mercredi 25 novembre 2009 Dernière mise à jour 00h11


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Le pouvoir d'achat des travailleurs a augmenté de 53$ en 25 ans

Un petit dollar par semaine: c'est là toute l'augmentation réelle du pouvoir d'achat que le travailleur moyen canadien à temps plein a pu obtenir en 25 ans au Canada. Une stagnation qui cache aussi de fortes inégalités qui rendent les riches plus riches et les pauvres plus pauvres au pays.

Dans le dernier grand volet du recensement 2006 dévoilé hier par Statistique Canada (SC), on apprend en effet que les gains médians des Canadiens travaillant à temps plein toute l'année ont à peine bougé d'un chouïa depuis 1980. Au Québec, ils ont baissé de 5,5 %.

Traduits en dollars de 2005, les travailleurs canadiens (qui représentent essentiellement la classe moyenne) gagnaient 41 348 $ il y a 25 ans. Aujourd'hui, la somme s'élève à 41 401 $. Une différence de 53 $ qui représente à peine de quoi faire un plein d'essence.

Dans la province, le travailleur de cette catégorie gagnait pour sa part 39 938 $ en 1980, contre 37 722 $ en 2005. Cette somme classe le Québec au quatrième rang dans le tableau des gains médians.

À l'échelle nationale, l'apparente stabilité des gains médians traduit mal la situation réelle de plusieurs Canadiens. Car les 20 % de travailleurs qui composent le quintile supérieur des revenus d'emploi ont vu leurs gains augmenter de 16,4 % en 25 ans. Il y a ainsi 6,5 % des travailleurs à temps plein qui gagnent aujourd'hui plus de 100 000 $ par année. C'est le double de la proportion de 1980. À l'inverse, le quintile qui ferme la marche des revenus d'emploi a subi une baisse de 20 %.

«C'est un chiffre important, même énorme, quand on parle d'un pouvoir d'achat diminué de 20 %, note l'économiste Nicolas Marceau, professeur à l'UQAM. C'est impossible de nier que les inégalités augmentent au pays.»

Tout comme il faut conclure que le Québécois «moyen», celui qui se trouve exactement au milieu de la distribution des revenus, s'est appauvri depuis 25 ans, ajoute René Morisette, économiste senior à Statistique Canada. Mais l'analyste relève une particularité dans la situation québécoise.

Statistique Canada a en effet observé qu'en ce qui concerne les revenus médians (salaire, prestations, placements, etc.) avant impôt des familles de deux personnes et plus, le Québec vit une situation inversée de la moyenne nationale.

Entre 1980 et 2005, ces familles ont noté une augmentation de leurs revenus de l'ordre de 7,5 %, pour atteindre 59 700 $. La quintile le plus haut a des revenus de 125 000 $ (une augmentation de 13 %), et le quintile le plus bas engrange 23 800 $ (+ 23 %).

Dans cette même catégorie des revenus des familles, la moyenne nationale indique quant à elle que les mieux nantis ont eu une bonification de 23 % de leurs revenus, contre 15 % pour les moins bien nantis (médian de 11,1 %).

«Cela tend à démontrer que la croissance des inégalités a été moindre au Québec qu'ailleurs au Canada en ce qui concerne le revenu familial», estime M. Morisette.

Sauf qu'il ne faut pas se leurrer: si les revenus des familles augmentent, c'est simplement parce que les femmes sont plus présentes sur le marché du travail. «L'individu ne gagne pas plus qu'en 1980. Les salaires des travailleurs ont peu changé au fil des ans. Mais la présence des femmes fait en sorte qu'il y a maintenant davantage de couples avec deux gagne-pain. Ils ont de meilleurs revenus mais doivent faire des sacrifices dans leurs loisirs.»

Mouvements

Plusieurs facteurs expliquent cette stagnation relative des gains des travailleurs, indique René Morisette. «On ne sait pas exactement pourquoi les gains sont stables, mais il y a quatre facteurs qui entrent en ligne de compte.»

