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Vente de fréquences sans fil - Ottawa ne sait pas encore où ira l'argent

Le ministre Prentice affirme que les Canadiens devront attendre un an avant de commencer à tirer profit de la transformation

Ottawa — La vente aux enchères du spectre réservé aux services sans fil évolués qui vient à peine de prendre fin a modifié «à jamais» la face de l'industrie canadienne en inaugurant une nouvelle ère de concurrence accrue qui vaudra aux consommateurs des prix moins élevés, a affirmé hier le ministre fédéral de l'Industrie, Jim Prentice.

Toutefois, le gouvernement n'a pas encore décidé ce qu'il ferait avec les 4,25 milliards générés par cette mise aux enchères, a indiqué M. Prentice, même si le libéral Scott Brison a déjà demandé à Ottawa de dépenser au moins la moitié de cette somme afin de permettre aux secteurs ruraux, aux petites municipalités et au Nord du pays d'avoir accès à Internet à haute vitesse.

Attendre un an

De passage à Edmonton, hier, M. Prentice, qui prenait la parole pour la première fois depuis la conclusion de la vente la veille, a reconnu que le montant d'argent versé par les 15 soumissionnaires retenus — parmi lesquels une poignée de nouveaux joueurs — avait de loin dépassé la somme maximale de 1,5 milliard à laquelle s'attendait le gouvernement.

Le ministre a indiqué que les Canadiens devront attendre environ un an avant de commencer à tirer profit de la transformation qui surviendra une fois que les nouveaux opérateurs commenceront à offrir leurs services. Il a cependant estimé que l'impact serait immense. «La concurrence est extrêmement importante, a-t-il déclaré. Lorsque la concurrence sera florissante, les consommateurs en profiteront parce que nous verrons plus de choix, des prix moins élevés et de meilleurs services.

«Cela a changé à jamais notre industrie du sans-fil.»

Le résultat des enchères a été dévoilé lundi par le ministère de l'Industrie. Au total, 282 licences ont été attribuées à 15 entreprises au cours du processus d'enchères en ligne mené du 27 mai au 21 juillet par le gouvernement, pour une contrepartie de 4,25 milliards.

Dette ou impôts

M. Prentice a indiqué que le gouvernement ignorait encore ce qu'il ferait de cette somme. Il a indiqué que le remboursement de la dette nationale et la réduction des impôts figuraient parmi les possibilités.

M. Brison a toutefois estimé que le fédéral commettrait une grave erreur s'il ne tirait pas profit de la situation pour s'assurer que toutes les régions du pays aient accès à Internet à haute vitesse. Actuellement, environ 20 % des communautés canadiennes n'ont pas accès à Internet à haute vitesse, a-t-il ajouté, en précisant que l'industrie des télécommunications estime qu'il en coûterait environ 2 milliards pour brancher tous les Canadiens. «Il est très difficile de lancer une entreprise dans une région rurale ou dans une petite ville sans Internet à haute vitesse, a dit M. Brison. L'accès à Internet à haute vitesse est aussi crucial pour les communautés canadiennes aujourd'hui que l'était l'accès au chemin de fer il y a 100 ans.»

La firme Telus, qui a dépensé 880 millions $ pour s'approprier 59 permis, a elle aussi suggéré à M. Prentice d'utiliser une partie de ces fonds pour élargir l'accès à des services sans fil dans les régions éloignées.
 
 
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