Sauver à l'anglaise
Après avoir sauvé l'établissement financier Northern Rock de la faillite, voilà que la Banque d'Angleterre vient de faire un geste d'une ampleur analogue à celui de la Réserve fédérale il y a plus d'un mois. Soit injecter plus de cent milliards de dollars pour éviter la déflagration de tout un pan du système bancaire du Royaume-Uni qui tardait à faire le ménage dans ses livres.
En effet, parmi les raisons qui ont convaincu les patrons de la banque centrale d'intervenir massivement, il faut retenir l'énorme différence entre les établissements américains et ceux britanniques en ce qui a trait à l'appréciation des actifs. Autant les institutions qui ont pignon sur rue au sud de notre frontière ont additionné les radiations, autant celles du Royaume-Uni campaient sur le flou, l'opacité. Bref, ces dernières peinaient à séparer le bon grain de l'ivraie.
Cette culture du secret alors que la pomme pourrie faisait ses ravages a eu pour conséquence notable d'entretenir une extrême méfiance entre les banques. Celles-ci ne se prêtaient plus entre elles, et ce, pour la simple raison que les Barclay's, Royal Bank of Scotland et autres avaient consommé goulûment des crédits «titrisés». En un mot, le blocage était tel qu'il y avait un risque réel que tout le système soit gangrené.
Car outre les contrecoups financiers inhérents à l'utilisation de papier commercial, on a noté qu'à l'instar de ce qui a été observé dans certains États américains, le nombre de ménages qui remettent les clés de leurs biens immobiliers entre les mains des huissiers ne cessent de s'allonger depuis le début de la présente année. De tous les ménages européens, le britannique est de loin le plus endetté. À cause de quoi? À cause des subprimes, les hypothèques exotiques.
Pour surmonter, vaille que vaille, les difficultés économiques qui pèsent sur le royaume, les banques ont bien évidemment commandé un resserrement généralisé des conditions de crédit. De fait, il est plausible que cette politique amplifie quelque peu le ralentissement constaté il y a quelques mois.
Cela étant, l'intervention musclée de la Banque d'Angleterre est généralement perçue comme un remède annonçant que le plus dur est à venir. On s'explique. Jusqu'à présent, les Barclay's et consorts ont effectué «des ajustements» dans leur actif respectif. On le répète, avant cette injection de 100 milliards, elles n'avaient pas radié, en proportion s'entend, comme leurs concurrents américains ou allemands. Mais voilà qu'au lendemain de cette annonce, la Royal Bank of Scotland a dévoilé son intention de lever des masses de capitaux qui seront utilisés pour nettoyer les livres.
Ce nouvel épisode d'une crise qui perdure depuis maintenant près de dix mois — dix mois! — démontre que l'autorégulation de la finance par la finance est un cuisant échec. En permettant aux banques de faire tout et n'importe quoi, en leur accordant, plus précisément, le droit d'inventer des véhicules d'une complexité extrême, on leur a alloué de fait un permis contraire à la prudence qu'exige leur métier.
En effet, parmi les raisons qui ont convaincu les patrons de la banque centrale d'intervenir massivement, il faut retenir l'énorme différence entre les établissements américains et ceux britanniques en ce qui a trait à l'appréciation des actifs. Autant les institutions qui ont pignon sur rue au sud de notre frontière ont additionné les radiations, autant celles du Royaume-Uni campaient sur le flou, l'opacité. Bref, ces dernières peinaient à séparer le bon grain de l'ivraie.
Cette culture du secret alors que la pomme pourrie faisait ses ravages a eu pour conséquence notable d'entretenir une extrême méfiance entre les banques. Celles-ci ne se prêtaient plus entre elles, et ce, pour la simple raison que les Barclay's, Royal Bank of Scotland et autres avaient consommé goulûment des crédits «titrisés». En un mot, le blocage était tel qu'il y avait un risque réel que tout le système soit gangrené.
Car outre les contrecoups financiers inhérents à l'utilisation de papier commercial, on a noté qu'à l'instar de ce qui a été observé dans certains États américains, le nombre de ménages qui remettent les clés de leurs biens immobiliers entre les mains des huissiers ne cessent de s'allonger depuis le début de la présente année. De tous les ménages européens, le britannique est de loin le plus endetté. À cause de quoi? À cause des subprimes, les hypothèques exotiques.
Pour surmonter, vaille que vaille, les difficultés économiques qui pèsent sur le royaume, les banques ont bien évidemment commandé un resserrement généralisé des conditions de crédit. De fait, il est plausible que cette politique amplifie quelque peu le ralentissement constaté il y a quelques mois.
Cela étant, l'intervention musclée de la Banque d'Angleterre est généralement perçue comme un remède annonçant que le plus dur est à venir. On s'explique. Jusqu'à présent, les Barclay's et consorts ont effectué «des ajustements» dans leur actif respectif. On le répète, avant cette injection de 100 milliards, elles n'avaient pas radié, en proportion s'entend, comme leurs concurrents américains ou allemands. Mais voilà qu'au lendemain de cette annonce, la Royal Bank of Scotland a dévoilé son intention de lever des masses de capitaux qui seront utilisés pour nettoyer les livres.
Ce nouvel épisode d'une crise qui perdure depuis maintenant près de dix mois — dix mois! — démontre que l'autorégulation de la finance par la finance est un cuisant échec. En permettant aux banques de faire tout et n'importe quoi, en leur accordant, plus précisément, le droit d'inventer des véhicules d'une complexité extrême, on leur a alloué de fait un permis contraire à la prudence qu'exige leur métier.
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