Merrill Lynch met la pression sur les banques avec son grand nettoyage
31 juillet 2008
Actualités économiques
Photo : Agence Reuters
Le p.-d.g. de Merrill Lynch, John Thain
Washington — La décision de Merrill Lynch de purger ses comptes du poison du «subprime» a mis la pression sur les autres grands établissements internationaux, le marché considérant désormais comme une référence l'approche volontariste de la banque d'affaires américaine.
Alors que la banque new-yorkaise a dû diluer massivement ses actionnaires pour lever les 8,5 milliards dont elle avait besoin et a cédé des titres à prix cassés, le marché a accueilli très favorablement l'annonce.
L'action Merrill Lynch a ainsi gagné 7,8 % sur la séance de mardi et était encore en nette hausse hier en début de séance.
Le marché a notamment salué la cession d'une partie du portefeuille de titres financiers complexes (CDO), malgré des conditions très défavorables.
Décote importante
Pour se défaire de ces actifs empoisonnés, dont plus personne ne veut entendre parler depuis le début de la crise, Merrill Lynch a, en effet, accepté une décote de 78 % par rapport à la valeur d'origine du portefeuille.
Mieux, la banque dont l'effigie est un taureau a accepté de financer l'achat du portefeuille par le fonds d'investissement Loan Star Funds à hauteur de 75 %, montrant sa volonté d'effacer enfin ces actifs douteux de son bilan.
Une approche radicale, qui pourrait servir de référence.
L'analyste de Deutsche Bank Mike Mayo a calculé que l'application de la décote de Merrill au portefeuille de Citigroup obligerait l'ancienne reine des établissements américains à passer huit milliards de dépréciations d'actifs supplémentaires au troisième trimestre.
«Le secteur financier avait des raisons de se concentrer sur les implications négatives des initiatives de Merrill, mais il s'est appuyé sur le fait que la vente de ces actifs à un prix si réduit était une indication que le pire est presque passé», a commenté Patrick O'Hare, analyste de Briefing.com.
Acheteurs présents
L'implication du fonds d'investissement Loan Star Funds témoigne également de la présence d'acheteurs, prêts à se manifester au juste prix.
Au premier semestre, des dizaines de fonds d'investissement ont été créés pour saisir les bonnes affaires de ce marché en détresse. Jusqu'à présent, une faible partie des milliards de dollars levés semble avoir été investie.
Comme l'a rappelé hier l'analyste d'Oppenheimer Meredith Whitney dans une note, la banque d'affaires américaine Goldman Sachs avait ainsi mis sur pied un fonds de plusieurs milliards de dollars fin 2007, «dont un faible montant a été placé jusqu'à présent». «Il est probable, pour nous, que davantage de portefeuilles vont être mis en vente», a-t-elle ajouté.
Mais ce dernier coup de rein supposé, réclamé aux banques pour suivre l'exemple de Merrill Lynch, ne se fera pas sans frais.
Mme Whitney a ainsi indiqué hier s'attendre à de nouveaux appels aux marchés de la part des banques les plus touchées par la crise financière. «Nous pensons que les banques vont en passer par plusieurs levées de fonds supplémentaires», a expliqué Mme Whitney.
M. Mayo a estimé que les nouvelles dépréciations potentielles chez Citigroup pourraient induire une recapitalisation «plus proche que ce que nous pensions auparavant».
Les banques ont donc encore sans doute des mois difficiles devant elles, d'autant que le toilettage de Merrill Lynch ne concerne que les titres financiers complexes.
Les portefeuilles de prêts immobiliers, en possession des banques généralistes, devraient ainsi continuer à se détériorer avec la crise de l'immobilier et contraindre de nombreux établissements à passer de nouvelles provisions.
Des fonds étant également positionnés sur ce marché, les banques auront l'occasion de brader également ces prêts pour pouvoir tourner enfin la page.
Alors que la banque new-yorkaise a dû diluer massivement ses actionnaires pour lever les 8,5 milliards dont elle avait besoin et a cédé des titres à prix cassés, le marché a accueilli très favorablement l'annonce.
L'action Merrill Lynch a ainsi gagné 7,8 % sur la séance de mardi et était encore en nette hausse hier en début de séance.
Le marché a notamment salué la cession d'une partie du portefeuille de titres financiers complexes (CDO), malgré des conditions très défavorables.
Décote importante
Pour se défaire de ces actifs empoisonnés, dont plus personne ne veut entendre parler depuis le début de la crise, Merrill Lynch a, en effet, accepté une décote de 78 % par rapport à la valeur d'origine du portefeuille.
Mieux, la banque dont l'effigie est un taureau a accepté de financer l'achat du portefeuille par le fonds d'investissement Loan Star Funds à hauteur de 75 %, montrant sa volonté d'effacer enfin ces actifs douteux de son bilan.
Une approche radicale, qui pourrait servir de référence.
L'analyste de Deutsche Bank Mike Mayo a calculé que l'application de la décote de Merrill au portefeuille de Citigroup obligerait l'ancienne reine des établissements américains à passer huit milliards de dépréciations d'actifs supplémentaires au troisième trimestre.
«Le secteur financier avait des raisons de se concentrer sur les implications négatives des initiatives de Merrill, mais il s'est appuyé sur le fait que la vente de ces actifs à un prix si réduit était une indication que le pire est presque passé», a commenté Patrick O'Hare, analyste de Briefing.com.
Acheteurs présents
L'implication du fonds d'investissement Loan Star Funds témoigne également de la présence d'acheteurs, prêts à se manifester au juste prix.
Au premier semestre, des dizaines de fonds d'investissement ont été créés pour saisir les bonnes affaires de ce marché en détresse. Jusqu'à présent, une faible partie des milliards de dollars levés semble avoir été investie.
Comme l'a rappelé hier l'analyste d'Oppenheimer Meredith Whitney dans une note, la banque d'affaires américaine Goldman Sachs avait ainsi mis sur pied un fonds de plusieurs milliards de dollars fin 2007, «dont un faible montant a été placé jusqu'à présent». «Il est probable, pour nous, que davantage de portefeuilles vont être mis en vente», a-t-elle ajouté.
Mais ce dernier coup de rein supposé, réclamé aux banques pour suivre l'exemple de Merrill Lynch, ne se fera pas sans frais.
Mme Whitney a ainsi indiqué hier s'attendre à de nouveaux appels aux marchés de la part des banques les plus touchées par la crise financière. «Nous pensons que les banques vont en passer par plusieurs levées de fonds supplémentaires», a expliqué Mme Whitney.
M. Mayo a estimé que les nouvelles dépréciations potentielles chez Citigroup pourraient induire une recapitalisation «plus proche que ce que nous pensions auparavant».
Les banques ont donc encore sans doute des mois difficiles devant elles, d'autant que le toilettage de Merrill Lynch ne concerne que les titres financiers complexes.
Les portefeuilles de prêts immobiliers, en possession des banques généralistes, devraient ainsi continuer à se détériorer avec la crise de l'immobilier et contraindre de nombreux établissements à passer de nouvelles provisions.
Des fonds étant également positionnés sur ce marché, les banques auront l'occasion de brader également ces prêts pour pouvoir tourner enfin la page.
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