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Marée haute de la valeur du transport maritime

14 juin 2008  Actualités économiques
La principale cause de cette flambée des prix est la hausse du prix du pétrole, qui a grimpé de 40 % depuis le début de l’année.
Photo : Agence France-Presse
La principale cause de cette flambée des prix est la hausse du prix du pétrole, qui a grimpé de 40 % depuis le début de l’année.
Londres — Flambée des carburants, reprise de la production d'acier, exportations records de céréales américaines, embouteillages dans les ports... tout a concouru à pousser les prix du transport maritime à des niveaux records depuis un mois.

Les grands vraquiers qui convoient du charbon, des céréales ou du minerai de fer sur toutes les mers de la planète, n'ont jamais fait payer aussi cher le voyage : l'indice composite Baltic Dry Index (BDI) — moyenne des prix pratiqués sur 24 routes mondiales de transport de matières sèches — a grimpé le 20 mai jusqu'à 11 793 points, un record historique, dont il est toujours proche.

Le Baltic Panamax Index (BPI), qui comporte sept routes, dont la plupart concernent les céréales, s'était propulsé le 20 mai également à 11 425 points, un niveau jamais atteint.

Les armateurs pétroliers peuvent eux aussi se frotter les mains: en début de semaine, l'indice Baltic Clean Tanker Index, moyenne des prix pratiqués sur cinq routes de produits pétroliers raffinés (essence, gaz liquéfié, fioul de chauffage, etc.), a grimpé jeudi jusqu'à 1487 points, un plus haut depuis deux ans et demi.

La vitalité du trafic maritime a pris de court de nombreux analystes, notamment pour le vrac sec. Après s'être envolés à des records historiques à l'automne, les indices s'étaient écroulés en début d'année, perdant la moitié de leur valeur. «Les frets ont bondi, éclipsant leurs sommets de la fin 2007, soutenus par une forte demande sous-jacente dans les matières premières [...]», a résumé l'analyste Helen Henton, de la banque Standard Chartered.

Pour Sverre Svenning, de l'agent maritime Fearnleys, la première raison de cette brutale accélération des prix tient à la flambée du pétrole, qui a pris près de 40 % depuis le début de l'année et atteint 139,12 $US le baril.

«Selon moi, la hausse du transport maritime est due aux coûts. Si le fioul augmente de 10 $ par tonne, le coût de transport augmente de 1000 $ par jour pour un superpétrolier et de 500 $ pour un vraquier», a-t-il affirmé à l'AFP. La facture de fioul d'un grand porte-conteneurs traversant le Pacifique en 28 jours se chiffre à plus de 3 millions a calculé de son côté le World Shipping Council.

Le facteur sidérurgique

Une forte reprise de l'activité sidérurgique a été également citée comme un facteur essentiel.

À partir du mois de mars, après une période de stagnation de la production fin 2007 et début 2008, «les aciéristes de taille moyenne sont à nouveau entrés en action, à la faveur d'une forte hausse des prix de l'acier, qui les a rendus à nouveau rentables», explique ainsi James Leake, analyste de l'agent maritime Icap Hyde.

Pour compléter le tableau, les exportations de céréales ont atteint des niveaux records, les États-Unis étant devenus cette année le grenier du monde, après une série de récoltes désastreuses en Europe, en Argentine et en Australie. «Les ventes de céréales américaines [...] ont atteint des niveaux records cette année [2007-08]. Au dernier trimestre 2007, un chiffre record de 40 millions de tonnes attendait encore d'être acheminé», a précisé James Leake.

En toile de fond, la flotte maritime est à peine suffisante à satisfaire une demande de transport en plein essor, tirée par l'industrialisation chinoise.

Enfin, la congestion des ports en Australie, un des principaux producteurs de charbon et minerai de fer et un gros fournisseur de l'Extrême-orient, exacerbe les tensions sur l'offre de navires. Dans un tel contexte, explique James Leake, un seul facteur suffit à faire grimper les prix. «Or, on a eu toutes les raisons qu'on pouvait imaginer à la fois», résume-t-il.

Dès que l'un de ces facteurs se sera estompé, les armateurs devraient consentir quelques rabais.






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