GM acculé à la conversion écologique
Photo : Agence France-Presse
Le siège social de General Motors, à Detroit. Le numéro un américain de l’automobile a présenté hier, peu avant l’ouverture de sa
100e assemblée générale des actionnaires, une franche réorientation de sa gamme vers les modèles compacts et
New York — Le constructeur automobile General Motors a dévoilé hier un virage stratégique pour faire face à l'effondrement des ventes sur le marché américain des 4x4 et pick-up, trop gourmands en carburant, alors que la hausse des prix de l'énergie semble irréversible.
Le numéro un américain de l'automobile a présenté, peu avant l'ouverture de sa 100e assemblée générale des actionnaires, une franche réorientation de sa gamme vers les modèles compacts et économes en carburant. Cette décision entraînera la fermeture de quatre usines dédiées aux camions, ces gros véhicules tout-terrain bâtis sur des châssis de petits camions.
Ces fermetures touchent quatre usines qui fabriquent des véhicules utilitaires sport (VUS) et des camionnettes en Amérique du Nord, dont celle d'Oshawa, en Ontario, inaugurée en 1965. Une mesure qui n'est ni plus ni moins qu'un acte de trahison, selon le syndicat des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA).
Selon le président et chef de la direction de GM, Rick Wagoner, la flambée des prix de l'essence constitue un changement structurel de nature permanente et non pas uniquement cyclique. Au cours des derniers mois, les ventes de VUS et de camions légers ont chuté en Amérique du Nord. GM dit vouloir réagir «énergiquement» à cette situation en réduisant sa production de véhicules énergivores et en augmentant la production de véhicules plus petits et plus en demande.
L'usine d'Oshawa, qui emploie quelque 1000 personnes, assemble présentement les modèles Silverado, Sierra, Sierra Denali et Sierre Texas. GM a annoncé que cette usine cessera de produire en 2009, précisant qu'elle ne prévoit pas lui allouer l'assemblage d'autres produits dans l'avenir, ce qui laisse entrevoir une fermeture permanente.
Le président de la section locale du syndicat des TCA à Oshawa, Chris Buckley, a réagi quelques heures après l'annonce en disant qu'il s'agit ni plus ni moins que d'un acte de trahison, «absolument dégoûtant». «Nous venons juste de signer une nouvelle convention collective de deux ans le 16 mai dernier. Nous avons ratifié une entente qui donne pour l'essentiel des millions de dollars à la compagnie en coûts d'exploitation pour qu'elle soit plus concurrentielle.»
De son côté, le président national des TCA, Buzz Hargrove, a rappelé que GM s'était engagé à produire des camionnettes à Oshawa pour la durée de la convention de travail. Par ailleurs, une source au sein du gouvernement ontarien a indiqué que GM viole ainsi une entente conclue avec la province et que la compagnie devra rembourser plus tôt que prévu une partie de la garantie de prêt de 175 millions qui lui a été accordé.
Le constructeur ne semble pas non plus avoir de plan d'avenir pour ses trois autres usines visées par son annonce d'hier, soit celle de Moraine, en Ohio, celle de Janesville, dans l'État du Wisconsin, et celle de Toluca, au Mexique.
La direction a assuré «prendre les mesures nécessaires pour atténuer l'impact sur les employés» de ces fermetures, entre transferts d'effectifs et départs volontaires dans le cadre d'un guichet départ déjà ouvert.
GM prévoit que 18 de ses 19 prochains modèles mis sur le marché seront des crossover, véhicules dotés d'une carrosserie de 4x4 et d'une plate-forme de berline. Plus de 20 modèles hybrides, alliant motorisations électrique et traditionnelle, seront lancés d'ici 2012, a assuré le groupe.
Le constructeur a aussi promis pour 2010 l'arrivée chez les concessionnaires d'une voiture tout électrique, son vieux projet de Chevrolet Volt.
