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La Série C atterrit à Mirabel

Un visiteur dans un appareil de la Série C, de Bombardier, au Salon aéronautique de Farnborough, en Angleterre.
Photo : Agence Reuters
Un visiteur dans un appareil de la Série C, de Bombardier, au Salon aéronautique de Farnborough, en Angleterre.
Bombardier a finalement mis fin au suspense: la construction des avions de la Série C pourra débuter et c'est à Mirabel qu'ils seront assemblés, ce qui créera jusqu'à 3500 emplois sur une période de 20 ans. Il s'agit de l'aboutissement d'un projet lancé il y a plusieurs années. L'annonce a été faite hier au Salon aéronautique de Farnborough, en Angleterre.

La compagnie aérienne allemande Lufthansa est la première à fournir à Bombardier une lettre d'intention pour une commande de 30 avions, en plus de 30 autres en option. L'achat doit encore être approuvé par le conseil d'administration de l'entreprise. La protection de l'environnement et le prix élevé du carburant expliquent le choix de Lufthansa. Les appareils de la Série C seront 20 % moins énergivores, émettront jusqu'à 20 % moins de CO2 et réduiront de 15 % les coûts d'exploitation. C'est grâce aux matériaux composites plus légers qui entreront dans la fabrication de l'appareil et du nouveau moteur «turbosoufflant à réducteur» de Pratt et Whitney que l'avion pourra atteindre ces objectifs. «Nous avons étudié ces appareils de près. Nous avons besoin d'avions qui tiennent compte des impératifs écologiques, que ce soit le bruit ou les émissions, du coût du carburant ainsi que du confort. Ces trois éléments nous font croire que c'est le bon avion pour nous», a expliqué Nico Buchholz, vice-président principal de Lufthansa, hier à Farnborough.

Rappelons que, en 2004, Bombardier avait placé la Série C en veilleuse en raison d'un manque d'intérêt des transporteurs aériens. Avec la hausse du prix du carburant, il y a maintenant plus de demandes pour ce nouveau type d'avion, plus «vert». D'autres contrats pourraient être annoncés dans les prochaines semaines. Marc Duchesne, porte-parole de Bombardier, indique que, avec un programme de 2,5 milliards de dollars, la décision ne devait pas être prise à la légère. «Il est évident qu'il y a d'autres lignes aériennes qui sont très sérieuses et très intéressées [au projet]. Sinon, l'autorisation de lancer l'avion n'aurait pas été donnée par le conseil d'administration de l'entreprise.»

Le choix de Mirabel a été grandement influencé par la nouvelle convention collective votée par les machinistes de Bombardier, affiliés à la FTQ, la semaine dernière. Ce nouveau contrat de travail, approuvé à plus de 82 %, offre une plus grande liberté à l'entreprise pour engager des employés temporaires et pour s'assurer que l'usine puisse fonctionner sept jours sur sept si le besoin s'en faisait sentir. «La proposition syndicale était un point majeur dans la décision d'assembler à Mirabel», a confirmé M. Duchesne. Bombardier hésitait entre Mirabel et Kansas City pour la construction de son usine. La ville américaine avait offert à l'entreprise 240 millions de dollars en crédits d'impôt pour tenter de l'attirer chez elle. Aux yeux du président de la FTQ, Michel Arsenault, le syndicat des machinistes a fait preuve de beaucoup de flexibilité et de pragmatisme pour permettre l'assemblage de l'avion au Québec. «On crée un futur pour la génération qui nous suit. Il faut mettre l'accent, maintenant, sur la formation professionnelle et encourager nos jeunes à se diriger dans les métiers de l'aéronautique.»

Le nouveau défi de l'entreprise sera de trouver de la main-d'oeuvre pour combler les nouveaux postes disponibles. L'embauche se fera graduellement, puisque Bombardier s'attend à atteindre le sommet de sa production en 2017 seulement. «Depuis les attentats du 11 septembre 2001, il y a eu une désertion des jeunes qui se sont inscrits dans les écoles de métier, mais nous travaillons pour inciter les étudiants à retourner sur les bancs d'école», explique M. Duchesne.

Environ 1000 personnes travailleront à la mise au point de l'appareil d'ici son entrée en service en 2013, 1200 seront employées à l'assemblage à Mirabel et 1200 seront chargées de la fabrication du fuselage arrière et du poste de pilotage à Saint-Laurent. Plusieurs portions de l'appareil seront aussi construites en Chine, en Irlande et aux États-Unis.

Le premier ministre du Québec, Jean Charest, s'est dit extrêmement fier de l'annonce, lors d'une conférence de presse tenue hier à Mirabel. «Quand je monte dans un avion qui porte le nom de Bombardier, ça me rassure [...]. Je me dis que c'est quelqu'un de chez nous qui a construit cet avion-là.» Il a indiqué qu'il s'agissait d'une bonne nouvelle pour tous les contribuables québécois.

