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Le géant russe Gazprom se joint à Rabaska

Le premier ministre Jean Charest en compagnie du ministre Claude Béchard et du représentant de Gazprom, Alexander Medvedev. Photo: Gouvernement du Québec
Le premier ministre Jean Charest en compagnie du ministre Claude Béchard et du représentant de Gazprom, Alexander Medvedev. Photo: Gouvernement du Québec
Québec — Après plus de deux ans de pourparlers, le consortium Rabaska a finalement conclu une entente avec le géant russe Gazprom sur l'approvisionnement en gaz de son terminal méthanier.

«C'est un grand jour pour Gaz Métro et pour le Québec», a lancé la présidente, Sophie Brochu, qui était accompagnée de représentants de Gaz de France, de Gazprom et d'Enbridge lors de l'annonce faite au Château Frontenac. «Le projet dont on parle aujourd'hui est dans les cartons de Gaz Métro depuis dix ans.»

L'entente fait de la filiale américaine de Gazprom (GMTUSA) le quatrième partenaire de Rabaska. Le nouveau joueur s'engage en contrepartie à fournir 100 % du gaz naturel liquéfié dont a besoin le terminal méthanier.

Si le tout se confirme, ce serait le premier contrat d'approvisionnement majeur conclu par le géant russe sur le continent nord-américain. Car l'entente dévoilée hier n'est qu'un premier pas vers la signature d'un contrat formel que les promoteurs souhaitent parafer d'ici la fin de l'année.

Les partenaires ont aussi annoncé que l'exploitation du gisement ciblé — le site de Chtokman dans la mer de Barents, au nord de la Norvège et de la Russie — ne pourra pas débuter avant 2014. Cela a pour conséquence que la construction du terminal à Lévis ne sera pas lancée avant 2010, soit deux ans plus tard que ce qui était prévu.

Mais pour le porte-parole de Rabaska, Glen Kelly, «c'est un très petit prix à payer pour avoir Gazprom» dans un contexte où il est «très difficile de trouver du gaz naturel». Le géant russe, a-t-il ajouté, a évalué au moins une vingtaine d'autres projets en Amérique du Nord avant d'arrêter son choix sur Rabaska.

Pas de risque comme en Ukraine

Le gisement de Chtokman, qui a été découvert en 1988, est l'une des plus grandes réserves gazières du monde et représente, à lui seul, le double de l'ensemble des réserves canadiennes. Les promoteurs plaident que le développement de la filière russe leur permettra de contenir la hausse des prix du gaz en provenance de l'Ouest canadien.

Impossible de savoir à quel prix Gazprom entend vendre son produit. Une question à ce propos a fait rire le représentant de la compagnie, Alexander Medvedev. «Comment vont évoluer les prix? À vous de deviner, je n'ai pas de boule de cristal!» On n'a pas non plus voulu nous dire quelle part le géant russe avait pu obtenir au sein du consortium ou encore la valeur des investissements prévus.

Interrogés sur l'éventualité que Gazprom suspende l'approvisionnement comme il l'avait fait avec l'Ukraine en 2006, les représentants de Rabaska se sont montrés particulièrement loquaces. Le directeur délégué de Gaz de France, Jean-Marie Dauger, a souligné que, depuis 1975, sa compagnie n'avait pas eu à se plaindre de la fiabilité de Gazprom et que l'Ukraine n'était pas «sous contrat» quand la crise est survenue. Enfin, a-t-il ajouté, le Québec pourra, contrairement à la France, obtenir le gaz directement par bateau sans passer par des pays de transit comme l'Ukraine, justement.

L'accès au fleuve Saint-Laurent aurait joué en faveur du projet Rabaska, d'après Glen Kelly. «Ça prend douze jours de moins pour venir ici que pour rejoindre le golfe du Mexique aux États-Unis, où sont les autres terminaux», a-t-il souligné. Quant au projet Gros-Cacouna, Gazprom semble l'avoir écarté. Interrogé à ce propos, M. Medvedev a répété que sa compagnie avait «choisi Rabaska».






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  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 16 mai 2008 07h32
    Le retour des Nordiques?
    « Alexander Medvedev est un maniaque de hockey. Il va d'ailleurs lancer la nouvelle ligue russe.
    Comme il va investir dans le nouveau projet Rabaska, à Québec on additionne les deux et ça donne le retour des Nordiques à Québec »

  • jean-marie francoeur
    Inscrit
    vendredi 16 mai 2008 08h20
    Courte vue
    « Gazprom est le fer de lance économique de la Russie. C'est ce qui lui permet d'appliquer des politiques soviétiques à ses anciennes composantes. Elle lui donne les moyens d'acheter le pouvoir et maintenir le peuple russe en otage. De plus, qui sait si, à l'instar des interruptions de livraison de mazout à des États réfractaire à sa volonté, ne fera la même chose ici lorsqu'une décision politique lui déplaira ?
    C'est une erreur, une autre de ceux qui ocupent le parlement de Québec.

