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Réponse des compagnies aériennes au pétrole cher: moins de vols

7 juin 2008  Actualités économiques
Un agent de sécurité de Qantas patrouille les installations de l’aéroport de Sydney. Le transporteur australien va supprimer plusieurs de ses vols vers l’Asie.
Photo : Agence France-Presse
Un agent de sécurité de Qantas patrouille les installations de l’aéroport de Sydney. Le transporteur australien va supprimer plusieurs de ses vols vers l’Asie.
Paris — Plusieurs compagnies aériennes, les américaines en tête, ont annoncé ces derniers jours des réductions du nombre de leurs vols pour faire face à la flambée des cours du pétrole, un mouvement qui pourrait se généraliser et pousser les prix des billets à la hausse.

Imitant ses concurrents United Airlines et American Airlines, Continental Airlines a annoncé jeudi une réduction de 11 % de ses capacités sur les vols intérieurs aux États-Unis à compter du quatrième trimestre.

L'australien Qantas va, lui, supprimer plusieurs de ses vols vers l'Asie, tandis que deux des principales compagnies aériennes chinoises, China Southern Airlines et China Eastern Airlines, vont réduire leurs vols internationaux, au moins temporairement.

Tous citent la hausse du prix du kérosène à l'appui de leur décision. Malgré un net repli après avoir atteint un record à plus de 135 $US, le baril de pétrole se situait encore près de 123 $US jeudi.

Certaines dessertes, autrefois rentables, sont aujourd'hui déficitaires. En outre, «depuis peu de temps, les coûts variables sont supérieurs aux coûts fixes» pour les transporteurs aériens, explique Yan Derocles, analyste chez Oddo Securities. «Laisser un appareil au sol a donc un impact significatif sur le résultat de la compagnie» et représente une économie importante, ajoute-t-il.

Moins d'appareils

American, United et Continental ont même fait un pas supplémentaire en retirant, par dizaines, des appareils anciens de leur flotte. Des avions très gourmands en carburant, que leurs concurrents étrangers ont le plus souvent déjà renouvelé par d'autres modèles plus économes.

La situation des compagnies américaines est ainsi plus difficile que celle de leurs consoeurs, différence soulignée notamment par des réductions de capacités beaucoup plus marquées qu'ailleurs. «Je ne pense pas que ça se relève», estime M. Derocles au sujet des capacités. «On savait déjà qu'il y avait surcapacité» aux États-Unis, ajoute-t-il.

En réduisant le nombre des vols, les compagnies cherchent également à contracter l'offre et à se ménager la possibilité d'augmenter le prix des billets.

Les dirigeants de Continental ont pointé dans cette direction jeudi, tandis qu'United s'est dit persuadé mercredi de pouvoir répondre à la hausse des prix du carburant d'ici 2009, pour peu que le reste de la profession prenne des mesures analogues.

«Ils vont essayer de répercuter au client une partie du surcoût», estime un analyste de CM-CIC Securities. Un sentiment partagé par les investisseurs, la plupart des compagnies américaines voyant leur cours de Bourse bondir jeudi après l'annonce de Continental.

Selon une note de Credit Suisse, l'industrie aérienne américaine doit augmenter de 15 à 25 % ses tarifs pour atteindre la rentabilité avec un baril à 125 $US. «Si l'un des transporteurs augmente ses prix, nous croyons que les autres suivront», ont estimé les auteurs de la note.

Si le marché intérieur américain est particulièrement touché, il pourrait s'étendre plus nettement au secteur tout entier. «Selon l'évolution des cours du pétrole, le mouvement va s'accélérer ou se stabiliser», considère M. Derocles.

Une poursuite de la hausse du prix du baril pourrait pousser les prix vers le haut et contraindre les compagnies à renouveler plus rapidement leur flotte. «Entre les plus anciens modèles en circulation et les plus récents, il est possible de réaliser des économies atteignant jusqu'à 30 %, voire au-delà», indique l'analyste de CM-CIC Securities.

Pour faciliter le mouvement, «on va voir un retour à l'utilisation du financement clients de la part de Boeing et Airbus qui avait été mis entre parenthèses depuis 2001 et 2002», prévoit M. Derocles.






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