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain accueille avec beaucoup d'enthousiasme l'annonce de Bombardier. «Pour la Chambre, cette annonce est l'illustration que Montréal a tout ce qu'il faut pour faire face à la concurrence féroce qui prévaut dans le domaine de l'aéronautique», a déclaré Isabelle Hudon, présidente et chef de la direction de la Chambre. Elle ajoute que le lancement de la Série C aura des effets catalyseurs pour de nombreuses PME.

La président de l'Association des industries aérospatiales du Canada (AIAC), Claude Lajeunesse, a de son côté félicité les différents acteurs qui ont oeuvré pour que le projet soit mis sur pied.

Les gouvernements participent

Québec consacrera 117 millions de dollars et Ottawa, 350 millions, pour le lancement de l'appareil. Il s'agit d'un prêt avec des remboursements sur redevances, c'est-à-dire que, pour chaque plateau d'appareils livrés, les différents gouvernements qui ont investi dans le projet recevront une portion de remboursement. Le ministre du Développement économique du Québec, Raymond Bachand, en mission présentement à Farnborough, espère pouvoir soutirer un profit de cet investissement. «Le Québec a procédé à ce genre d'investissement quatre fois dans l'histoire. Dans tous les cas, nous avons récupéré notre argent.» Selon ce modèle d'investissement, les risques sont partagés entre Bombardier, les fournisseurs et les gouvernements.

L'annonce d'hier arrive tard dans le marché des nouveaux appareils de 100 à 149 places. Le principal concurrent de Bombardier, Embraer, a déjà lancé un appareil de 108 à 118 places en 2004. Selon l'entreprise, il s'agit d'un marché de 6300 avions sur 20 ans, dont elle espère prendre la moitié. La valeur approximative de chaque avion sera de 46,7 millions de dollars américains.

La première pelletée de terre de la nouvelle usine de Mirabel aura lieu à la fin de 2009. L'usine actuelle continuera de construire les appareils CRJ, plus petits que ceux de la Série C. Il serait par contre possible, selon M. Duchesne, qu'elle s'occupe d'une partie de l'assemblage du nouvel avion: «Si du travail peut être fait à l'usine existante de Mirabel, il se peut qu'une partie du travail soit transférée là. Tout ça n'est pas coulé dans le béton».

***

Avec la Presse canadienne






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  • Yvon Chartrand
    Inscrit
    lundi 14 juillet 2008 01h33
    Aviation
    « Personne ne fait la remarque que lorsqu'il n'y aura plus de pétrole, il n'y aura plus d'aviation.
    Ivanovitch »

  • jacques noel
    Inscrit
    lundi 14 juillet 2008 06h51
    Combien de redevances?
    « Dieu que les journalistes ne sont pas curieux?
    On allonge 467 millions de nos taxes pour créer 2300 emplois directs, pour une moyenne de 200,000$ par emploi créer et on essaie de nous faire accroire que l'opération est rentable sans jamais produire le moindre chiffre.

    Alors combien le Québec va-t-il retirer par avion vendu et à partir de combien d'avions on rentre dans notre argent? »

  • andré michaud
    Inscrit
    lundi 14 juillet 2008 08h56
    des concessions payantes, bravo!
    « Les syndiqués récoltent pour les concessions faites afin d'être plus concurentiels. Bravo pour la lucidité!

    Les autres syndicats d'autres secteurs qui s'entêteront à tenter de perpétuer le statu quo verront leur usine aller s'installer ailleurs...et ils perdront leur emploi...C'est la RÉALITÉ de 2008. Ceux qui ne s'adaptent pas, disparaissent! »

  • Réjean Grenier
    Abonné
    lundi 14 juillet 2008 09h31
    Et vogue le politique Charest
    « Ça faisait peine à voir, hier, la récupération que faisait
    le polique Charest de l'annonce de Bombardier de mettre en
    l'oeuvre la constrution de sa C-Sériees à Mirabelle et
    St-Laurent. Comme si le parti libéral avait quelque chose
    à voir la dedans. Bien sûr les Québécois ont prêtés quelques
    millions de dollars de part leurs taxes. Mais les gouvernements Charest et Harper ne peuvent tirer la couverture comme ils le font en faisant croire qu'ils sont
    les seuls et uniques responsables de la réussite extraordinaire de la famille Beaudoin.
    Et c'est devant cette famille et leurs employés que je lève mon chapeau en leurs souhaitant toute la chance qu'ils méritent.
    Réjean Grenier »