Il cite l'introduction de l'informatique, qui a augmenté la demande de travailleurs qualifiés (salaires élevés) tout en diminuant celle des travailleurs non qualifiés (salaires bas); l'augmentation de la concurrence entre les entreprises, qui sont incitées à réduire les coûts de production et les salaires des employés; l'augmentation des échanges dans le commerce international; et finalement, la baisse du taux de syndicalisation, alors que les syndicats assurent des salaires au moins 10 % plus élevés selon M. Morisette.

«Ces changements ont tous fait augmenter ou baisser les salaires depuis 25 ans, dit-il. Mais comme plusieurs sont survenus à peu près au même moment, on n'arrive pas à déterminer lequel fut le plus important. Par exemple, le commerce international a pu stimuler la création de bons emplois, mais les échanges ont fini par faire baisser les salaires.»

Impôts

Les données dévoilées hier permettent aussi de connaître pour la première fois dans le cadre d'un recensement le revenu après impôt des familles, ce qui donne un plus juste reflet de leur pouvoir de dépenser. Statistique Canada a calculé que 11,4 % de la population totale a un faible revenu une fois l'impôt payé. Quelque 900 000 enfants vivent ainsi dans la pauvreté.

Aussi, l'ensemble des familles économiques ont touché un revenu médian de 57 178 $ après impôt.

On remarque de cette manière que le passage de l'impôt rétablit un peu le déséquilibre entre les quintiles des extrêmes. Avant impôt, les plus riches ont en moyenne 5,9 fois les gains des moins riches. Après impôt, le ratio est ramené à 4,8 fois.

«En apparence, le système fiscal joue son rôle de Robin des Bois, évalue Nicolas Marceau. Mais ça, c'est seulement si on tient compte de l'impôt traditionnel. Il y a toutes sortes d'autres impôts qu'on paie, la TPS, la TVQ, l'impôt foncier, où il n'y a à peu près aucune gradation. Au final, quand on regarde le portrait global, le système fiscal canadien n'est pas particulièrement redistribuant.»

Autrement, la montagne de statistiques rendues publiques hier indique aussi qu'il existe toujours un écart de 15 % entre le salaire des jeunes femmes de 25 à 29 ans et leurs collègues masculins du même âge; que l'écart entre les revenus d'emploi des immigrants récents et des Canadiens de naissance ne cesse de croître; que les mères de famille monoparentale touchaient 36 700 $ en 2005, soit le plus bas revenu médian de tous les grands types de familles économiques.

Statistique Canada produira un dernier rapport d'analyse du recensement dans un mois. Plus court, il concernera la question du logement, à peine effleurée dans le document d'hier.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Dominic Pageau
    Abonné
    vendredi 2 mai 2008 01h29
    Voilà, le mythe de la mondialisation et des accords économiques en prend pour son rhume
    « Il est évident que ces accords profitent aux nantis et amènent une pression à la baisse sur le salaire des salariés qui ont toujours au dessus de leur tête l'épée de Damocles de la délocalisation.

    Autre chose, l'importation de cheap labor et l'apport de plus en plus généralisé de la femme au marché du travail a aussi créer une pression à la baisse.

    Et des clowns comme Montmarquette et Co voudraient des augmentations drastiques de tous les services et de l'énergie sous prétexte de gaspillage et mettre fin à la fausse gratuité. Pour aider les pauvres, ont va leur donner des crédits d'impots. Mais quand ils ne paient plus d'impot les pauvres, parce qu'ils ne gagnent pas assez, on fait quoi? Et quand la majorité est pauvre et que la classe moyenne a disparu, on fait quoi?

    Je comprend comment le discours économique actuel a pu s'imposer ainsi. »

  • Paul Verreault
    Inscrit
    vendredi 2 mai 2008 07h40
    Dindons de la farce
    « Et les médias ( et nos chers lucides) continuent de claironner que les syndicats sont trop forts, qu'il faut travailler plus pour s'(?)enrichir. Le salaire des patrons, pour la même époque , a augmenté de 4000%. Ce n'est pas la société que le travail des travailleurs, les dindons de la farce, a enrichi... »

  • Olivier Laroche
    Inscrit
    vendredi 2 mai 2008 07h45
    L'État ne redistribue pas
    « "Au final, quand on regarde le portrait global, le système fiscal canadien n'est pas particulièrement redistribuant."
    Ha! Je croyais naïvement que c'était le but des impôts. Encore une illusion de levée. Ce système me semble de plus en plus pourri. »

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 2 mai 2008 07h55
    vs avez oublié les immigrants
    « l'article de Stats Can disait aussi:

    http://www.statcan.ca/Daily/Francais/080501/q080501a.htm

    "Durant cette période de 25 ans, les nouveaux immigrants ont perdu du terrain par rapport à leurs homologues nés au Canada.

