Les banques britanniques font leur ménage de printemps
30 avril 2008
Actualités économiques
Londres — Les banques britanniques se sont lancées dans un grand ménage de printemps pour tenter de tourner la page de la crise du crédit: une semaine après la levée de fonds géante de RBS, sa rivale HBOS a annoncé hier une nouvelle série de dépréciations et fait appel à ses actionnaires pour se renflouer.
HBOS, cinquième banque du Royaume-Uni par la capitalisation et numéro un pour les prêts immobiliers, va procéder à une augmentation de capital de cinq milliards d'euros (environ 7,9 milliards de dollars), après avoir dû essuyer quelque 3,6 milliards d'euros de dépréciations liées à des placements à risque depuis le début de l'année. Elle a expliqué que cette levée d'argent frais lui permettrait de poursuivre sa stratégie et notamment de procéder à des acquisitions ciblées à l'étranger, tout en se protégeant contre les turbulences des marchés et le ralentissement qui frappe l'économie britannique depuis l'éclatement de la crise du crédit.
RBS aussi
HBOS a ainsi imité à une semaine seulement d'intervalle sa rivale Royal Bank of Scotland (RBS), qui avait lancé la plus grosse augmentation de capital de l'histoire du Royaume et peut-être d'Europe, d'une ampleur de 15 milliards d'euros.
Contrairement à RBS, qui va en plus devoir céder plusieurs milliards d'euros d'actifs, HBOS ne prévoit pas de cessions, mais elle va se montrer un peu moins généreuse avec ses actionnaires, en réduisant la part des bénéfices qu'elle leur distribue à 40 %, contre 46 % l'an dernier. Les investisseurs ont assez bien réagi. «Cette levée de fonds est en quelque sorte un mal nécessaire», a résumé Richard Hunter, de la maison de courtage Hargreaves Lansdown.
Selon des analystes, d'autres piliers de la City dont la solvabilité a également été mise à mal par les déboires du marché du crédit et qui risquent de souffrir d'un retournement annoncé du marché immobilier britannique, s'apprêtent à suivre le même chemin.
Barclays, la numéro trois, n'a pas exclu la semaine dernière de faire appel à ses actionnaires. L'an dernier, elle n'avait pas hésité à faire entrer des établissements chinois et singapouriens dans son tour de table, en échange de 3,6 milliards d'euros.
HSBC résiste
Et la numéro quatre Lloyds TSB aurait besoin quant à elle de plusieurs milliards pour renforcer ses capitaux.
Seule la numéro un, HSBC, semble pour l'instant épargnée par ces soucis. Bien qu'elle ait enregistré la somme colossale de près de 18 milliards $US de dépréciations en 2007, ses bénéfices encore plus gigantesques lui ont permis jusqu'ici d'absorber le choc sans dommages.
Les banques de la City se sont ainsi engagées dans une vaste opération-vérité, alors qu'elles avaient fait état l'an dernier de dépréciations relativement réduites, en comparaison de leurs concurrentes américaines et européennes. Mais plus la crise du crédit se propageait, plus cet optimisme paraissait suspect aux yeux des analystes, et la Bourse de Londres avait vu se multiplier ces dernières semaines des rumeurs alarmistes sur la santé réelle des banques du pays, en particulier HBOS.
Les banques semblent avoir agi sous la pression des autorités de régulation et du gouvernement, qui veulent éviter une nouvelle crise comme celle qu'a traversée la banque Northern Rock, nationalisée en février après avoir frôlé la faillite en septembre.
Ce grand ménage des banques pourrait en fait constituer leur contrepartie au soutien sans précédent qu'a fini par leur accorder la Banque d'Angleterre. La banque centrale britannique avait annoncé la semaine dernière un plan de soutien, qui va leur permettre de regonfler leurs liquidités à hauteur de 60 milliards d'euros au minimum.
HBOS, cinquième banque du Royaume-Uni par la capitalisation et numéro un pour les prêts immobiliers, va procéder à une augmentation de capital de cinq milliards d'euros (environ 7,9 milliards de dollars), après avoir dû essuyer quelque 3,6 milliards d'euros de dépréciations liées à des placements à risque depuis le début de l'année. Elle a expliqué que cette levée d'argent frais lui permettrait de poursuivre sa stratégie et notamment de procéder à des acquisitions ciblées à l'étranger, tout en se protégeant contre les turbulences des marchés et le ralentissement qui frappe l'économie britannique depuis l'éclatement de la crise du crédit.
RBS aussi
HBOS a ainsi imité à une semaine seulement d'intervalle sa rivale Royal Bank of Scotland (RBS), qui avait lancé la plus grosse augmentation de capital de l'histoire du Royaume et peut-être d'Europe, d'une ampleur de 15 milliards d'euros.
Contrairement à RBS, qui va en plus devoir céder plusieurs milliards d'euros d'actifs, HBOS ne prévoit pas de cessions, mais elle va se montrer un peu moins généreuse avec ses actionnaires, en réduisant la part des bénéfices qu'elle leur distribue à 40 %, contre 46 % l'an dernier. Les investisseurs ont assez bien réagi. «Cette levée de fonds est en quelque sorte un mal nécessaire», a résumé Richard Hunter, de la maison de courtage Hargreaves Lansdown.
Selon des analystes, d'autres piliers de la City dont la solvabilité a également été mise à mal par les déboires du marché du crédit et qui risquent de souffrir d'un retournement annoncé du marché immobilier britannique, s'apprêtent à suivre le même chemin.
Barclays, la numéro trois, n'a pas exclu la semaine dernière de faire appel à ses actionnaires. L'an dernier, elle n'avait pas hésité à faire entrer des établissements chinois et singapouriens dans son tour de table, en échange de 3,6 milliards d'euros.
HSBC résiste
Et la numéro quatre Lloyds TSB aurait besoin quant à elle de plusieurs milliards pour renforcer ses capitaux.
Seule la numéro un, HSBC, semble pour l'instant épargnée par ces soucis. Bien qu'elle ait enregistré la somme colossale de près de 18 milliards $US de dépréciations en 2007, ses bénéfices encore plus gigantesques lui ont permis jusqu'ici d'absorber le choc sans dommages.
Les banques de la City se sont ainsi engagées dans une vaste opération-vérité, alors qu'elles avaient fait état l'an dernier de dépréciations relativement réduites, en comparaison de leurs concurrentes américaines et européennes. Mais plus la crise du crédit se propageait, plus cet optimisme paraissait suspect aux yeux des analystes, et la Bourse de Londres avait vu se multiplier ces dernières semaines des rumeurs alarmistes sur la santé réelle des banques du pays, en particulier HBOS.
Les banques semblent avoir agi sous la pression des autorités de régulation et du gouvernement, qui veulent éviter une nouvelle crise comme celle qu'a traversée la banque Northern Rock, nationalisée en février après avoir frôlé la faillite en septembre.
Ce grand ménage des banques pourrait en fait constituer leur contrepartie au soutien sans précédent qu'a fini par leur accorder la Banque d'Angleterre. La banque centrale britannique avait annoncé la semaine dernière un plan de soutien, qui va leur permettre de regonfler leurs liquidités à hauteur de 60 milliards d'euros au minimum.
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