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FMI: la réforme des pouvoirs est adoptée

30 avril 2008  Actualités économiques
Washington — Le projet de réforme des pouvoirs au Fonds monétaire international (FMI), proposé par son nouveau directeur général Dominique Strauss-Kahn, a été adopté à 92,9 % par ses 185 États membres, a indiqué hier l'institution financière internationale. «J'interprète ce résultat comme le début de la nouvelle légitimité du Fonds», a commenté Dominique Strauss-Kahn, cité dans un communiqué.

Il s'agit du premier grand chantier de l'ancien ministre français des Finances, choisi fin septembre pour rendre sa légitimité à une institution fortement décriée et menacée d'obsolescence.

Cinq pays n'ont pas voté, trois ont voté contre et deux ont voté blanc, a indiqué sans plus de précision un haut responsable du Fonds lors d'une conférence téléphonique. Ce projet, censé donner davantage de pouvoir aux pays émergents, devait être approuvé par 85 % des États membres (exprimé en droits de vote).

Beaucoup espéraient davantage de ce compromis qui prône le transfert d'un bloc de droits de vote fixé à 2,7 points de pourcentage des pays du Nord (57,9 %) vers les pays du Sud (42,1 %). Cette redistribution des cartes, qui a vocation à être réactualisée tous les cinq ans, avantage les pays en forte croissance comme la Chine, la Corée du Sud, l'Inde, le Brésil et le Mexique. Les principaux perdants de ce rééquilibrage sont, dans l'ordre, la Grande-Bretagne, la France, l'Arabie saoudite, le Canada et la Russie.

Assortie de la vente de 400 tonnes d'or et de la suppression de 380 emplois, la nouvelle équation règle l'essentiel d'une réforme engagée pour réduire le contrôle de l'institution par les pays riches et la sortir du déficit. La «très large majorité» des pays membres s'est donc rangée au pragmatisme affiché par le nouveau directeur général, qui a pris le parti de boucler dans les temps un accord modeste mais appelé à évoluer.

Adoptée une première fois fin mars par le conseil d'administration du Fonds, puis endossée par l'assemblée semestrielle de l'institution mi-avril, elle doit encore être approuvée par les parlements respectifs de «la plupart» des États membres, a précisé le haut responsable. Aucun calendrier n'a été fourni pour cette dernière étape. «C'est une question de priorités intérieures pour un certain nombre de pays», a-t-il simplement indiqué.
 
 
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