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L'exception qui confirme la règle

Enfin! Des accusations de collusion pour hausser le prix de l'essence sont portées contre des détaillants de quatre régions du Québec, et d'autres suivront. Une grande pétrolière est en cause, Ultramar, mais ce sont surtout les détaillants qui complotaient pour leur propre profit. Il faut renforcer la loi pour donner plus de pouvoir au Bureau de la concurrence.

Comme consommateurs, on peut avoir l'impression que des organisations telles que le Bureau de la concurrence du Canada (BCC) sont là pour nous protéger, ce qui n'est le cas qu'indirectement. En fait, l'interdiction de s'entendre entre concurrents pour fixer le prix d'un bien fait partie depuis longtemps des principes de base du capitalisme. Cela peut paraître contradictoire, car, après tout, quel est l'objectif le plus cher d'une entreprise capitaliste sinon de faire disparaître son concurrent? Le hic, c'est que, sans concurrence, le système ne fonctionne plus.

Ces lois concoctées pour protéger le capitalisme contre ses propres excès interdisent aux sociétés d'en acquérir d'autres au point de contrôler une trop grande part du marché, mais aussi de comploter pour se partager un marché ou fixer le prix d'un produit, des tactiques qui sont aussi destinées à gonfler les profits.

Dans le cas des poursuites annoncées cette semaine, ce sont 13 individus et 11 détaillants, souvent des petits commerçants, propriétaires de dépanneurs ou distributeurs locaux, qui ont été pris à comploter pour hausser le prix du carburant dans les régions de Victoriaville, de Magog, de Sherbrooke et de Thetford Mines.

L'enquête n'a pas permis de mettre en cause la direction des grandes pétrolières, mais Ultramar a tout de même dû payer une amende de 1,8 million de dollars après avoir reconnu qu'un de ses employés avait participé localement au cartel. Pour ce qui est des autres multinationales, il est tout de même permis de s'interroger sur le niveau d'autonomie dont disposent les employés de ces grandes sociétés, qui sont souvent propriétaires de stations-service.

Dans une ville comme Victoriaville, 23 des 24 stations-service s'entendaient entre elles pour hausser les prix, alors qu'à Sherbrooke et à Magog, elles étaient 54 sur 66 à communiquer par chaîne téléphonique. La perte pour les consommateurs a pu atteindre quelques millions.

La plupart des commerces étaient affiliés à l'une des grandes pétrolières, mais certains faisaient aussi partie du fameux groupe des «indépendants» qui se plaint depuis toujours de la concurrence déloyale des géants. Le propriétaire de l'un d'eux, Michel Therrien de Pétro-T, est même membre du conseil d'administration de l'Association québécoise des indépendants du pétrole, qui a obtenu du gouvernement du Québec, à l'époque du ministre Guy Chevrette, qu'il fixe un prix plancher dans les régions où la concurrence est trop vive. Curieuse façon de défendre la concurrence que de s'entendre avec ses ennemis pour hausser les prix!

Si certains commerçants et Ultramar ont reconnu d'emblée leur culpabilité et collaboré avec le BCC, d'autres devront subir un procès. Il a fallu deux années d'écoute électronique et de visites répétées à cinq enquêteurs pour construire la preuve. Selon ce qu'on a pu apprendre à ce jour, les fautifs n'étaient pas très malins puisque tout se passait au téléphone, ce qui est rarement le cas dans les affaires de cartel entre les grandes sociétés au fait des risques de poursuite. Voilà d'ailleurs pourquoi il arrive si rarement que des entreprises soient condamnées pour avoir enfreint la loi.

À Québec, l'opposition s'est plainte que la Régie de l'énergie n'ait rien fait mais, comme l'a précisé le premier ministre Charest, là n'est pas son mandat en vertu de la Constitution. D'ailleurs, pourquoi souhaiter un tel dédoublement de responsabilités? Déjà, il était exagéré de donner à la Régie le pouvoir de pénaliser les détaillants qui vendent leur essence moins cher que le prix plancher sous prétexte de protéger les indépendants. Si on veut aider les consommateurs aux prises avec des prix de l'essence trop élevés, on devrait commencer par annuler cette loi.

