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Société Générale: Kerviel aurait magouillé jusqu'au bout

26 avril 2008  Actualités économiques
Le courtier Jérôme Kerviel est soupçonné de la plus grande fraude de l’histoire bancaire imputée à un seul homme.
Photo : Agence France-Presse
Le courtier Jérôme Kerviel est soupçonné de la plus grande fraude de l’histoire bancaire imputée à un seul homme.
Paris — Jérôme Kerviel, le courtier soupçonné de falsifications qui ont coûté 4,9 milliards d'euros (7,65 milliards de dollars) à la Société Générale, a pris des positions hors normes jusqu'au jour de la découverte des faits par la banque française, a-t-on indiqué hier dans l'entourage de la banque.

Ces éléments, déjà présents dans le dossier d'instruction, ont été mis en lumière par deux cadres de la Société Générale qui ont été entendus lundi par les juges, a-t-on précisé de même source.

Selon ces informations, le trader a acheté pour 8,15 milliards d'euros de contrats à terme dans la journée du 17 janvier et quelque 3,09 milliards d'euros le lendemain sur des produits dérivés d'indice européen, l'Eurostoxx et allemand, le Dax, a-t-on ajouté.

C'est le 18 janvier que la hiérarchie directe de Kerviel avait été alertée après que le middle-office (vérification des opérations des courtiers) eut détecté des opérations anormalement élevées et douteuses du courtier les jours précédents. Une équipe de vérification avait alors été constituée dans la soirée, avant que la banque ne découvre deux jours plus tard des positions gigantesques, de près de 50 milliards d'euros, que le trader avait pris en son nom sur le marché.

Vendredi 18, plus de la moitié des opérations ont été réalisées après 12h et certaines dans la soirée, après que Jérôme Kerviel eut adressé de faux courriels aux services de contrôle de la banque pour se justifier sur les transactions suspectes qui avaient été repérées, selon la banque.

Soupçonné de la plus grande fraude de l'histoire bancaire imputée à un seul homme, le courtier de 31 ans a été inculpé le 28 janvier pour «faux et usage de faux», «introduction dans un système de données informatiques» et «abus de confiance». Il a été remis en liberté sous contrôle judiciaire le 18 mars.

Emploi

Jérôme Kerviel est employé par une société d'expertise informatique, LCA, depuis début avril. LCA, une société spécialisée en conseil et expertise informatique de Levallois-Perret, dans le département des Hauts-de-Seine, près de Paris. «Ce n'est pas une nouveauté [...], c'est une offre d'emploi qui a été présentée au tribunal le 8 février. [...] [Kerviel] l'a acceptée il y a une quinzaine de jours et il a commencé la semaine dernière», a précisé Christophe Reille avant d'ajouter que Jérôme Kerviel a obtenu une modification de son contrôle judiciaire pour prendre cet emploi.

Dans son édition d'hier, Le Figaro précise que son employeur, Jean-Raymond Lemaire, figurait sur la liste des 20 personnes que Kerviel n'avait pas le droit de rencontrer dans le cadre de son contrôle judiciaire. «Lorsqu'il [Kerviel] est sorti de prison, son contrôle judiciaire prévoyait qu'il ne pouvait pas rencontrer un certain nombre de personnes parce que ces personnes n'avaient pas encore été entendues par le juge. Dès lors qu'elles ont été entendues par le juge, il n'y a aucune raison pour qu'il ne puisse pas les rencontrer.»

Le 18 mars dernier, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris avait ordonné sa remise en liberté sous contrôle judiciaire. Son contrôle judiciaire lui enjoint notamment de remettre sa carte d'identité et son passeport à la justice, lui interdit de quitter l'Île-de-France, de se rendre dans des salles de marchés ou places boursières. Il doit également se présenter chaque semaine auprès des services de police et ne peut rencontrer un certain nombre de personnes.
 
 
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