Le fonds TPG vole au secours de Bradford & Bingley
3 juin 2008
Actualités économiques
Photo : Agence Reuters
La banque britannique Bradford & Bingley est tombée dans le rouge du fait du retournement du marché immobilier.
Londres — La banque britannique Bradford & Bingley (B&B), tombée dans le rouge du fait du retournement du marché immobilier, a invité le fonds américain Texas Pacific (TPG) à son capital pour se renflouer, ravivant les craintes sur la santé d'un secteur déjà traumatisé par la chute de Northern Rock.
TPG, qui gère plus de 30 milliards $US d'actifs, va investir 179 millions de livres (environ 352 millions de dollars) pour acquérir 23 % de son capital, en deux tranches. Il en deviendra ainsi le premier actionnaire, avec deux postes au conseil d'administration.
B&B va parallèlement procéder à une augmentation de capital, comme annoncé en mai, pour un montant toutefois revu à la baisse à 258 millions de livres au lieu de 300 millions. Au total, elle compte donc lever 400 millions de livres, net de frais. Les actions émises dans les deux cas le seront à un prix très bas, 55 pences, alors qu'au départ B&B avait fixé le tarif à 82 pences.
La banque a justifié cette entrée de TPG à prix cassé, qui fait écho aux récentes opérations de sauvetage de grandes banques américaines par des fonds principalement asiatiques et moyen-orientaux, par la nécessité de solidifier son bilan, rongé comme celui de ses compatriotes RBS, HBOS ou Barclays par la crise du crédit.
Double sanction
B&B, spécialisée sur le créneau des prêts dédiés à l'investissement locatif et des prêts dits subprime destinés aux emprunteurs les moins solvables, s'est retrouvée doublement sanctionnée par le renchérissement des conditions d'emprunt.
Celui-ci a à la fois augmenté le niveau de ses impayés et fait bondir les taux d'intérêt auxquels elle-même se refinance, réduisant ainsi sa marge qui ne devrait pas dépasser un très maigre 0,95 point cette année (1,16 début 2007).
Pour ces mêmes raisons, elle table sur une perte avant impôts de huit millions de livres sur les quatre premiers mois de cette année, au lieu d'un bénéfice de 107 millions sur la période comparable de 2007, et a prévenu que le reste de l'exercice devrait être du même tonneau.
L'action a aussitôt dégringolé, perdant jusqu'à 32 % en séance, et terminant en recul de 24,1 %, à 67 pences. Les cours des autres banques britanniques ont plongé dans son sillage, poussant même RBS à préciser dans un communiqué que le marché de l'investissement locatif pesait moins de 1% de son portefeuille de prêts, tandis que HBOS, qui a perdu 10 % en Bourse, assurait maintenir ses prévisions.
Certains investisseurs n'auront pas manqué de dresser un parallèle entre B&B et Northern Rock. En effet, leurs profils sont très similaires. Comme sa rivale tristement célèbre, B&B est une ancienne société mutuelle d'épargne immobilière remontant au XIXe siècle. Comme elle, Bradford & Bingley s'était tranformée il y a quelques années en une société anonyme cotée en Bourse. Comme elle, son passage dans le privé a été suivi d'une ascension fulgurante, qui l'a vue se hisser au rang de numéro un des prêts à l'investissement locatif.
Cependant, la plupart des commentateurs ont souligné hier que les problèmes des deux groupes n'ont rien de comparable, jusqu'au ministre des Finances Alistair Darling qui a assuré sur la chaîne Sky News que le cas de B&B était «complètement différent».
Alors que Northern Rock s'était retrouvée acculée à une quasi-faillite faute de liquidités, ce qui a conduit le gouvernement à la nationaliser en février, B&B a encore les reins suffisamment solides pour poursuivre ses activités.
