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L'économie canadienne a reculé davantage que prévu en février

Parmi les secteurs en recul, le commerce de détail a cédé 0,6 % en février.
Photo : Agence Reuters
Parmi les secteurs en recul, le commerce de détail a cédé 0,6 % en février.
Ottawa — L'activité économique canadienne a diminué en février pour la deuxième fois en trois mois, pas assez pour que les analystes jugent qu'une récession est imminente mais suffisamment pour qu'ils n'écartent pas complètement cette éventualité.

Le produit intérieur brut (PIB) a reculé de 0,2 % en février, un déclin bien plus important que celui attendu par la plupart des observateurs. Cette nouvelle donnée pourrait faire déraper les prévisions économiques de la Banque du Canada, pourtant mises à jour la semaine dernière. La banque centrale avait alors misé sur une croissance économique de 1 % pour le premier trimestre.

«La prévision officielle vise une croissance de 1 % pour le premier trimestre, mais maintenant il semble que nous pourrions nous rapprocher de la faible croissance enregistrée aux États-Unis, quelque chose comme un demi-point de pourcentage», a noté Paul Ferley, économiste en chef adjoint pour la Banque Royale.

Au cours des trois derniers mois, l'activité économique canadienne s'est contractée de 0,7 % sur une base annualisée, son recul le plus marqué depuis 1997 et le premier résultat négatif sur une période de trois mois depuis novembre 2001, lorsque l'économie américaine est tombée en récession, a pour sa part fait remarquer l'économiste principal de la Banque de Montréal, Michael Gregory.

M. Gregory a ajouté qu'en observant les données de la dernière année en tranches de trois mois, l'économie canadienne est passée d'une croissance de 3,9 % à 3,0 %, à 1,4 % jusqu'au recul actuel de 0,7 %.

«Ces résultats n'excluent pas la possibilité d'un résultat positif pour la croissance du PIB au premier trimestre», a-t-il prévenu. «Cependant, le rapport met en lumière le fait que la demande intérieure robuste du Canada est presque annulée par les vents contraires en provenance de la récession américaine, le vigoureux dollar canadien et le raffermissement des conditions du crédit.»

La récession?

Les économistes ne prédisent pas encore une récession canadienne, mais puisque la Banque du Canada table déjà sur une maigre croissance de 0,3 % au deuxième trimestre, la différence entre une croissance et une contraction ne pourrait qu'être sémantique.

«Nous ne sommes pas en récession, mais c'est très près», a estimé l'économiste en chef de la Banque TD, Don Drummond. «L'économie dérape pratiquement et le deuxième trimestre s'annonce aussi plat, peut-être même négatif.» Plus inquiétant encore, poursuit M. Drummond, la faiblesse de février n'a pas été attribuée aux coupables habituels: les exportations. Des faiblesses ont été enregistrées dans l'économie intérieure, particulièrement dans les industries des services. «C'est une partie de la séquence que nous prédisions, c'est-à-dire que si les exportations chutaient, cela allait se répandre dans l'économie intérieure. Je ne veux pas donner trop d'importance à un seul mois, mais peut-être est-ce un signe que cela commence à se produire.»

Selon Statistique Canada, le secteur de la fabrication a reculé de 0,7 % en février, et 16 des 21 groupes de ce secteur ont affiché une baisse. Le commerce de gros a pour sa part affiché une baisse de 1,4 % en février, les grossistes de véhicules automobiles et de fournitures de construction encaissant la plus grande part du fardeau.

Mais l'agence gouvernementale a aussi noté des déclins dans le commerce de détail, l'extraction de pétrole et de gaz naturel ainsi que dans les secteurs du transport et de la finance.

Le commerce de détail a cédé 0,6 % en février. Comme pour le commerce de gros, les reculs ont touché l'ensemble des sous-groupes.

Les hausses enregistrées par les secteurs de l'hébergement et services de restauration et de la construction n'ont pas réussi à compenser ces reculs.
 
 
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