    En 1980, les nouveaux immigrants de sexe masculin qui avaient un revenu d'emploi gagnaient 85 cents pour chaque dollar de revenu d'emploi des hommes nés au Canada. En 2005, ils n'en gagnaient plus que 63. Chez les nouvelles immigrantes, les chiffres correspondants étaient de 85 cents et de 56 cents respectivement.

    Les disparités des revenus d'emploi entre les immigrants récents et les travailleurs nés au Canada ont augmenté non seulement durant les deux dernières décennies, mais également de 2000 à 2005."

    ---------

    Voilà pour le grand mythe de l'enrichissement par l'immigration. L'immigration n'enrichit pas le Canada, elle l'appauvrit. Et ce de plus en plus.

    Or pourquoi ces données de stats can, qui disent tout, sont systématiquement cachées par la presse? Pourquoi aucun politicien ne reprend ces données? Pourquoi continuent-ils à soutenir le contraire, à nous parler d'enrichissement par l'immigration? »

  • benjamin prudhomme
    Inscrit
    vendredi 2 mai 2008 07h59
    Des politiques inefficaces
    « Rien d'étonnant à ces chiffres. D'autant plus que la présence des Conservateurs [avec notre fanatique religieux Harper à leur tête] ne fera qu'accroître ces inégalités. D'ailleurs, malgré une présence aujourd'hui presque équivalente des femmes sur le marché du travail [elles travaillent en moyenne 0,1 heure de moins par semaine que les hommes], ces dernières sont toujours fortement moins rémunérées (on parlait, en 2000, de 70% de la masse salaire des hommes). La situation, pourtant, ne semble pas rendre inconfortable notre gouvernement, qui a récemment coupé de moitié les fond alloués à la condition féminine.

    Au palier québécois, cette fois, on ne cesse d'aborder le sujet de la privatisation des soins de santé. Une législation en ce sens aurait pour effet d'accroître à nouveau les clivages sociaux, réalité bien connue même avant le dévoilement des statistiques de ce recensement.

    Il est temps d'agir et de protester contre l'enrichissement d'une minorité riche au profit des moins nantis. Ce n'est que par cette voie que le Québec et le Canada pourront augmenter leur mieux-être collectif et jouir de conditions de vie plus avantageuses pour TOUS et TOUTES. »

  • Valdor Lagacé-Gallant
    Inscrit
    vendredi 2 mai 2008 09h06
    Rien pour notre bien !
    « Rien n'est fait pour notre bien.

    Et de tout temps ça a été comme cela. Cela fait partie de l'absurdité de la vie sur Terre.

    Nous sommes les joueurs humains qui passont nos vies entières à figurer sur les écrans de l'illusion.

    On se débat sans jamais pouvoir se lier à quoi que ce soit.On
    est en perpétuel mouvement. Riches et pauvres.

    Une superbe machine qui sait que tout est écrit d'avance.

    L'argent est un mot qui ne veut plus rien dire. Il nous faudra donc changer les structures de nos vies.

    Valdor Lagacé »

  • andré michaud
    Inscrit
    vendredi 2 mai 2008 09h07
    Lente redistribution mondiale?
    « Pendant que la classe moyenne a diminué dans les pays riches comme le Canada, elle a augmenté de façon significative aux Indes et en Chine...

    Une partie de l'économie mondiale s'est déplacée vers les pays émergents et a augmenté le pouvoir d'achats de ces gens.Quand le secteur agricole des pays riches jouera "fair play" et sans la tricherie protectionniste des méga subventions, nos producteurs s'appauvriront ( ou changeront de métier) pendant que ceux des pays pauvres accroiteront leur pouvoir d'achat. Tout le monde ne peut pas être riche en même temps, contrairement aux illusions fumeuses du crédit social et des communistes...

