VUS: la roue tourne
La hausse du prix de l'essence a raison de la popularité des gros 4X4 aux États-Unis
30 avril 2008
Actualités économiques
Photo : Agence Reuters
Embouteillage à Los Angeles. Les ventes de gros véhicules à quatre roues motrices ont dégringolé de 28 % au premier trimestre 2008, alors que celles des voitures les plus petites progressaient de 32 %.
Les gros 4X4 n'ont plus la cote aux États-Unis. Avec la hausse du prix de l'essence, qui atteint désormais 95 ¢US le litre, les automobilistes américains se tournent de plus en plus vers les petites voitures, plus économiques.
Detroit — Scott Piechocinski parcourt les allées d'un concessionnaire de Charlotte, en Caroline du Nord, à la recherche d'un petit modèle pour remplacer l'imposant tout-terrain Nissan Pathfinder de son fils. «Le carburant c'est de l'argent, il faut être réaliste», explique-t-il.
Sur fond de hausse des prix des carburants, de plus en plus d'Américains délaissent 4X4 et camionnettes pour des modèles plus petits. Les ventes de gros véhicules à quatre roues motrices ont dégringolé de 28 % au premier trimestre 2008, alors que celles des voitures les plus petites progressaient de 32 %, selon le cabinet Autodata. Les modèles à moteur quatre cylindres, autrefois méprisés par les Américains pour leur puissance limitée, se vendent en nombre record.
Les ventes d'avril, qui doivent être publiés le 1er mai, devraient montrer une accentuation du phénomène, prédit Jesse Toprak, analyste du site d'information automobile Edmunds.com. «C'est simplement une conséquence de la hausse spectaculaire des cours du pétrole à laquelle nous avons assisté ces dernières semaines», précise-t-il.
L'arrivée des hybrides
La désaffection pour les gros 4x4, appelés SUV (sport utility vehicule) aux États-Unis, a toutefois commencé bien avant que les prix de l'essence ne commencent à flamber en 2005, du fait notamment de l'introduction de véhicules «hybrides»: des 4x4 plus économiques, dotés de châssis plus légers.
En 2003, les ventes de SUV ont atteint leur apogée avec trois millions d'unités, mais désormais en déclin, elles devraient être deux fois moins nombreuses cette année. Une évolution qui a pris de cours Detroit, berceau de l'industrie automobile américaine. «Cela s'est passé trop rapidement pour que les constructeurs américains puissent prendre des mesures suffisantes», souligne Aaron Bragman, analyste du cabinet Global Insight. Par exemple, 74 % des véhicules vendus par Chrysler aux États-Unis l'an dernier étaient des camionnettes et des SUV, contre 42 % pour le japonais Toyota.
Les petits modèles représentent désormais le premier segment du marché automobile américain, avec 18 % des ventes de voitures neuves. L'an dernier, les Américains en ont acheté 2,8 millions, un record, qui pourrait bien être pulvérisé cette année alors que leurs ventes étaient en hausse de 4 % au premier trimestre.
Et lorsque les Américains achètent des voitures moins petites, ils optent pour des modèles moins gourmands. Alors que les véhicules à six cylindres se taillaient habituellement la part du lion, 38 % des acheteurs ont choisi des quatre cylindres au premier trimestre, le chiffre le plus élevé jamais recensé par le cabinet californien J.D. Power, qui collecte ce type de données depuis 2002.
La démographie joue également un rôle dans le phénomène. Les baby-boomers ont tendance à passer à des voitures plus petites une fois leurs enfants partis du nid familial et en âge d'acheter leur propre auto. Et la moitié des membres de la prochaine génération choisiront pour leur première voiture un petit modèle, prédit George Pipas, analyste chez Ford.
La faiblesse de l'économie et la crise de l'immobilier ont également contribué au déclin des SUV et camionnettes. «Nous voyons des clients dans nos concessions qui veulent passer à une mensualité de paiement plus basse», explique Steven Landry, vice-président des ventes chez Chrysler.
Un nombre croissant de propriétaires de SUV optent pour un autre type de véhicule. Selon J.D. Power, près d'un tiers des acheteurs qui sont passés d'un SUV de taille moyenne à un autre véhicule ont choisi un 4x4 hybride ou une petite voiture au premier trimestre. Seulement 5 % ont jeté leur dévolu sur un plus gros SUV.