Rick Wagoner a défendu devant les actionnaires un choix de raison. «Depuis le début de l'année, l'économie et le marché automobiles américains sont devenus sensiblement plus difficiles», a-t-il expliqué. Avec des prix du pétrole qui ont doublé depuis un an et ont franchi ces dernières semaines record sur record, les choix des consommateurs changent rapidement, «et ce sont des changements qui vont devenir permanents», a relevé M. Wagoner.
Symbole de la rupture annoncée, GM étudie même la refonte de la gamme, voire la cession pure et simple de sa marque Hummer, archétype du 4x4 de luxe et l'un des modèles les plus gourmands en carburant de la planète.
«Nous allons publier ce jour nos ventes mensuelles de mai, et vous verrez que les chiffres montrent un clair transfert» de la demande vers les modèles économes en carburant, a ajouté le directeur financier Fritz Henderson. Les analystes de Bank of America tablent sur une chute de 25 % des ventes de GM en mai (-16,3 % en avril), contre -11 % pour l'ensemble du secteur. En avril, GM était tombé à un plus bas historique de 20,5 % de parts de marché aux États-Unis, selon le cabinet Autodata.
Ces annonces ont plu à la communauté financière hier, tandis que plusieurs analystes saluaient l'opportunité des mesures. La Maison-Blanche a de son côté jugé que GM «s'adaptait bien» aux changements du marché.
Pour GM, il s'agit d'un énième additif à la restructuration de fond engagée en 2005. L'annonce de mardi fait écho à la décision fin mai de son concurrent Ford de réduire sa production de gros véhicules, pour les mêmes raisons. Déjà plus tôt cette année, GM avait intensifié ses efforts pour pouvoir tenir ses objectifs financiers malgré le ralentissement économique.
Si Ford avait reconnu fin mai qu'il ne pourrait tenir son objectif de retour à la rentabilité en 2009, GM s'est gardé hier de commenter son propre calendrier. «Je ne vais pas donner d'agenda pour la rentabilité. La région États-Unis devrait assurément profiter de la restructuration et des nouveaux véhicules», a simplement dit M. Wagoner.
Ce dernier a aussi assuré que les économies de coûts — un milliard $US pour les quatre usines fermées, en plus des cinq milliards du plan actuel d'économies — compenseraient les futures dépréciations d'actifs liées aux arrêts de production.
Le numéro un américain de l'automobile a présenté, peu avant l'ouverture de sa 100e assemblée générale des actionnaires, une franche réorientation de sa gamme vers les modèles compacts et économes en carburant. Cette décision entraînera la fermeture de quatre usines dédiées aux camions, ces gros véhicules tout-terrain bâtis sur des châssis de petits camions.
Ces fermetures touchent quatre usines qui fabriquent des véhicules utilitaires sport (VUS) et des camionnettes en Amérique du Nord, dont celle d'Oshawa, en Ontario, inaugurée en 1965. Une mesure qui n'est ni plus ni moins qu'un acte de trahison, selon le syndicat des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA).
Selon le président et chef de la direction de GM, Rick Wagoner, la flambée des prix de l'essence constitue un changement structurel de nature permanente et non pas uniquement cyclique. Au cours des derniers mois, les ventes de VUS et de camions légers ont chuté en Amérique du Nord. GM dit vouloir réagir «énergiquement» à cette situation en réduisant sa production de véhicules énergivores et en augmentant la production de véhicules plus petits et plus en demande.
L'usine d'Oshawa, qui emploie quelque 1000 personnes, assemble présentement les modèles Silverado, Sierra, Sierra Denali et Sierre Texas. GM a annoncé que cette usine cessera de produire en 2009, précisant qu'elle ne prévoit pas lui allouer l'assemblage d'autres produits dans l'avenir, ce qui laisse entrevoir une fermeture permanente.
Le président de la section locale du syndicat des TCA à Oshawa, Chris Buckley, a réagi quelques heures après l'annonce en disant qu'il s'agit ni plus ni moins que d'un acte de trahison, «absolument dégoûtant». «Nous venons juste de signer une nouvelle convention collective de deux ans le 16 mai dernier. Nous avons ratifié une entente qui donne pour l'essentiel des millions de dollars à la compagnie en coûts d'exploitation pour qu'elle soit plus concurrentielle.»