    Même si je suis très conscient que certains humains en ont profité pour se remplir les poches( ou il y a homme il y a hommeries) , ce n'est pas mauvais que nous partagions notre richesse avec la classe moyenne de pays émergents...et que les pays riches consomment moins n'est pas nécessairement une mauvaise nouvelle.

    Le chômage n'a jamais été si bas au Canada, et les citoyens qui font l'effort d'étudier pour un DEP peuvent se trouver des emplois intéressants à 20$ de l'heure; on est bien loin de la catastrophe et nous sommes encore parmis les citoyens les plus riches sur cette planète. »

  • Dominique Chouinard
    Abonnée
    vendredi 2 mai 2008 09h54
    "Depuis qu'y ont construit... le centre d'achats."
    « Cet extrait d'une chanson des Colocs résume bien, à mon avis, la réalité économique du Canada depuis au moins 10 ans, bien que je n'aie pas de chiffres à l'appui. On licencie des gens dans le secteur de l'automobile et de l'industrie pour cause de productivité et de rentabilité des usines (quant on ne les ferme pas carrément!), alors que les centres d'achats poussent comme des champignons! Peut-être qu'en bout de ligne, ça fait plus de monde qui travaille et le taux de chômage atteint actuellement des niveaux les plus bas des 30 dernières années (c'est beau pour les statistiques) mais la société s'enrichit-elle quand un job à 35 ou 40$ de l'heure est remplacée par plusieurs jobs à 10 ou 12$ de l'heure?

    D'ailleurs, qui fait rouler ça, ces centres d'achats-là? Sans doute des gens qui s'endettent, parce que semble-t-il que le niveau d'épargne est presque nul actuellement!

    Avec la flambée du prix des maisons et du prix de l'essence, les prévisions du baril de pétrole à 225$ (il n'y a rien comme de telle prévisions pour alimenter les spéculateurs: vous rappelez-vous du baril à 100$ annoncé il n'y a pas si longtemps?), il n'y a rien de bine jojo à l'horizon!

    Alors, pour la santé mentale du bon peuple québécois qui sue sang et eau pour joindre les deux bouts, j'enjoindrais tous les oiseaux de malheur qui se réfugient sous le couvert de l'information à écouter ce judicieux conseil émis par un (jeune) Patrick Huard: "Farme ta ..." »

  • Pierre Germain
    Inscrit
    vendredi 2 mai 2008 10h53
    Détournement de richesse immoral
    « Le recensement 2006 de Statistique Canada constate ce que tout le monde savait déjà : les riches s'enrichissent tandis que les pauvres s'appauvrissent. Cette constatation navrante n'est pas unique au Canada; elle se confirme en général à travers le monde. En fait, l'indiscutable mondialisation résulte en l'alignement de la pauvreté sur celle des plus pauvres de la planète, alors que ceux déjà largement nantis voient leur richesse croître vers le niveau de celle des plus riches.

    Par ailleurs, la façon dont sont présentés les chiffres du recensement 2006 est trompeuse. On peut en effet y lire que les gains annuels médians des Canadiens travaillant à temps plein, en dollars constants de 2005, n'ont augmenté que de 53 $ en 25 ans (soit de 1980 à 2005). Jusqu'ici, cela semble ennuyeux mais pas catastrophique, car si on n'a pas vraiment avancé, on n'a pas reculé non plus. Or, au Canada, le PIB est en général plus élevé que l'inflation. Par exemple, de 1998 à 2007, le PIB annuel moyen a été de 2,6 % alors que l'inflation était de 2,3 %. Donc, au net, il se crée de la richesse. Pas beaucoup, vous me direz : seulement 0,3 % par année. Mais 0,3 % par année, composé sur 25 ans, ça fait tout de même une augmentation totale de 7,8 %.

    Mais si la richesse ainsi créée n'a profité ni à la classe moyenne, qui fait du sur-place, ni aux classes gagnant le moins, qui reculnt, à qui a-t-elle bien pu profiter? Eh oui, il n'y a qu'une réponse possible : en pratique, la richesse créée n'a profité qu'à ceux qui gagnaient déjà le plus. Donc, non seulement les moins bien nantis gagnent moins, en plus la richesse créée ne profite qu'aux plus riches!