En revanche, le Bloc québécois a raison de demander à Ottawa d'accroître les pouvoirs du BCC et de lui permettre d'enquêter sans attendre d'avoir reçu une plainte du public. Ce sont eux, les experts du BCC, qui sont le plus à même de relever les indices de complot et de cartel commercial. Pour le moment, les résultats obtenus par le BCC ne sont que l'exception qui confirme que le Canada est encore beaucoup trop laxiste en matière de protection des règles de la concurrence.
 
 
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  • l poisson - Inscrit
    14 juin 2008 04 h 24
    En direct de l<Institut economique de MTL
    Pour defendre encore une fois les petrolieres, l'Institut economique de Mtl devra recycler la prose elegante de son economiste qui s'exprimait ainsi il y a deux ans:

    <<La hausse récente du prix de l'essence a de nouveau déclenché la grogne des automobilistes. Tout le monde proteste et accuse les pétrolières d'extorquer les consommateurs. À écouter le discours ambiant, nous sommes les victimes impuissantes de pétrolières obsédées par leur rentabilité.
    (...)
    Mais comme le pétrole coûte plus cher qu'en 1998, les observateurs croient qu'il est justifié de condamner les pétrolières. Les gouvernements se joignent à la parade et passent pour des héros en demandant aux pétrolières de s'expliquer et en ordonnant des enquêtes pour s'assurer qu'elles ne font pas collusion pour gonfler les prix. Malgré les efforts du Bureau de la concurrence, aucune des nombreuses enquêtes des dernières années n'a conclu à une possible collusion.>>

    (Source:Encore l'essence
    Le Journal de Montréal, p. 28 / Nathalie Elgrably-Lévy, 19 avril 2006)

    Pour obtenir plus rapidement sa liberation conditionnelle, Vincent Lacroix pourrait offrir ses services a l<Institut economique de MTL.
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  • Fernand Trudel - Abonné
    14 juin 2008 12 h 03
    Avez vous lu : Les sept soeurs d'Anthony Sampson ???
    Un journaliste britanntique indépendant, Anthony Sampson, avait rencontré tous les grands patrons des 7 soeurs pétrolières: Exxon, Shell, Texaco, Mobil, BP, Socal(Chevron) et Gulf ainsi que les nouveaux riches de l'OPEP. Il a tracé un portrait saisissant de la situation qui lui valu le prix international de la presse en 1976. Il l'a résumé dans un livre intitulé «Les 7 Soeurs». Dans ce livre, il nous fait revivre l'atmosphère dramatique des réunions où furent prises ces dernières années des décisions qui ont bouleversé le monde et le bouleverse encore.

    Après avoir lu ce livre, je ne suis pas surpris que le voile se lève sur la collusion des pétrolières.

    Ce qui me choque le plus, c'est que le leadership des pétrolières au Canada est incarnée par une société créé par le fédéral : Pétro-Canada. À l'origine cette compagnie fut créé par le gouvernement fédéral qui en était l'unique propriétaire. Pour le prof lauzon qui croit en la nationalisation du pétrole comme solution, je peux lui donner en exemple cette copmpagnie et comment elle a failli à stopper le prix à la pompe.

    Pétro-Canada a avalé au Canada les activités de Texaco, Pétrofina et de Gulf en plus de partir le projet de forage sousmarin Hibernia au large des cotes de Terre-Neuve. Naturellement, le besoin de capitaux pour acheter ces compagnies et supporter l'incvestissement de 5 milliards dans Hibernia a obligé la compagnie à ouvrir une partie de son capital-action au public en s'inscrivant à la bourse. Mais il n'en demeure pas moins que les grandes orientations ont été données par le gouvernement fédéral de l'époque ce qui devrait diminuer les velléités du prof Lauzon. La nationalisation de Pétro-Canada a créé un loup dans la bergerie mais un loup encore plus assoiffé de puissance et de profits.

