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Le secteur aérien se réunit sur fond de crise

31 mai 2008  Actualités économiques
Paris — L'Association internationale du transport aérien (IATA, en anglais) va tenir son assemblée annuelle à Istanbul à partir de demain soir, alors que la flambée de l'or noir devient une véritable menace pour nombre de transporteurs.

«La flambée du prix du pétrole et le ralentissement économique ont un impact sur la croissance du trafic. Il y a un fort retournement à la baisse», a observé jeudi le directeur général de l'IATA, l'Italien Giovanni Bisignani, dans un communiqué. L'assemblée doit s'achever mardi après-midi. «Les perspectives sont au mieux moroses pour le secteur», a-t-il ajouté. L'IATA représente plus de 240 compagnies aériennes et 94 % du trafic international régulier.

Le poste carburant se taille effectivement la part du lion dans les dépenses des transporteurs, alors que les cours du pétrole évoluent à des niveaux records, entre 130 et 135 $US le baril.

Toutes les compagnies s'attendent à souffrir. «Si le contexte pétrolier reste celui que nous connaissons ces dernières semaines, la situation du transport aérien va être profondément modifiée. Un tel coût du carburant transféré aux clients va faire pression sur la demande et engendrer une baisse des capacités», prédisait il y a dix jours le directeur financier de Air France-KLM, Philippe Calavia.

Selon le patron du même groupe, Jean-Cyril Spinetta, certains vont en profiter, mais beaucoup d'autres réduiront leurs activités, voire disparaîtront, telles certaines compagnies low-cost, mais également des transporteurs avec de vieux avions ou sans couverture pétrolière (pratique qui consiste à acheter à terme du pétrole pour se protéger d'éventuelles hausses). «On peut penser que le carburant sera le facteur déclenchant de la restructuration du secteur aérien», a dit M. Calavia.

C'est aux États-Unis que la situation s'annonce la plus difficile, car nombre de transporteurs disposent de flottes d'avions obsolètes et par conséquent très gourmands en or noir. De plus, les compagnies américaines n'ont pas l'avantage des européennes qui profitent de la cherté de l'euro en achetant le kérosène en dollar — la devise traditionnelle de règlement.
 
 
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