  • Jacques Lafond
    Abonné
    lundi 14 juillet 2008 10h06
    Mirabel
    « Enfin une bonne nouvelle. Enfin quelque chose de positif pour Montréal, pour le Québec. Enfin du dynamisme économique pour la région, etc.
    J'espère seulement, que les employés vont maintenant s'atteler sérieusement au travail, et travailler dans le but de créer un produit de très très haute qualité, comme il se doit. Mais je suis certain que oui.
    J'espère aussi que les employés n'oublieront pas comment c'est fragile un contrat de la sorte, et qu'ils ne demanderont pas des choses exagérées et non compétitives avec ce que la compagnie pourrait avoir ailleur. Mais, ça aussi j'ai confiance que ça va très bien aller...
    Alors, bravo.
    Il ne reste maintenant qu'à travailler pour ouvrir l'aéroport de Mirabel. On en a de besoin de cet aéroport. Un aéroport neuf, moderne, payé, qui est fermé, c'est un non sens. Donc, ''foutons'' à la porte la bande de vendus d'ADM, et ouvrons l'aéroport de Mirabel, comme il se doit... »

  • Jacques Lafond
    Abonné
    lundi 14 juillet 2008 15h09
    Les chialeux, négatifs, défaitistes de ce monde n'ont qu'à se taire maintenant
    « Bien dit Messieurs Yvon Chartrand et Jacques Noêl. Des gens de votre espèce n'ont qu'à se taire maintenant. Ils n'ont qu'aller se morfondre seul et ailleurs. Enfin une bonne nouvelle à célébrer, enfin quelque chose pour être fier.

    Le $467 millions venant des gouvernements est un prêt. Ce n'est pas un don. Cet argent sera remis aux gouvernements en temps et lieu. Ça fait bien $200 000 par job directement crée, mais considérant que chaque job va durer 20 ans, ça fait un prêt de $10 000 par job.

    Je ne parle pas ici des très grandes retombés économiques directs et indirects, en plus de plusieurs milliers de jobs indirects de crées par cette annonce.

    Bravo !! ... »

  • Paul Larose
    Abonné
    lundi 14 juillet 2008 15h47
    La série C
    « À ma connaissance, vous seul avez osé parler de la série C, au lieu de la Cseries.
    Bravo. J'espère que les autres prendront exemple sur vous. Mais comme l'a dit le président de Bombardier, "c'est une niche mal adressée."

    Paul Larose »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    lundi 14 juillet 2008 16h51
    @ M. Noël votre réponse : 4 ans
    « Vous dites que les journalistes ne sont pas curieux, il y a peu être une raison à cela. Les chiffres auraient tellement été bon pour M. Charest qu'ils n'ont pas osés les montrés. Mais vous dans votre hâte à tout discrédité le seul gouvernement qui fait passer le bien économique du peuple avant la souveraineté ou les autres balivernes aux quels tiennent mordicus les moutons du PQ, vous avez manqué le bateaux des maths.
    Ce que le gouvernement Charest a fait est beaucoup mieux que ce que fait le père noël, sans jeux de mot...
    Allons y avec quelques calculs simples car il y en a trop qui ont de la misère avec les chiffres, bon en lettre mais pauvre en chiffre :
    Argent de nos taxes :
    Ottawa : $350,000,000 dont seulement 20% viennent des taxes du Québec mais les bénéfices sont 100% au Québec. Donc des taxes Québécoises il n'y a que $70 millions (un cadeau du ROC de 280 millions)
    Québec : $117 millions qui sont à 100% de notre argent.
    Pour un Total de $187 millions de taxe d'origine Québécoise.
    Il y aura 3,500 emplois direct (et non 2,300 comme vous dites) (ce qui créera jusqu'à 3500 emplois sur une période de 20 ans.)
    Mais gardons vos chiffres pour les besoins de la discussion. À cela tous conviendront qu'il se greffera au moins 1,000 emplois indirectes. Pour un grand total minimum de 3,300 emploi pendant 20 ans.
    Le montant est maintenant de $56,667 par emplois pour 20 ans ou $2,800 par an de taxe d'origine Québécoise.
    Si le salaire moyen est de $50,000 et que chaque personne paie un minimum de 25% de son revenue brut en taxe directe et indirecte au Québec, cela fait $13,750 en taxe au Québec seulement par an, 3,300 emplois fait $43.375 millions et sur 20 ans $907.5 millions de taxe au Québec seulement. En 4 ans le montant de taxe directe et indirecte payé par ces 3,300 nouveaux emplois aurons payé totalement l'investissement Québécois total. Pas si mal pour un investissement de $187 million presque du 5 pour 1. Je me demande combien les aventure de Tricofil de la Payette nous on rapporté ou les investissements du PQ dans l'amiante et en Gaspésie. »

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