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États-Unis - Vers un ambitieux plan de sauvetage de l'immobilier

24 juillet 2008  Actualités économiques
Washington — Les États-Unis sont en passe d'adopter un ambitieux plan de sauvetage de l'immobilier aux États-Unis, volant à la fois au secours des emprunteurs et des organismes de refinancement hypothécaires qui se sont retrouvés dans la tourmente ces dernières semaines.

Ce plan, présenté par la presse américaine comme le plus ambitieux en une génération, devait être examiné hier par la Chambre des représentants avant d'être soumis au vote du Sénat, sans doute d'ici la fin de la semaine, puis au président George W. Bush pour signature.

L'un des obstacles majeurs à son adoption est tombé hier matin après que la Maison-Blanche eut abandonné une menace de veto, qui aurait bloqué in fine l'entrée en vigueur du texte. «Nous pensons que ce n'est pas le moment de s'éterniser dans une bataille autour d'un veto, même si nous sommes sûrs que le président réussirait à l'imposer», a affirmé la porte-parole de la Maison-Blanche, Dana Perino.

La Maison Blanche s'opposait à une disposition accordant près de quatre milliards de dollars aux collectivités locales pour racheter des logements saisis, y voyant un cadeau fait aux banques et courtiers hypothécaires.

Relèvement du plafond

Le plan de sauvetage, provoqué par la plus grave crise de l'immobilier depuis la Grande Dépression de 1929, a été conçu à la base pour aider les emprunteurs étranglés par leurs mensualités, en relevant notamment le plafond des prêts qui peuvent obtenir une garantie publique. Cela reviendrait à permettre une garantie de l'État sur près de 300 milliards de dollars d'emprunts immobiliers, et apporterait une bouffée d'air aux emprunteurs alors que les taux des emprunts fixes sur 30 ans ont retrouvé leurs niveaux les plus élevés en un an.

L'idée est aussi de débloquer le grippage du secteur immobilier qui voit la demande diminuer, le nombre de ventes plonger et les prix décliner inexorablement. Selon les derniers chiffres du bureau de surveillance fédéral de l'immobilier américain (OFHEO) publiés mardi, les prix des logements ont baissé de 0,3 % en mai sur un mois et de 4,8 % sur un an.

Mais le texte prévoit aussi tout un volet sur Fannie Mae et Freddie Mac, les deux géants du refinancement hypothécaire qui ont frôlé l'implosion au début du mois.

D'une part, tous deux seraient placés sous l'autorité d'un nouvel organisme de contrôle, aux pouvoirs renforcés. D'autre part, le Congrès est invité à donner son feu vert au plan de sauvetage mis sur pied par le Trésor il y a une dizaine de jours pour empêcher un naufrage des deux organismes, qui venaient de perdre 50 % en Bourse en l'espace d'une semaine.

Quel coût?

Le plan leur permettrait d'accéder à plus de capitaux publics, en autorisant le Trésor jusqu'à la fin 2009 à acheter des actions des deux organismes ou à leur prêter plus d'argent.

Ce point a initialement suscité la méfiance en raison de la difficulté de savoir combien il coûterait au contribuable. Mardi, le bureau du budget du Congrès (CBO) a avancé le chiffre de 25 milliards sur deux ans, tout en soulignant qu'il y avait de fortes chances que le Trésor n'ait pas besoin de recourir du tout à ce nouveau dispositif.

Mardi, le secrétaire au Trésor Henry Paulson s'était dit «confiant» de voir le texte approuvé d'ici la fin de la semaine, et il avait souligné à nouveau le rôle essentiel de Fannie Mae et Freddie Mac dans l'économie américaine. «La poursuite de leur activité est un facteur crucial pour la vitesse à laquelle nous émergerons de la correction de l'immobilier et nous gommerons les incertitudes sous-jacentes sur les marchés financiers», a-t-il dit.

Fannie Mae et Freddie Mac détiennent ou garantissent 5200 milliards de dollars de créances hypothécaires, soit près de 50 % de l'encours de crédit immobilier américain.






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