    À chaque fois que les prix augmentent Pétro-Canada est dans le peloton de tête si ce n'est le leader. Alors le prof lauzon erre quand il dit que la présence de l'état va discipliner les pétrolières. Foutaise...

    Les pétrolières sont des compagnies publiques dont le capital-actions est au trois quart acheté par des fonds mutuels, des fonds de pensions ou des individus pour des REER. Eux cherchent un rendement sûr pour la prostérité de leur porte-feuille même le mari de la Ministre Beauchamp fait de même.

    Mais les plus intéressés à ce que les prix augmentent demeurent les gouvernements et leur taxes dont certaines sont ascenceurs. Ces même gouvernements qui nous incitent à remplacer le pétrole par d'autres sources qu'ils vont taxer et pour vous inciter, créent des taxes nouvelles comme celle du carbone du Ministre Béchard qui n'a fait qu'accélérer le prix à la pompe.

    Pourquoi ??? Pour subventionner à l'aide de 200 millions. la construction d'une usine d'éthanol à Varennes. Voilà les gouvernement nous manipulent et font passer les pétrolières pour des méchantes abuseuses...

    Ce n'est pas en créant de nouvelles taxes ou une bourse du carbone qu'on va remplacer le pétrole mais en faisant de la recherche d'alternative. L'éthanol a affamé les peuples et s'avère plus polluante. Donc le gouvernement québécois a erré dans sa tentative supportée par le fédéral.

    Il demeure l'électricité et la capacité de durée de la batterie est le principal handicap. Le gaz naturel s'en vient mais n'est pas plus économique quoique moins polluant. Il reste l'hydrogène qui graduellement fait sa niche. Déjà Air Liquide, Shell et BP commerecialisent l'hydrogène aux États Unis sur une base industrielle et en Europe. Il ne manque qu'un réseau de distribution adéquat pour faire une percée dans l'automobile et ouvrir au public ce marché. Le nanocondensateur découvert par MIT permet de miniaturiser encore plus les batteries rendant encore plus faisable la voiture électrique ou à l'hydrogène. L'Institut de recherche en hydrogène de l'UQTR est assez avancée pour que paraisse dans le Nouvelliste du 13 juin un article intitulé «L'hydrogène pour remplacer de l'essence»

    http://www.cyberpresse.ca/article/20080613/CPNOUVE

    Oui, l'avenir aux solutions alternatives demeure la recherche, rien d'autres...
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  • Fernand Trudel - Abonné
    15 juin 2008 11 h 28
    Le Canada est moins densément peuplé et surréglementé
    Deux phénomènes conduisent à une différence du prix avec nos voisins du sud pour les denrées y compris le pétrole .

    D'abord le territoire aussi immense que nos vopisins est peuplé au Canada à 10% de celui des États-Unis ( 30 millions comparativement à 290 millions). Les distancecs entre les villes moins populeuses augmentent les coûts de distribution. Montréal n'est pas New-York, ni Toronto n'est pas Los Angeles. Soyons réalistes...

    Ensuite, la réglementation "ad nauséam" empêche le libre marché bénéfique à la concurrence des prix. Cette réglementation gouvernementale conduit à une bureaucratie envahissante et contribue à la hausse des prix car les coûts de gestion bureaucratiques étatiques et les taxes ou licences gouvernementales s'y afférant contribuent à cet écart des prix à la consommation.

    Quand les taxes gouvernementales sont une partie importante du prix de l'essence à la pompe et que chaque augmentation signifie des rentrées de taxes accrues, on se demande qui contribue à cette arnaque des canadiens; les dindons de la farce économique. Les dirigeants du G8+ sont réunis à Osaka pour analyser la situation des hausses du prix du baril mais auront-ils l'honnêteté de s'inclure eux-mêmes dans une partie du problème ?