    À ce compte là, pas étonnant que les lucides - qui sont parmi les mieux nantis - veulent voir la classe moyenne travailler plus d'heures et augmenter sa productivité : les lucides seront les seuls à profiter d'un tel gain de productivité. Et pas étonnant non plus que la classe moyenne refuse de travailler plus pour les mêmes gains en bout de ligne.

    Il n'est certes point besoin de faire une telle argumentation économique pour voir qu'il se passe des choses immorales. Les hauts dirigeants d'entreprise qui, eux, ont vu leurs gains réels décupler ces dernières années, souvent n'augmentent le salaire annuel de leurs employés qu'en deçà du coût de la vie. En passant, cet état de fait prévaut au gouvernement du Québec, lequel contribue ainsi au clivage des classes.

    Mais à quoi d'autre peut-on s'attendre face à nos gouvernements qui ont abdiqué leurs pouvoirs en faveur des puissances économiques transnationales et du néo-libéralisme? »

  • Jean-Pierre Audet
    Abonné
    vendredi 2 mai 2008 11h05
    Et le pouvoir d'achat ?
    « Dans cette analyse fouillée, on ne sait pourtant pas quelle fut l'évolution du pouvoir d'achat depuis 25 ans. Il a dû baisser considérablement, surtout depuis cette augmentation drastique du prix des aliments. À la retraite de l'enseignement collégial, j'ai vu en tout cas mon revenu personnel diminuer à deux reprises, une première fois quand le PQ a baissé les salaires de tous les enseignants, et une seconde fois à ma retraite anticipée quelque peu, ce qui me situe présentement sous le revenu médian des Canadiens travaillant à temps plein. Tout cela après 25 années d'études. Je ne m'en plains pas, car je côtoie plein de personnes tellement plus pauvres que moi, que j'ai essayé longtemps d'aider en devenant moi-même de plus en plus pauvre. Il est vraiment navrant de constater à quel point l'écart entre les riches et les pauvres va en augmentant allègrement, parfois de façon éhontée, comme c'est le cas pour ces dirigeants d'entreprises géantes mal gérées ou même carrément volées par leur PDG, et qui reçoivent des récompenses complètement arbitraires de plusieurs millions de dollars. Scandale flagrant d'une société malade, l'écart grandissant entre les riches et les pauvres finira un jour par nous retomber sur le nez. Il n'est pas normal qu'un dirigeant d'entreprise ait des revenus des milliers de fois plus élevés que la moyenne des gens, quelle que soit la compétence dudit dirigeant. Le même déséquilibre entre les peuples finira mal un jour, si personne ne s'avise de créer un peu plus de justice dans le monde. »

  • Guy Lafond
    Abonné
    vendredi 2 mai 2008 14h50
    Un autre mai 68 à l'horizon?
    « En 68, les ouvriers et les étudiants dans les collèges un peu partout à travers le monde étaient montés aux barricades pour protester contre la guerre au Vietnam et provoquer une révolution culturelle.

    Avec l'avènement de la production massive d'éthanol, que Jean Ziegler (ONU) dénonce comme un crime contre l'humanité, avec le jeu fourbe des spéculateurs et l'augmentation du prix des denrées premières qui affectent durement les pays les plus pauvres, nous observons de plus en plus de manifestations, nous lisons de plus en plus dans les journaux des révoltes récurrentes dans tel ou tel pays.

    Serions-nous rendus à une nouvelle croisée de chemin? Serions-nous enfin prêt pour autre chose qu'un capitalisme sauvage et aveugle?

    Peut-être, mais il faudra bien que la promotion des droits civiques pour tous sans exception et qu'un engagement social plus vigoureux gagne chacun de nous d'abord.

    Pour les barricades, apportez vos télévisions, ça devrait être bien suffisant.

    Une réforme du capitalisme se prépare. Le croyez-vous?

