pétrole. Même si le volume total des exportations de biens a diminué, la valeur a augmenté. Ensuite, l'agence statistique a signalé hier que les ventes des manufacturiers ont connu une hausse de 2,1 % au cours du même mois. Un cinquième gain en six mois.

Plusieurs analystes ont estimé au cours des derniers jours que ces données macroéconomiques ont, en quelque sorte, permis au dollar de reprendre le terrain qu'il avait perdu auparavant. Autrement dit, qu'elles ont redonné confiance en l'écononie canadienne. «Ça enlève un peu du pessimisme qui entourait l'économie», a dit Éric Lascelles, économiste à la Banque TD, lors d'un entretien avec l'agence Bloomberg.

Pour se sortir du trou dans lequel il était rendu, en janvier 2002, le dollar canadien a beaucoup profité de l'explosion des prix des matières premières, dont le nickel, le pétrole, le gaz naturel, le cuivre, le zinc et la potasse, pour ne nommer que ceux-là.

Cette remontée a mis des bâtons dans les roues des exportateurs, dont les clients étrangers doivent désormais payer beaucoup plus cher pour les mêmes produits. Ou aller s'approvisionner ailleurs.

«Les prix réels des matières premières déterminent plus ou moins la tendance du huard. Des facteurs comme les écarts de taux d'intérêt avec les États-Unis peuvent jouer à court terme, mais ultimement, le dollar canadien est une monnaie cyclique, au même titre que le dollar australien ou néo-zélandais», a ajouté la FBN.

Le cours du baril de pétrole sur le Nymex, à New York, a reculé de 23 % depuis son sommet de 147,27 $US atteint le 11 juillet. Cette semaine, il s'est replié d'environ 1 %, clôturant hier à 113,77 $US.

Une dynamique inégale

Selon Merrill Lynch, l'effet des matières premières sur le huard — ou la corrélation entre les deux — peut jouer des tours.

Les économistes torontois de cette banque d'affaires new-yorkaise ont écrit mercredi que, pendant la première moitié de 2008, alors que le pétrole explosait sur les marchés et annonçait un paradigme nouveau, le dollar canadien est demeuré relativement stable. À l'opposé, lorsque le dollar a effectué sa poussée historique l'an dernier, au point d'atteindre la parité avec la devise américaine, les prix des matières premières n'étaient pas, eux, en folie.

Vis-à-vis des autres devises, le dollar canadien n'a pas fait si mal depuis un mois. Contre le dollar australien, il a pris 7 %, et contre l'euro, il a progressé de 2 %.

Quoi qu'il en soit, si le dollar lui-même n'a pas l'habitude d'influencer les prises de décision à la Banque du Canada, le ralentissement économique qui se manifeste depuis un certain temps pourrait, lui, jouer un rôle, selon Merrill Lynch.

La firme s'attend à ce que la croissance au deuxième trimestre soit nulle, alors que la banque prévoit 0,8 %. Pour le troisième, Merrill Lynch prévoit une inflation de 3,2 %, contre 3,8 % à la banque. «Nous pensons que ceci mènera vers une nouvelle ronde de baisses du taux directeur», a écrit la firme. Celle-ci s'attend à ce que la banque, dirigée par Mark Carney, abaisse son taux de 0,25 % en décembre et d'encore 0,25 % en janvier.

La dépréciation du dollar américain est un des facteurs que les économistes ont tendance à montrer du doigt pour expliquer l'augmentation significative du cours du pétrole depuis un an.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012