Lehman Brothers rend les marchés très inquiets
La banque new-yorkaise a subi un fort recul hier en Bourse
15 juillet 2008
Actualités économiques
Photo : Agence Reuters
Lindsay North, l’une des employées de Lehman Brothers qui ont perdu leur emploi à Wall Street à la suite des difficultés que connaît le géant de la finance américaine.
New York — La banque newyorkaise Lehman Brothers a continué de plonger hier à Wall Street, chutant à son plus bas historique, alors que les marchés s'inquiètent de plus en plus de sa fragilité alors que les deux tiers de son activité reposent sur le marché hypothécaire.
L'action Lehman reculait de 4 % à 13,84 $US en cours de séance, en baisse de 33 % depuis huit jours et de 79 % depuis février, quand elle cotait encore 66 $US. L'action est tombée à son plus bas absolu depuis l'introduction du groupe en Bourse en mai 1994 à un cours de 16,50 $US.
Le soutien affiché des autorités américaines aux groupes de refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac n'a pas suffi à rassurer le marché sur Lehman Brothers. La banque reste sous la menace d'un scénario à la Bear Stearns, sa petite concurrente acculée en mars à une quasi-faillite en quelques jours, faute de pouvoir continuer à se refinancer sur les marchés.
Trois inquiétudes
Les investisseurs espèrent maintenant l'appui d'une banque étrangère ou un rachat d'actions qui prouverait la solidité du bilan de la banque.
«Nous avons trois inquiétudes sur Lehman», explique Gregori Volokhine, de Meeschaerdt Capital Markets. «D'abord un tiers de ses actifs sont très peu liquides et donc impossibles à évaluer, car si la banque devait les vendre rapidement ils perdraient beaucoup de valeur».
«D'autre part, 70 % de l'activité de Lehman reposent sur les opérations à taux fixes, surtout le secteur hypothécaire. Ces activités sont totalement gelées et auront beaucoup de peine à redémarrer. Il y a donc des inquiétudes sur le modèle économique du groupe lui-même. Et enfin, les clients quitteront-ils Lehman, comme ils l'ont fait pour Bear Stearns?», se demande-t-il.
«Tant qu'ils ne seront pas rassurés sur ces trois points, les marchés continueront à vendre à découvert» l'action en Bourse, pronostique M. Volokhine.
Défiance alimentée par les rumeurs
Des rumeurs ne cessent d'alimenter la défiance des marchés sur Lehman ces derniers jours. Jeudi, l'action a dévissé en raison d'affirmations non confirmées rapportant que le fonds Pimco, le plus gros gestionnaire au monde en matière de placements obligataires, ainsi que le fonds spéculatif SAC Capital avaient nettement réduit leur exposition à Lehman Brothers.
Dimanche, le régulateur des marchés boursiers, la Securities and Exchange Commission, a annoncé qu'elle allait ouvrir une nouvelle enquête sur les manipulations de cours dont pourraient avoir été victimes tant Lehman Brothers que les organismes de refinancement obligataire.
Mi-juin, la banque d'affaires avait publié une perte nette d'environ 2,8 milliards pour le deuxième trimestre, la première depuis son introduction en Bourse. À la même période de 2007, le bénéfice net du groupe s'était élevé à 1,26 milliard. Cette première perte était liée à des dépréciations de 4 milliards, largement dues à la chute du marché hypothécaire. Depuis 2007, Lehman Brothers a passé 17 milliards de dépréciations.
Pour rassurer les marchés, la banque avait annoncé quelques jours plus tôt avoir levé 6 milliards et débarqué ses numéros deux et trois, la directrice financière Erin Callan et le directeur opérationnel Joseph Gregory.
L'action Lehman reculait de 4 % à 13,84 $US en cours de séance, en baisse de 33 % depuis huit jours et de 79 % depuis février, quand elle cotait encore 66 $US. L'action est tombée à son plus bas absolu depuis l'introduction du groupe en Bourse en mai 1994 à un cours de 16,50 $US.
Le soutien affiché des autorités américaines aux groupes de refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac n'a pas suffi à rassurer le marché sur Lehman Brothers. La banque reste sous la menace d'un scénario à la Bear Stearns, sa petite concurrente acculée en mars à une quasi-faillite en quelques jours, faute de pouvoir continuer à se refinancer sur les marchés.
Trois inquiétudes
Les investisseurs espèrent maintenant l'appui d'une banque étrangère ou un rachat d'actions qui prouverait la solidité du bilan de la banque.
«Nous avons trois inquiétudes sur Lehman», explique Gregori Volokhine, de Meeschaerdt Capital Markets. «D'abord un tiers de ses actifs sont très peu liquides et donc impossibles à évaluer, car si la banque devait les vendre rapidement ils perdraient beaucoup de valeur».
«D'autre part, 70 % de l'activité de Lehman reposent sur les opérations à taux fixes, surtout le secteur hypothécaire. Ces activités sont totalement gelées et auront beaucoup de peine à redémarrer. Il y a donc des inquiétudes sur le modèle économique du groupe lui-même. Et enfin, les clients quitteront-ils Lehman, comme ils l'ont fait pour Bear Stearns?», se demande-t-il.
«Tant qu'ils ne seront pas rassurés sur ces trois points, les marchés continueront à vendre à découvert» l'action en Bourse, pronostique M. Volokhine.
Défiance alimentée par les rumeurs
Des rumeurs ne cessent d'alimenter la défiance des marchés sur Lehman ces derniers jours. Jeudi, l'action a dévissé en raison d'affirmations non confirmées rapportant que le fonds Pimco, le plus gros gestionnaire au monde en matière de placements obligataires, ainsi que le fonds spéculatif SAC Capital avaient nettement réduit leur exposition à Lehman Brothers.
Dimanche, le régulateur des marchés boursiers, la Securities and Exchange Commission, a annoncé qu'elle allait ouvrir une nouvelle enquête sur les manipulations de cours dont pourraient avoir été victimes tant Lehman Brothers que les organismes de refinancement obligataire.
Mi-juin, la banque d'affaires avait publié une perte nette d'environ 2,8 milliards pour le deuxième trimestre, la première depuis son introduction en Bourse. À la même période de 2007, le bénéfice net du groupe s'était élevé à 1,26 milliard. Cette première perte était liée à des dépréciations de 4 milliards, largement dues à la chute du marché hypothécaire. Depuis 2007, Lehman Brothers a passé 17 milliards de dépréciations.
Pour rassurer les marchés, la banque avait annoncé quelques jours plus tôt avoir levé 6 milliards et débarqué ses numéros deux et trois, la directrice financière Erin Callan et le directeur opérationnel Joseph Gregory.
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