    Après tout, il en va de l'avenir de nos enfants et de notre planète. »

  • Gilbert Kirouac 34
    Inscrit
    vendredi 2 mai 2008 15h33
    de 1951 à 2005
    « ...il est déjà connu que la part des 20% des gens les moins nanties est passée de 6.8% en 1951 à 3.1% en 2005...tout comme les classes moyennes ont perdu près de 12% de leur pouvoir d'achat...que la part des 20% des plus nantis est passée de 44% en 1978 à 51% en 2005...je mentionne ces chiffres, parmi des milliers disponibles, parce que je suis étonné qu'un tel article ne paraisse qu'aujourd'hui...autrement dit, les idéologues épandeurs-d'écran-de-fumée font bien leur travail...et à se demander si les règles du jeu sont même le moindrement connues des citoyen(ne)s en général... »

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    vendredi 2 mai 2008 16h07
    Mort de rire
    « Depuis le temps qu'on vous le répète que ça fonctionne pas, votre affaire. Il y'a tout de même une catégorie socio-professionnelle dont le pouvoir d'achat a augmenté beaucooup plus: les femmes célibataires sans enfants agées de 20 à 39 ans. Peut-être bien qu'elles partaient de loin aussi.

    Continuez à taxer le travail comme des malades, on vous ramassera bientôt dans le caniveau. »

  • Marie-Andrée Paquet
    Inscrite
    vendredi 2 mai 2008 16h26
    Les travailleurs à rabais.
    « M. Noel vous nous dites que:
    Les disparités des revenus d'emploi entre les immigrants récents et les travailleurs nés au Canada ont augmenté non seulement durant les deux dernières décennies, mais également de 2000 à 2005."

    ---------

    Voilà pour le grand mythe de l'enrichissement par l'immigration. L'immigration n'enrichit pas le Canada, elle l'appauvrit. Et ce de plus en plus.

    Or pourquoi ces données de stats can, qui disent tout, sont systématiquement cachées par la presse? Pourquoi aucun politicien ne reprend ces données? Pourquoi continuent-ils à soutenir le contraire, à nous parler d'enrichissement par l'immigration?''

    Je vous répondrais qu'à la lumière de cette étude la réponse me paraît limpide. Puisque ce système enrichit toujours plus les riches, ceux-ce ont toujours besoin d'augmenter le bassin des travailleurs à rabais. Par ici les immigrants. »

  • Remi Couture
    Inscrit
    vendredi 2 mai 2008 17h09
    Mais quel est l'autre coté de la médaille?
    « D'accord, le salaire moyen n'a pas changé en 25 ans, mais qu'est-ce qu'on peut faire avec ce salaire moyen? Beaucoup, mais beaucoup plus qu'il y a 25 ans. Rappelez-vous de votre mode de vie d'il y 25 ans. Avec le salaire moyen, on pouvait s'offrir un petit bungalow, une gros char américain, une grosse TV avec 3 chaînes en français, un téléphone à roulette et les Kiwis étaient vendus 1$ l'unité (il y avait peu de choix dans les magasins). Les voyages en Floride étaient encore rares. Maintenant, avec ce même salaire moyen, on a deux voitures de meilleure qualité, des téléphones cellulaires (pratiques et sécuritaires), des ordinateurs, des caméras vidéo, le câble ou le satellite, des lecteurs DVD, des jeux vidéo et plus de choix dans tous les magasins. Quant aux voyages à l'étranger, c'est tellement fréquent qu'on n'y pense plus. Bref, le même salaire moyen offre énormément plus d'opportunités qu'avant, donc quelque part, c'est notre niveau de vie qui s'est amélioré, même pour les pauvres.
    Je suis toujours découragé de voir qu'on ne s'intéresse qu'aux mauvaises nouvelles et que peu importe la statistique, c'est l'aspect négatif qui ressort. Ce qui est positif est pris pour acquis et on ne fait que pleurer sur un paradis perdu. »

  • Dominic Pageau
    Abonné
    samedi 3 mai 2008 23h45
    Monsieur Couture, vous êtes profondément dans l'erreur
    « Certes, il y a 25 ans, on n'était pas encore les consommateurs boulimiques d'aujourd'hui. Par contre, une grande partie des gens qui décédaient laissaient un héritage à leurs familles, aujourd'hui les personnes qui meurent, laissent des dettes. »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
16 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009