    Jean-Marie Francoeur »

  • Francis Déry
    Inscrit
    vendredi 16 mai 2008 09h26
    @jacques noel
    « Les nouveaux Nordiques seront-ils russophones et compteront-ils Kovalev dans leurs rangs. »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    vendredi 16 mai 2008 10h32
    Espérons qu'un prochain gouvernement aura plus de sagesse
    « Espérons qu'un prochain gouvernement aura la sagesse d'annuler ce projet infame de Rabaska.

    Si (et seulement si) un terminal méthanier est nécessaire pour satisfaire les besoins du Québec (et non les besoins des Américains), un tel terminal devrait être construit loin des zones habitées, peut-être à Cacouna, mais pas en face de Québec là où le fleuve est étroit.

    On aime beaucoup les plats de lentilles au Québec de ces temps-ci. Pendant ce temps, nous enrichissons les étrangers. »

  • L. thériault
    Inscrit
    vendredi 16 mai 2008 12h30
    On gage combien que c'était prévu dès le départ ?
    « On gage combien que c'était prévu dès le départ ?

    Belle affaire ; le Québec - ou plutôt le Canada avant tout non ? le Québec n'étant-il pas, dans cette affaire, qu'1 "front" pour le Fédéral - , voilà le Québec donc, qui fait affaire avec les mafieux Russes ... Y'a pas de quoi être fiers.

    Remarquez, d'un autre côté, y'a pas vraiment de quoi se surprendre de nos dirigeants ; depuis longtemps déjà ils ont vendus leurs âmes, au Dieu $$$.

    Et ils s'apprêtent à négocier la vôtre. "" »

  • MATHIAS BRANDL
    Abonné
    vendredi 16 mai 2008 14h02
    Un grand jour pour le Québec ??
    « N'est-ce pas plutôt une bien triste journée, venue sceller le sort du Québec à titre de double grand perdant dans cette bataille dont les enjeux étaient autant d'ordre idéologique qu'environnemental.

    Idéologique parce que ce sont les basses manoeuvres politico-économiques plutôt que la vraie démocratie participative qui ont eu le meilleur tout au long du rude débat provoqué par le projet.

    Environnemental parce que le feu vert à Rabaska consacre un véritable viol territorial. Regardons encore une fois le site retenu près de Québec pour ce complexe industriel : c'est un véritable coin de paradis ! Avec l'implantation d'un port méthanier, la douce quiétude et l'esprit de l'héritage patrimonial national qu'il dégage depuis 400 années s'effaceront derrière les sinistres manipulations de gaz méthane que des bombes flottantes prenant possession de notre majestueux St-Laurent viendront y injecter, dégradant le site au rang de vulgaire goulot pour les ivrognes énergétiques que représentent les marchés ontarien et américain du gaz naturel.

    Un grand jour pour le Québec, Mme Brochu ? Ou plutôt une expérience politique et culturelle dégradante, totalement rétrograde, pour ne pas dire tristement néocoloniale !

    Mathias Brandl »

  • Robert Lortie
    Abonné
    vendredi 16 mai 2008 15h18
    Progrès et sécurité energétique
    « Les promoteurs de ces projets de ports méthaniers parlent de progrès, de diversification de nos sources de gaz et de sécurité énergétique. Les détracteurs parlent d'environnement, de progrès et de sécurité énergétique.

    En effet, à l'heure où nous devons faire des choix cruciaux en termes de développement énergétique et de diminution d'émission de gaz à effet de serre, il est difficile de considérer l'augmentation de la capacité d'importation de gaz naturel comme étant une solution représentant un véritable progrès. Tout changement n'est pas forcément un progrès, et dans les cas de l'énergie, il faut entreprendre une réflexion globale dont le but principal est la diminution de consommation de carbone fossile. De plus, l'achat de gaz naturel à un pays aussi volatil que la Russie peut difficilement être vu comme assurant notre sécurité énergétique.

    Il semble de plus en plus évident que ces importations serviront surtout à alimenter par la porte d'en arrière nos voisins du sud, dont les villes côtières ont refusé ces projets. »

  • Konstantin Kozlov
    Inscrit
    vendredi 16 mai 2008 19h49
    Gaspiage phenomenal de l'argent de contribuables
    « Pourquoi on va faire ce projet? Le gouvernement provincial fait nous croire qu’au Québec il n'y pas de gaz. Mais c'est tout à fait faux. Sous nos pieds il y a immense bassine de gaz naturel. Nous devons juste l'extraire. Nous n’avons pas besoin de gaz de Russes. Au contraire, nous pouvons vendre notre propre gaz partout au monde, comme fait Alberta avec son pétrole.

    La preuve est ici:

    http://www.investors.com/editorial/IBDArticles.asp?artsec=7&issue=20080423 »

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