    En tout cas, ici au Québec on a trouvé la solution: Taxer davantage. La taxe environnemetale de Claude Béchard qui visait les canards noirs (les pétrolières) ont tué les canards blancs (les consommateurs). Oui, 200 millions par année qui se réflète sur le prix à la pompe. Bravo au gouvernement Charest et à sa fidèle opposition. Charest peut bien de faire poser avec Al Gore. Deux politiciens menteurs qui s'assemblent pour s'autogongratuler... Charest peut bien construire une usine d'Éthanol. Il fait alors parti du cartel de Gore qui fait la guerre aux pétrolières pour placer l'éthanol de ses amis. Le milliardaire ami de Gore, Charles Branson investit présentement 400 millions dans la production d'éthanol à base de canne à sucre africaine. De quoi nous affamer davantage...

    Mais l'éthanol est t'il moins polluant ??? Non au contraire...

    Alors quel est l'objet de cette guerre Éthanol vs pétrole et pourquoi les écolos nous empêchent d'exploiter les réserves pétrolifères actuellement découvertes. Sont ils payés par le clan Gore. Ma foi, je le crois surtout quand je vois le gouvernement Charest donne des un terrain de 1,3 million en plein centre-ville de Montréal à Équiterre dirigé par Steven Guilbault, ex-greenpeace et conseiller de Béchard pour y construire un édifice pour regrouper les écolos de la simplicité volontaire accrochés aux mamelles des subventions étatiques. On va construire un édifice de sept étages bâti écologiquement à coup de subventions publiques. Nos taxes à l'oeuvre...

    http://www.maisondeveloppementdurable.org/projet

    Mais nous les cochons de payeurs de taxes, les sans voix, nous ployons sous la bureaucratie autocrate et vorace. Taxes, taxes, taxes... Tout est bon pour alimenter la machine infernale des grattes papiers... Parlotte ici et parlotte là... Promesses ici, et repromesses là... Nos dirigeants font les quatre coins de la planète pour régler les problèmes de leurs commettants médusés et appauvris...
    D'Osaka naitra un comité qui fera rapport au prochain rassemblement planétaire de notre G8+ sans compter les sommets de l'ONU et de son réchauffemtn climatique calculé à l'aide des ordis du bogue de l'an 2000. Ce qui fait dire à Syun-Ichi Akasofu, Professeur Emérite de Physique, fondateur du Centre International de Recherche Arctique (IARC) de l'Université de Fairbanks Alaska, ces paroles sages quand il parle de désinformations et de mauvaises interprétations les données véhiculés par les alarmistes et les médias serviles: «Je suis inquiet d'un inévitable retour de flamme contre la science et les scientifiques, quand le public prendra connaissance des informations correctes au sujet du changement climatique.»

    Pendant ce temps les citoyens crèvent et se font égorger...
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  • Pierre Ducharme - Abonné
    15 juin 2008 15 h 24
    Petits et gros poissons
    Je ne suis pas lié, ni de près, ni de loin, au commerce de l'essence. Mais comme tout le monde, je sais que les détaillants n'ont qu'un impact minime dans le prix de l'essence à la pompe, leur profit n'étant que de quelques sous par litre.
    Donc, c'est bien beau de s'en prendre aux détaillants qui ont comploté pour en fixer le prix. C'est pas beau, ça! Mais cela ne changera pas grand chose au fait que la baril d'essence se vend 130$, alors que tous les experts disent qu'il ne devrait pas dépasser 80$ ou 90$.
    Alors on fait une belle enquête sur les détaillants, les petits poissons, puis on organisera un beau recours collectifs. Chaque utilisateur se verra peut-être rembouser 10$ ou 20$ en bout de piste. Pendant ce temps, les gros poissons, pétrolières et spéculateurs, continueront à nager dans les milliards.
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