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La hausse du prix des aliments préoccupe la Chine

17 avril 2008  Actualités économiques
Une cliente parcourt les allées d’une épicerie de Shanghaï. Au premier trimestre, les prix des aliments en Chine ont augmenté de 21 % sur un an.
Photo : Agence Reuters
Une cliente parcourt les allées d’une épicerie de Shanghaï. Au premier trimestre, les prix des aliments en Chine ont augmenté de 21 % sur un an.
Pékin — La Chine est confrontée au défi de la hausse des prix alimentaires, susceptible d'affecter le pouvoir d'achat de millions d'habitants du géant asiatique et mettre en péril la stabilité sociale.

Au premier trimestre, les prix des aliments en Chine ont augmenté de 21 % sur un an, a annoncé hier le Bureau national des statistiques (BNS).

Cette flambée est un sujet de préoccupation pour les autorités chinoises, qui veulent éviter toute tension sociale à cause d'une perte de pouvoir d'achat des classes moyennes et des catégories les moins aisées.

«Depuis l'année dernière, les aliments ont été le principal facteur d'inflation et cela reste largement le cas cette année», a souligné le porte-parole du BNS, Li Xiaochao. «Nous devons porter un intérêt particulier à accroître la production agricole, en particulier les céréales et le porc», a-t-il ajouté.

De janvier à mars, l'indice des prix à la consommation a augmenté de 8 % sur un an, mais déduction faite de la hausse des produits alimentaires, elle n'a été que de 1,2 %. «Si cela ne concernait que le prix des ordinateurs, cela n'affecterait que ceux qui les utilisent. Mais comme tout le monde a besoin de se nourrir, cela a un impact sur tout le monde en Chine», note Hu Lubin, un économiste de China Merchants Securities, basé à Shenzhen.

Pour Robert Subbaraman, économiste de Lehman Brothers, basé à Hong Kong, l'inflation des produits alimentaires a des conséquences importantes pour les pays en développement comme la Chine, pays le plus peuplé au monde avec 1,3 milliard d'habitants. «Les pays en développement n'aiment pas cela généralement. Si vous regardez la consommation moyenne dans des pays comme la Chine, une grande part du revenu mensuel va dans les dépenses alimentaires», dit-il.

«En Chine, cela représente un tiers des revenus dans les villes; dans les campagnes, la partie la plus pauvre du pays, cela peut aller à plus de la moitié. Par conséquent, cela peut vraiment provoquer des problèmes sociaux, qui peuvent aller au-delà des problèmes économiques», constate l'économiste.

Selon une note de recherche de Virendra Singh, de Moody's Economy.com, les intempéries des derniers mois ont contribué à élever le prix des produits alimentaires, tout comme la production massive de biocarburants et la spéculation.

«Avec des téléphones portables dans chaque village dans les zones de production céréalière, les paysans dans le monde entier sont conscients des derniers prix», écrit-il.

«Les paysans ont cultivé encore plus de maïs pour faire face à la demande mondiale, ce qui a contribué à la pénurie de blé et de riz, des cultures vivrières, et de fait à la tension sociale et politique», selon Virendra Singh.

Face aux critiques, le Brésil, qui s'enorgueillit d'être le second producteur mondial d'éthanol après les États-unis, a fait front.

Aujourd'hui, «les Chinois mangent, les Indiens mangent, les Brésiliens mangent», a lancé le président Lula, en voyage officiel aux Pays-Bas, en expliquant que le nombre croissant de bouches à nourrir était la cause principale de la hausse des prix.

Dimanche la Banque mondiale avait lancé un appel à une intervention urgente, tandis que le Fonds monétaire international (FMI) mettait en garde contre des «conséquences terribles» si l'inflation se poursuit, avec «des centaines de milliers de personnes [qui] vont mourir de faim».
 
 
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