De son côté, le président national des TCA, Buzz Hargrove, a rappelé que GM s'était engagé à produire des camionnettes à Oshawa pour la durée de la convention de travail. Par ailleurs, une source au sein du gouvernement ontarien a indiqué que GM viole ainsi une entente conclue avec la province et que la compagnie devra rembourser plus tôt que prévu une partie de la garantie de prêt de 175 millions qui lui a été accordé.
Le constructeur ne semble pas non plus avoir de plan d'avenir pour ses trois autres usines visées par son annonce d'hier, soit celle de Moraine, en Ohio, celle de Janesville, dans l'État du Wisconsin, et celle de Toluca, au Mexique.
La direction a assuré «prendre les mesures nécessaires pour atténuer l'impact sur les employés» de ces fermetures, entre transferts d'effectifs et départs volontaires dans le cadre d'un guichet départ déjà ouvert.
GM prévoit que 18 de ses 19 prochains modèles mis sur le marché seront des crossover, véhicules dotés d'une carrosserie de 4x4 et d'une plate-forme de berline. Plus de 20 modèles hybrides, alliant motorisations électrique et traditionnelle, seront lancés d'ici 2012, a assuré le groupe.
Le constructeur a aussi promis pour 2010 l'arrivée chez les concessionnaires d'une voiture tout électrique, son vieux projet de Chevrolet Volt.
Rick Wagoner a défendu devant les actionnaires un choix de raison. «Depuis le début de l'année, l'économie et le marché automobiles américains sont devenus sensiblement plus difficiles», a-t-il expliqué. Avec des prix du pétrole qui ont doublé depuis un an et ont franchi ces dernières semaines record sur record, les choix des consommateurs changent rapidement, «et ce sont des changements qui vont devenir permanents», a relevé M. Wagoner.
Symbole de la rupture annoncée, GM étudie même la refonte de la gamme, voire la cession pure et simple de sa marque Hummer, archétype du 4x4 de luxe et l'un des modèles les plus gourmands en carburant de la planète.
«Nous allons publier ce jour nos ventes mensuelles de mai, et vous verrez que les chiffres montrent un clair transfert» de la demande vers les modèles économes en carburant, a ajouté le directeur financier Fritz Henderson. Les analystes de Bank of America tablent sur une chute de 25 % des ventes de GM en mai (-16,3 % en avril), contre -11 % pour l'ensemble du secteur. En avril, GM était tombé à un plus bas historique de 20,5 % de parts de marché aux États-Unis, selon le cabinet Autodata.
Ces annonces ont plu à la communauté financière hier, tandis que plusieurs analystes saluaient l'opportunité des mesures. La Maison-Blanche a de son côté jugé que GM «s'adaptait bien» aux changements du marché.
Pour GM, il s'agit d'un énième additif à la restructuration de fond engagée en 2005. L'annonce de mardi fait écho à la décision fin mai de son concurrent Ford de réduire sa production de gros véhicules, pour les mêmes raisons. Déjà plus tôt cette année, GM avait intensifié ses efforts pour pouvoir tenir ses objectifs financiers malgré le ralentissement économique.
Si Ford avait reconnu fin mai qu'il ne pourrait tenir son objectif de retour à la rentabilité en 2009, GM s'est gardé hier de commenter son propre calendrier. «Je ne vais pas donner d'agenda pour la rentabilité. La région États-Unis devrait assurément profiter de la restructuration et des nouveaux véhicules», a simplement dit M. Wagoner.
Ce dernier a aussi assuré que les économies de coûts — un milliard $US pour les quatre usines fermées, en plus des cinq milliards du plan actuel d'économies — compenseraient les futures dépréciations d'actifs liées aux arrêts de production.
Haut de la page