Yumberto Menicocci, un habitant de Palmetto Bay, banlieue chic de Miami, a vendu récemment son gros 4x4 Chevrolet 16 000 $US pour acheter à la place une petite Kia Spectra 5000 $US, car il ne voulait plus payer autant en essence. «Je gaspillais 30 $US par jour au lieu de 10 aujourd'hui», explique-t-il. «Tout le monde se demande: "Qu'est-ce que c'est que ça? Est-ce que c'est la voiture de la bonne?"», dit ce vendeur de matériaux de construction. «Mais ça m'est égal.»
Detroit — Scott Piechocinski parcourt les allées d'un concessionnaire de Charlotte, en Caroline du Nord, à la recherche d'un petit modèle pour remplacer l'imposant tout-terrain Nissan Pathfinder de son fils. «Le carburant c'est de l'argent, il faut être réaliste», explique-t-il.
Sur fond de hausse des prix des carburants, de plus en plus d'Américains délaissent 4X4 et camionnettes pour des modèles plus petits. Les ventes de gros véhicules à quatre roues motrices ont dégringolé de 28 % au premier trimestre 2008, alors que celles des voitures les plus petites progressaient de 32 %, selon le cabinet Autodata. Les modèles à moteur quatre cylindres, autrefois méprisés par les Américains pour leur puissance limitée, se vendent en nombre record.
Les ventes d'avril, qui doivent être publiés le 1er mai, devraient montrer une accentuation du phénomène, prédit Jesse Toprak, analyste du site d'information automobile Edmunds.com. «C'est simplement une conséquence de la hausse spectaculaire des cours du pétrole à laquelle nous avons assisté ces dernières semaines», précise-t-il.
L'arrivée des hybrides
La désaffection pour les gros 4x4, appelés SUV (sport utility vehicule) aux États-Unis, a toutefois commencé bien avant que les prix de l'essence ne commencent à flamber en 2005, du fait notamment de l'introduction de véhicules «hybrides»: des 4x4 plus économiques, dotés de châssis plus légers.
En 2003, les ventes de SUV ont atteint leur apogée avec trois millions d'unités, mais désormais en déclin, elles devraient être deux fois moins nombreuses cette année. Une évolution qui a pris de cours Detroit, berceau de l'industrie automobile américaine. «Cela s'est passé trop rapidement pour que les constructeurs américains puissent prendre des mesures suffisantes», souligne Aaron Bragman, analyste du cabinet Global Insight. Par exemple, 74 % des véhicules vendus par Chrysler aux États-Unis l'an dernier étaient des camionnettes et des SUV, contre 42 % pour le japonais Toyota.
Les petits modèles représentent désormais le premier segment du marché automobile américain, avec 18 % des ventes de voitures neuves. L'an dernier, les Américains en ont acheté 2,8 millions, un record, qui pourrait bien être pulvérisé cette année alors que leurs ventes étaient en hausse de 4 % au premier trimestre.
Et lorsque les Américains achètent des voitures moins petites, ils optent pour des modèles moins gourmands. Alors que les véhicules à six cylindres se taillaient habituellement la part du lion, 38 % des acheteurs ont choisi des quatre cylindres au premier trimestre, le chiffre le plus élevé jamais recensé par le cabinet californien J.D. Power, qui collecte ce type de données depuis 2002.
La démographie joue également un rôle dans le phénomène. Les baby-boomers ont tendance à passer à des voitures plus petites une fois leurs enfants partis du nid familial et en âge d'acheter leur propre auto. Et la moitié des membres de la prochaine génération choisiront pour leur première voiture un petit modèle, prédit George Pipas, analyste chez Ford.
La faiblesse de l'économie et la crise de l'immobilier ont également contribué au déclin des SUV et camionnettes. «Nous voyons des clients dans nos concessions qui veulent passer à une mensualité de paiement plus basse», explique Steven Landry, vice-président des ventes chez Chrysler.
Un nombre croissant de propriétaires de SUV optent pour un autre type de véhicule. Selon J.D. Power, près d'un tiers des acheteurs qui sont passés d'un SUV de taille moyenne à un autre véhicule ont choisi un 4x4 hybride ou une petite voiture au premier trimestre. Seulement 5 % ont jeté leur dévolu sur un plus gros SUV.
Yumberto Menicocci, un habitant de Palmetto Bay, banlieue chic de Miami, a vendu récemment son gros 4x4 Chevrolet 16 000 $US pour acheter à la place une petite Kia Spectra 5000 $US, car il ne voulait plus payer autant en essence. «Je gaspillais 30 $US par jour au lieu de 10 aujourd'hui», explique-t-il. «Tout le monde se demande: "Qu'est-ce que c'est que ça? Est-ce que c'est la voiture de la bonne?"», dit ce vendeur de matériaux de construction. «Mais ça m'est égal.»
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