Mais, si TPG ne semble pas désireuse de s'emparer du reste du capital, il n'est pas certain que B&B, de surcroît privée de son président Steven Crawshaw, victime d'ennuis de santé, réussisse à conserver son indépendance. Ses difficultés en font une proie possible pour une concurrente comme Lloyds TSB, qui selon la maison de courtage Collins Stewart, «pourrait être tentée de lui donner le baiser de la mort».
TPG, qui gère plus de 30 milliards $US d'actifs, va investir 179 millions de livres (environ 352 millions de dollars) pour acquérir 23 % de son capital, en deux tranches. Il en deviendra ainsi le premier actionnaire, avec deux postes au conseil d'administration.
B&B va parallèlement procéder à une augmentation de capital, comme annoncé en mai, pour un montant toutefois revu à la baisse à 258 millions de livres au lieu de 300 millions. Au total, elle compte donc lever 400 millions de livres, net de frais. Les actions émises dans les deux cas le seront à un prix très bas, 55 pences, alors qu'au départ B&B avait fixé le tarif à 82 pences.
La banque a justifié cette entrée de TPG à prix cassé, qui fait écho aux récentes opérations de sauvetage de grandes banques américaines par des fonds principalement asiatiques et moyen-orientaux, par la nécessité de solidifier son bilan, rongé comme celui de ses compatriotes RBS, HBOS ou Barclays par la crise du crédit.
Double sanction
B&B, spécialisée sur le créneau des prêts dédiés à l'investissement locatif et des prêts dits subprime destinés aux emprunteurs les moins solvables, s'est retrouvée doublement sanctionnée par le renchérissement des conditions d'emprunt.
Celui-ci a à la fois augmenté le niveau de ses impayés et fait bondir les taux d'intérêt auxquels elle-même se refinance, réduisant ainsi sa marge qui ne devrait pas dépasser un très maigre 0,95 point cette année (1,16 début 2007).
Pour ces mêmes raisons, elle table sur une perte avant impôts de huit millions de livres sur les quatre premiers mois de cette année, au lieu d'un bénéfice de 107 millions sur la période comparable de 2007, et a prévenu que le reste de l'exercice devrait être du même tonneau.
L'action a aussitôt dégringolé, perdant jusqu'à 32 % en séance, et terminant en recul de 24,1 %, à 67 pences. Les cours des autres banques britanniques ont plongé dans son sillage, poussant même RBS à préciser dans un communiqué que le marché de l'investissement locatif pesait moins de 1% de son portefeuille de prêts, tandis que HBOS, qui a perdu 10 % en Bourse, assurait maintenir ses prévisions.
Certains investisseurs n'auront pas manqué de dresser un parallèle entre B&B et Northern Rock. En effet, leurs profils sont très similaires. Comme sa rivale tristement célèbre, B&B est une ancienne société mutuelle d'épargne immobilière remontant au XIXe siècle. Comme elle, Bradford & Bingley s'était tranformée il y a quelques années en une société anonyme cotée en Bourse. Comme elle, son passage dans le privé a été suivi d'une ascension fulgurante, qui l'a vue se hisser au rang de numéro un des prêts à l'investissement locatif.
Cependant, la plupart des commentateurs ont souligné hier que les problèmes des deux groupes n'ont rien de comparable, jusqu'au ministre des Finances Alistair Darling qui a assuré sur la chaîne Sky News que le cas de B&B était «complètement différent».
Alors que Northern Rock s'était retrouvée acculée à une quasi-faillite faute de liquidités, ce qui a conduit le gouvernement à la nationaliser en février, B&B a encore les reins suffisamment solides pour poursuivre ses activités.
Mais, si TPG ne semble pas désireuse de s'emparer du reste du capital, il n'est pas certain que B&B, de surcroît privée de son président Steven Crawshaw, victime d'ennuis de santé, réussisse à conserver son indépendance. Ses difficultés en font une proie possible pour une concurrente comme Lloyds TSB, qui selon la maison de courtage Collins Stewart, «pourrait être tentée de lui donner le baiser de la mort».
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